
Notes de lectures, articles, entretiens, presse
[année 2026]
Des articles de membres de l'association ou de personnes extérieures. Des interviews, des entretiens.
Ils sont présentés dans l'ordre de réception du plus récent au plus ancien.
Ces textes sont donc toujours personnels et ne reflètent pas obligatoirement "la pensée" de l'association.
Vous voulez présenter un livre que vous avez aimé ou voire détesté, vous voulez réagir à une note de lecture, vous pouvez envoyer votre texte à cette adresse
contact@ledireetlecrire.com

Il suffit de traverser la mer, un feuilleton composé par la poétesse Catherine Weinzaepflen.
DIACRITIK publie "il suffit de traverser la mer", un feuilleton composé par la poétesse Catherine Weinzaepflen
Manuel de survie
Un article de EN ATTENDANT NADEAU, le 10/01/2026, à propos du livre de Dominique Eddé "La mort est en train de changer"
La mort est en train de changer se lit comme une interrogation au sujet des principes historiques, éthiques et linguistiques qui ont orienté les prises de parole de Dominique Eddé au cours des deux années de guerre et de massacres à Gaza.
Parmi les nombreuses publications qui ont marqué cette période et ont cherché, sans attendre l’heure du recul scientifique et de l’apaisement émotionnel, à documenter, rapporter et analyser la destruction de la ville palestinienne et de sa population, cet essai se démarque par sa voix silencieuse, mélancolique, interrogative, émanant pourtant d’un lieu très proche des bombardements. Loin des joutes oratoires et médiatiques, Dominique Eddé pense depuis un état d’« impuissance », qui n’est ni un renoncement ni un repli sur soi, mais le lieu même d’où peut surgir l’inverse de ce qu’elle dénonce ...

Poème nomade en résidence à Arles avec Anne Baatard
Du 24 au 28 avril 2026, une formation d'Aleph Ecriture animée par Anne Baatard
Fort du succès de l’atelier qui s’est tenu en novembre dernier sur Teams, Anne Baatard propose à nouveau de mettre en mouvement votre écriture en suivant l’atelier Poème nomade en résidentiel à Arles.
Un entretien sur le site de L'Inventoire :
L’Inventoire : « Jusqu’au fond, tout au fond / Il fallait accomplir le voyage », écrit Kenneth White dans son recueil Territoires chamaniques. À quel voyage invitez-vous les participants de cet atelier ?
Anne Baatard : Le voyage nous fait grandir et peut faire grandir l’écriture en brouillant les repères. Le voyage, entendons-nous sur ce mot, n’exige pas toujours le lointain, la grandeur, il s’accommode de mouvements et de déplacements que l’on croirait mineurs mais qui irriguent nos vies, nos poèmes, nos carnets d’écriture. Bouger, regarder, ressentir, quitter ses territoires, élargir sa vision, se perdre, rencontrer, s’émerveiller, s’étonner : tout cela peut conduire à un geste d’écriture plus nécessaire et plus vivant ...
Elle animera d’autres stages autour de la poésie :
- Poésie en méditerranée à partir du 26 janvier 2026 (en ligne via Teams),
- Poésie du quotidien à partir du 23 février (en ligne via Teams),
- Délices du haïkuà partir du 09 juin 2026 (en ligne via Teams).
Entretien avec Brigitte Jaques-Wajeman, metteuse en scène de "Vie et destin" de Vassili Grossman
Entretien paru dans la revue LA TERRASSE, le 20 décembre 2025
Ce fut en 1960 un manuscrit « arrêté » par le KGB. C’est aujourd’hui un des plus grands romans de la littérature mondiale, œuvre de vérité sur les régimes soviétique et nazi. Brigitte Jaques-Wajeman et ses neuf interprètes le traversent en auscultant la tension entre liberté et soumission.
Quel regard portez-vous sur le roman de Vassili Grossman ?
Brigitte Jaques-Wajeman : Depuis plus de vingt ans, je désire le porter au théâtre. Ce roman exceptionnel que Vassili Grossman achève en 1960, censuré en Union Soviétique, publié en Occident en 1980, déploie une des réflexions les plus belles et les plus lucides que j’ai lues sur le XXe siècle, sur la violence et l’horreur de ce siècle, sur le fait que les idéologies qui l’ont traversé ont toutes engendré des régimes de terreur, y compris celles qui se revendiquaient émancipatrices. ...
Le seul fils
Un article de EN ATTENDANT NADEAU, le 6 janvier 2026, à propos du livre "Hors champ" de Marie-Hélène Lafon
Comment raconter le hors-champ ? Gilles, le frère de Claire, est au cœur du nouveau récit de Marie-Hélène Lafon, ce frère pétri de silence et de souffrance qui affleure, sous les mots toujours tus, les gestes mécaniques, ce frère qui est là déjà dans Les sources (2023) mais comme en filigrane, ou tout simplement en « hors champ », et dont la présence nous marque malgré tout et nous intrigue. C’est une présence comme en creux, qui échappe et semble recouvrir un secret inavouable, que l’écriture de Marie-Hélène Lafon tente d’incarner dans ce récit, ce qu’elle commence à faire déjà dans Vie de Gilles, paru en 2025, en collaboration avec l’artiste Denis Laget. Peut-on faire entrer Gilles dans le champ ?

Des outils de réflexion
L'APA (Association pour l'autobiographie et le patrimoine autobiographique) met à disposition, sur son site, des textes de réflexions théoriques
Présentation par l'APA :
" Notre association est, avant tout, le précieux conservatoire des textes et documents autobiographiques qu’on veut bien lui confier. Mais elle est aussi un lieu d’échange et de réflexions sur
l’histoire et les formes de ces pratiques, sur les motivations de ceux qui s’y livrent, sur les formes très variées qu’elle peut prendre à travers le temps et selon les personnes...
Il nous a donc semblé intéressant de donner à nos lecteurs quelques textes autour de ces questions, spécialement lorsque ceux-ci articulent réflexion théorique et fondements de notre association"
- Voir ICI
Israël contre Palestine : l’autre guerre de cent ans
Une note de lecture de Georgia Makhlouf (L'Orient Littéraire, le 07/01/2026) à propos du livre de Rashid Khalidi "100 ans de guerre contre la Palestine : une histoire de colonisation et de résistance"
Rashid Khalidi est un historien spécialiste du Moyen-Orient et de la Palestine, titulaire de la chaire Edward Saïd d’études arabes contemporaines à l’Université de Columbia où il a longtemps enseigné, avant de prendre ses distances avec l’administration suite aux mesures qui ont été décidées pour mettre fin aux mouvements propalestiniens qui ont mobilisé les étudiants et agité le campus. Il a également fait partie de la délégation palestinienne lors des négociations de paix qui se sont déroulées à Madrid et Washington entre 1991 et 1993. Son ouvrage, qui vient d’être traduit en français chez Actes Sud, est une version augmentée d’un précédent ouvrage paru en anglais en 2020 et qu’il a repris pour rendre compte des événements qui ont fait suite au 7 octobre 2023. Cent ans de guerre contre la Palestine : une histoire de colonisation et de résistance offre ainsi un regard nouveau et essentiel sur un conflit tragique, dont les derniers développements annoncent sans doute la naissance d’un nouveau paradigme...
La rentrée littéraire d’hiver 2026 : une rentrée sauvage
Un article de EN ATTENDANT NADEAU, le 6 janvier 2026
La rentrée d’hiver 2026 semble prendre le contre-pied de celle d'automne. Par rapport aux règles, aux codes, aux normes que semblent actuellement adorer beaucoup de Français – autant que ceux qui promeuvent ces normes à coups d’investissements médiatiques démesurés ou d’opportunisme servile –, cette rentrée, on aurait envie de la qualifier de sauvage. Vive, débridée, inventive, dure pour dire la dureté de la société, lancée vers les espaces où le poids de celle-ci s’allège.
Depuis un certain temps maintenant, janvier et février sont devenus une véritable rentrée littéraire. Mais une rentrée seconde, qui s’envisage par rapport à la première, d’août-septembre, électrifiée par la constellation des prix. L’automne 2025 avait été marqué par le nombre de livres centrés sur les pères, et surtout les mères, souvent manquants ou défaillants. On pouvait y voir un repli sur l’intime, un questionnement sur la transmission, un besoin de repères. Mais peut-être aussi de la prudence de la part d’éditeurs qui, dans leur majorité, font partie de grands groupes contrôlés par des patrons peu progressistes, en des temps d’incertitude politique. Même s’il y a eu heureusement des contre-exemples (Les forces de Laura Vasquez, Tovaangar de Céline Minard, Le bel obscur de Caroline Lamarche, L’entroubli de Thibault Daelman… et bien d’autres), août-septembre n’a brillé globalement ni par le saisissement par la littérature du politique et du social, ni par les audaces formelles.
En janvier et février 2026, à l’inverse, peu de grands noms, et certains préférant le pas de côté plutôt que le grand roman : J. M. G. Le Clézio avec les essais de Trois Mexique (Gallimard), Anne Serre par ses carnets de Rêve cette nuit (Verdier), Russell Banks, présent avec les trois novellas posthumes d’American Spirits (Actes Sud). Quant à Pascal Quignard, il publie Il n’y a pas de place pour la mort chez un nouvel éditeur (Éditions Hardies) ...

Prix littéraires (auteurs et autrices belges) : l’année 2025 en un coup d’oeil
Dans LE CARNET ET LES INSTANTS (Le blog des Lettres belges francophones)
2025 s’est achevée et vient l’heure des bilans. En littérature générale, en littérature pour la jeunesse, en bande dessinée et en langues régionales, voici les auteurs et autrices belges lauréat-e-s ou finalistes de prix littéraires en Belgique ou à l’étranger ...
- Lire ICI

Le chemin d’écriture d’Anne Berest : de la biographie au roman
Un article de L'INVENTOIRE, le 29/11/2025
Le 15 novembre 2025, nous avons invité la romancière Anne Berest à la Maison de la Poésie pour évoquer son parcours d’écriture, en dialogue avec Michèle Cléach, formatrice à Aleph et spécialiste des récits de vie et des ateliers d’écriture. De cette rencontre, nous avons retenu cinq piliers majeurs de sa démarche d’écrivaine.
Avant même d’écrire, Anne Berest avait le désir d’écrire. Un désir souterrain, presque originel. En remontant le fil de son histoire, elle découvre que ce besoin s’inscrit dans sa lignée : une vocation avortée de génération en génération, une impulsion transmise mais jamais accomplie. Écrire devient alors « un geste de loyauté vertueuse envers son arbre généalogique » : accomplir ce que d’autres n’ont pas pu. Mais désirer écrire ne suffit pas. La réalité matérielle, elle, impose ses règles. Pour vivre, Anne Berest devient biographe. Et sans le savoir, elle entre ainsi dans la plus solide des écoles d’écriture...








