Hannah Arendt 1906 - 1975


Hannah Arendt (1906-1975) a été l'élève de Jaspers et a passé son doctorat à Heidelberg. Elle a quitté l'Allemagne après l'arrivée des nazis au pouvoir et a enseigné aux États-Unis.





Un point de vue critique sur le concept de

totalitarisme



Hannah Arendt - Biographie


Thomas Meyer


Philosophe, journaliste, politologue, professeure et bien sûr autrice d’œuvres majeures de théorie politique, Hannah Arendt est une figure intellectuelle incontournable du XXème siècle.
D’innombrables volumes ont été consacrés à Arendt, à ses thèmes de prédilection – le totalitarisme, la modernité, la liberté – ou encore à son analyse du procès d’Eichmann. Sa personne et ses écrits ont suscité autant de fascination que de critiques.
À partir de sources inédites et dans une approche qui diffère radicalement d’ouvrages récents, Thomas Meyer brosse un portrait fascinant d’Hannah Arendt ancré dans son époque, particulièrement les années parisiennes qui ont suivi sa fuite d’Allemagne et son séjour aux États-Unis jusqu’à la publication de son premier grand livre, Les Origines du totalitarisme.
Point de départ d’une nécessaire réévaluation de la vie et de l’œuvre d’Arendt, cette biographie ouvre de nouvelles perspectives sur sa pensée révolutionnaire, sa vie mouvementée et son parcours intellectuel passionnant.



Hannah Arendt


Elisabeth Young-Brueh (republié au format poche ; initialement publié en 1982)


Elisabeth Young-Bruehl (1946-2011) fut élève de Hannah Arendt et connut même certains de ses proches, dont elle recueillit le témoignage. C’est dire si la biographie qu’elle consacra en 1982 à l’auteur des Origines du totalitarisme est un document de première main depuis longtemps devenu une référence.
Autant que dans un itinéraire exceptionnel, ce dans quoi elle nous invite à plonger, c’est dans les principaux débats du siècle, auxquels Hannah Arendt prit part sans jamais en rabattre sur son indépendance d’esprit ou sa lucidité, que ce soit face au totalitarisme (elle fuit le nazisme en 1933) ou face à l’engagement américain au Vietnam. De la création de l’État d’Israël au mouvement pour les droits civiques, en passant par la révolte de la jeunesse des années 1960 et le procès Eichmann : rien de ce qui est politique ne fut étranger à cette grande conscience de son temps.
Biographie d’une femme, donc, autant que biographie d’une œuvre, tant les grandes étapes de cette vie sont intimement liées à une pensée qui n’eut de cesse qu’elle n’ait défini la notion même d’« événement ».



La crise de la culture


Hannah Arendt


L'homme se tient sur une brèche, dans l'intervalle entre le passé révolu et l'avenir infigurable. Il ne peut s'y tenir que dans la mesure où il pense, brisant ainsi, par sa résistance aux forces du passé infini et du futur infini, le flux du temps indifférent.
Chaque génération nouvelle, chaque homme nouveau doit redécouvrir laborieusement l'activité de pensée. Longtemps, pour ce faire, on put recourir à la tradition. Or nous vivons, à l'âge moderne, l'usure de la tradition, la crise de la culture.
Il ne s'agit pas de renouer le fil rompu de la tradition, ni d'inventer quelque succédané ultra-moderne, mais de savoir s'exercer à penser pour se mouvoir dans la brèche.
Hannah Arendt, à travers ces essais d'interprétation critique - notamment de la tradition et des concepts modernes d'histoire, d'autorité et de liberté, des rapports entre vérité et politique, de la crise de l'éducation -, entend nous aider à savoir comment penser en notre époque.



Eichmann à Jérusalem


Hannah Arendt


Voici un texte qui, par la controverse qu'il suscita dès sa parution chez les historiens, eut le mérite essentiel de contraindre ceux-ci à entreprendre des recherches nouvelles sur le génocide des Juifs par les nazis.
En effet, le reportage d'Hannah Arendt, envoyée spéciale du New Yorker au procès de Jérusalem, philosophe américaine d'origine juive allemande, auteur d'un ouvrage célèbre sur les origines du totalitarisme, fit scandale à New York et à Londres, en Allemagne comme en Israël.


Dans son procès du procès, l'auteur - qui ne fait siens ni tous les motifs de l'accusation ni tous les attendus du jugement - est entraîné d'abord à faire apparaître un nouvel Eichmann, d'autant plus inquiétant qu'il est plus « banal » ; puis à reconsidérer tout l'historique des conditions dans lesquelles furent exterminés des millions de Juifs. Et à mettre en cause les coopérations, voire les « complicités », que le lieutenant-colonel S.S. a trouvées dans toutes les couches de la population allemande, dans la plupart des pays occupés, et surtout jusqu'au sein des communautés juives et auprès des dirigeants de leurs organisations.


La personnalité de l’auteur, la controverse qu’elle a partout suscitée et qu’analyse Michelle-Irène Brudny-de Launay dans sa présentation, contribuent à faire de ce livre brillant un témoignage que l’on ne peut ignorer sur une des énigmes majeures du monde contemporain.



Parias


Marina Touilliez (Préface de Martine Leibovici)


Voici le récit palpitant des huit années françaises de Hannah Arendt qui marqueront profondément sa vie et son œuvre.

Fuyant la Gestapo, Hannah Arendt arrive à Paris en octobre 1933. La jeune femme de 27 ans, promise à une brillante carrière universitaire en Allemagne, doit se faire aux chambres insalubres des hôtels garnis, à la difficulté de trouver du travail et à l’hostilité d’une partie des Français.
Mais dans le quartier latin et à Montparnasse, ceux qui ont fui Hitler parviennent à faire vivre un autre pays en exil. Elle y croise Heinrich Blücher, faux dandy et vrai révolutionnaire, qui deviendra son mari. Tous deux font partie d’une famille d’hurluberlus magnifiques – composée, entre autres, d’Erich Cohn-Bendit, Lotte Sempell, Chanan Klenbort, Adrienne Monnier, Fritz Fränkel, Minna Flake et Arthur Koestler – qui se retrouvent autour du génial Walter Benjamin. Ils forme
nt cette « tribu » qui donne à chacun la force de continuer à vivre.
À l’approche de la guerre, et face à l’afflux de réfugiés, l’administration française interne les « indésirables » et les amis sont l’un après l’autre enfermés. Pendant plusieurs semaines, Arendt connaît « l’enfer du camp de Gurs » et frôle le désespoir. Lorsque les troupes nazies envahissent la France, elle profite du chaos pour fuir le camp… Fruit d’une enquête minutieuse, réalisée notamment à partir d’archives et de témoignages inédits, voici le récit palpitant des huit années françaises de Hannah Arendt qui marqueront profondément sa vie et son œuvre.




Hannah Arendt

et le sionisme



Hannah Arendt, la passagère

Sur France Culture


 

Hannah Arendt à Paris


1*- Sur France Culture, le 13 décembre 2025


Hannah Arendt arrive à Paris en 1933. Exil, amitiés, apatridie, camps : les années françaises forgent sa pensée politique et sa réflexion sur la condition des réfugiés.


Cinquante ans après la mort d’ Hannah Arendt, le 4 décembre 1975, l’intérêt pour son œuvre et pour sa vie ne se dément pas. Dernier témoignage de cette curiosité : Parias. Hannah Arendt et la "tribu" en France (1933-1941), de Marina Touilliez, préfacé par Martine Leibovici. Pourquoi Hannah Arendt quitte-t-elle l’Allemagne nazie ? Pourquoi choisit-elle la France ? Et en quoi ces années parisiennes furent-elles décisives dans l’élaboration de sa pensée politique ?



2*- Sur ARTE.tv - Disponible jusqu'au 24/02/2026