
Tous les livres - juin 2026

Le chemin de la frontière
Grete Weil
Monika est une jeune femme éprise d’idéal qui grandit en Bavière au début du XXᵉ siècle. Esprit curieux et grande lectrice, elle épouse Klaus, comme elle issu de la bourgeoisie juive et passionné de philosophie. Mais les premières années de leur mariage sont loin de ce qu’ils avaient imaginé : autour d’eux gronde la menace nazie, qui s’étend progressivement et envahit leur quotidien. D’abord enclins à minimiser le danger ou à supposer qu’il ne les concernera pas, ils comprennent tardivement, quand Klaus est arrêté, que le piège s’est refermé sur eux aussi.
Cachée à Amsterdam pendant l’hiver 1944 et alors que la guerre n’est pas encore finie, Grete Weil s’inspire de sa vie et transpose en un roman tragique son histoire d’amour brisée par la peste brune. En son centre le personnage de Monika, qui chemine vers la conscience politique et conserve son goût pour la vie en dépit de ce qui brise les existences, nous touche au cœur.
Posant la délicate question de la responsabilité de chacun dans l’Allemagne nazie, Le chemin de la frontière est un livre d’une impressionnante clairvoyance qui n’a été publié en allemand qu’en 2022. Sa traduction en français, quatre-vingts ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, est un événement littéraire de premier ordre.

Devenir biographe d'entreprise
Georgia Terzakou
Si j’ose aujourd’hui vous proposer ce livre, ce n’est pas que je prétende détenir la méthode parfaite (une histoire peut se raconter de mille et une façons) mais parce que j’ai éprouvé un cadre de travail qui aide à éviter les écueils les plus courants. Et des écueils, il y en a. J’ai vu des confrères pourtant aguerris s’arracher les cheveux sur des livres d’entreprise, car ils s’y prenaient comme pour des biographies familiales classiques. Or écrire l’histoire d’une entreprise présente des défis bien spécifiques.
Vous l’aurez compris, à travers ces pages, le souhait de vous donner toutes les clés pour exceller dans ce métier émerge. Vous découvrirez comment écrire des récits d’entreprise authentiques, structurés et entrainants, qui se lisent comme de véritables aventures humaines. Il s’agit de transformer l’histoire d’une entreprise en une oeuvre patrimoniale à part entière, un récit porteur de sens qui laissera une empreinte durable chez ses lecteurs.
Armé(e) de cette méthode et de ces conseils, c’est à votre tour de jouer. Prospectez, écrivez, vendez, racontez… et n’oubliez pas de continuer à apprendre à chaque mission. Chaque entreprise que vous rencontrerez vous enrichira d’une histoire nouvelle et d’une expérience de plus. Et c’est peut-être ça le plus beau dans ce métier : on n’a jamais fini d’apprendre des autres, ni de soi-même. Bonne route, et beaucoup de belles biographies d’entreprise à venir !

Les filles du 9 juin
Maylis Besserie
9 juin 1944. L’ambiance est à la fête dans les rues de Tulle tout juste libérées, lorsque soudain un grondement résonne – celui des blindés de la division SS « Das Reich », qui avant d’atteindre Oradour-sur-Glane reprend brièvement le contrôle de la ville et décide de mettre en œuvre des représailles. 99 hommes, sélectionnés au hasard, sont pendus aux balcons des maisons, sous le regard horrifié de la population. Parmi eux, le mari d’Hortense Chambel. Alors que la jeune femme enceinte assiste impuissante au spectacle funeste, les premières contractions se font sentir. Louise, qui voit le jour à l’instant même où son père meurt en martyr, sera traversée toute sa vie par une colère inextinguible contre l’impunité des bourreaux nazis, que l’Allemagne refuse d’extrader. Il faudra encore attendre une génération pour qu’une promesse d’apaisement émerge, incarnée par Zoé, la petite-fille d’Hortense, qui se lance à corps perdu dans le combat contre la résurgence des haines, près d’un demi-siècle après la fin de la guerre.
À travers cette vaste fresque familiale, c’est le destin de tout un pays que ce roman évoque en microcosme – ses blessures, ses secrets, ses fantômes. Trois femmes, trois époques, reliées par un même traumatisme auquel chacun répond comme il peut, tantôt par le silence, tantôt par la révolte.

Marc Bloch : Une Biographie Intellectuelle
Peter Schöttler
Spécialiste du Moyen Âge européen, fondateur des Annales d’histoire économique et sociale — une revue devenue le porte-étendard du renouveau de la pratique historienne au XXᵉ siècle —, combattant de la Première Guerre mondiale, engagé volontaire dans l’armée en 1939, figure de la Résistance, mort en martyr sous les balles de la Gestapo en juin 1944 : Marc Bloch, l’un des historiens les plus connus et les plus cités au monde, est un symbole d’intelligence et de probité autant que d’engagement. Un « grand homme », dans toute la plénitude de l’expression.
Celui dont le propre fils, Étienne Bloch, disait la biographie « impossible » demeure néanmoins, à bien des égards, un mystère. À distance de toutes les tentatives visant à l’accaparer ou à le mettre au goût du jour, ce portrait intellectuel complet, riche et nuancé, s’attache à reconstituer et à replacer dans leur contexte le parcours, le style et la pensée d’un savant chez lequel théorie et pratique ont été, jusqu’à la dernière heure, étroitement unies.

Latéral gauche - Figures du foot politique
Nicolas Kssis-Martov
Le foot est-il de gauche ou de droite ? La question ne se pose plus vraiment. Les deux. Selon les contextes, les points de vue, l’appropriation. Il est aussi et surtout un terrain de lutte. Un espace où il est possible, comme dans la musique ou dans l’art en général, de se battre, de rendre les coups, de construire des alternatives dans la joie et le plaisir. Un « fait social total » complexe et massacré souvent par ses contradictions politiques et économiques.
L’histoire nous apprend pourtant qu’au fil des décennies, des premiers clubs sportifs ouvriers en France au début du XXe siècle au but de la main de Diego Maradona en 1986, sans oublier Bill Shankly, Sócrates, Megan Rapinoe ou même Bob Marley, le ballon rond fut aussi un outil de résistance. Parfois également dans les tribunes avec le mouvement ultra ou dans les clubs alternatifs qui essaiment à travers le monde.

Les déracinés de la Réunion
Marie-Germaine Périgogne
L’histoire des enfants réunionnais exilés en Creuse, à travers le témoignage de l’auteur.
Dans ces pages, vous découvrirez bien plus qu’un récit d’exil : c’est une histoire de blessures profondes — d’abus, de violences, de harcèlements — mais aussi de courage, de résilience, de joie retrouvée.
De 1962 à 1984, plus de deux mille enfants réunionnais ont été déplacés vers la métropole, souvent à leur insu, pour repeupler des campagnes françaises désertées. Ils n’étaient pas des pionniers, mais des enfants exilés, dépossédés de leurs racines et de leur nom. Dans la Creuse, ils grandissent loin du soleil, loin de la mer, loin de tout ce qui leur ressemblait. On leur a donné un autre nom, un autre acte de naissance, une autre vie.
Deux identités, deux vérités contradictoires, un seul corps pour les porter.
"Enfants de la Creuse" :
une mémoire défaillante sur
un crime impuni
sur France Culture (10/04/2018)
- Ecouter ICI

La famille
Sébastien Rongier
Dans l’atmosphère sévère d’un internat religieux des années 60, trois amis – Didier, Philippe et Jacques – apprennent à se serrer les coudes. Mais leur trio ne peut éternellement tenir tête à la brutalité du monde des adultes et l’expulsion de Philippe, le meneur charismatique, va sceller leurs destins.
Philippe plonge dans le monde du banditisme. Jacques, lui, tente de s’arracher à la ferme familiale en devenant pilote de course automobile. Quant à Didier, plus effacé, il finit par réaliser son rêve d’ouvrir un café. Les amis s’y retrouvent, l’entraînant dans un quotidien de trafics et de combines.
Des décennies plus tard, c’est Sébastien, le fils de Didier, qui sera pris dans l’engrenage de cette trop longue fidélité et d’une relation filiale chaotique et abîmée.
La Famille est l’histoire puissante d’une amitié fondatrice, d’une trahison inéluctable et du poids du destin familial. Des couloirs glacés d’un pensionnat aux ombres de la pègre, Sébastien Rongier joue avec les frontières de la réalité et de la fiction, interrogeant le mot « Famille », devenue à la fois un refuge, une malédiction et un réseau qui ne lâche jamais ses membres.

Monstres & monstruosités
Margaret Atwood (Bilingue anglais/français, traduit de l'anglais (Canada) et préfacé par Christine Évain et Bruno Doucey)
Il y a des monstres presque familiers. Monstres de papier, comme le Docteur Frankenstein et sa créature qui lui échappe ; monstres bien réels dont les noms seuls suffisent à hérisser le poil. Chez Margaret Atwood, les monstres portent souvent des masques humains : ceux des hommes qui soumettent les chairs et les esprits, qui torturent et instrumentalisent le corps des femmes. Les monstres, et le déploiement des monstruosités qui les accompagnent : colonisation, guerres,
fascismes d’hier et d’aujourd’hui dont les silhouettes aux « manteaux bruns » font soudain irruption… Car l’autrice de La Servante écarlate sait que les sourires les plus enjôleurs peuvent dissimuler des dents aiguisées prêtes à se refermer sur leur proie. Écrire devient alors un acte de résistance, une manière de « s’assigner le rôle de témoin » pour dénoncer les atrocités qui nous entourent. Un livre d’une radicalité mordante.

Une histoire d'amour et de violence
Olivier Bourdeaut
Le jour où il enterre son père, tout le monde félicite Olivier pour le succès de son premier roman. La scène est absurde, presque irréelle. Et pourtant, c’est là que tout commence.
Car derrière la consécration de l’écrivain se cache une histoire intime. Celle d’un fils qui a grandi dans l’ombre d’un père aussi impressionnant qu’insaisissable, d’un enfant qui s’est construit contre la violence et sous les coups, d’un adolescent qui les a rendus et d’un homme qui, au moment de devenir père à son tour, choisit de transformer son héritage.
De Nantes à l’Espagne, des bancs de la pension aux plateaux de télévision, Olivier Bourdeaut remonte le fil d’une vie faite de chutes, de réconciliations inattendues et de victoires inespérées. Peut-on réécrire son histoire familiale ? Et que reste-t-il, au fond, de nos pères ?
Traversé par une émotion et un humour irrésistibles, ce livre raconte la métamorphose d’un mauvais élève en écrivain, d’un fils blessé en un père attentionné. Un récit vibrant sur la filiation, les épreuves, et finalement la joie de trouver enfin sa place.

Marc Bloch - L'historien combattant
BD de Jean-David Morvan, Suzette Bloch et Laurent Bidot
« Marc Bloch était mon grand-père. Un homme exceptionnel, un savant, un républicain et un patriote acharné dont l’engagement contre le nazisme lui coûta la vie.
Historien majeur du XXe siècle, il révolutionna l’histoire en l’ouvrant aux sciences sociales, en brisant les cloisons entre les disciplines et en mettant fin aux récits purement chronologiques. En 1929, il fonda avec Lucien Febvre la revue des Annales, encore vivante aujourd’hui.
Soldat des deux guerres, héros de la Résistance, persécuté par les lois anti-juives, arrêté à Lyon, emprisonné et torturé à la prison de Montluc, il fut exécuté par la gestapo, le 16 juin 1944, avec 29 de ses camarades.» Suzette Bloch

La petite main de la Résistance
Nils Klawitter
L'épopée héroïque et méconnue d'une jeune résistante pendant la Seconde guerre mondiale.
En 1934, à l'âge de douze ans, en Autriche, Melanie Berger entre dans la résistance au fascisme.
En 2026, à l'âge de cent quatre ans, en France où elle vit désormais, elle continue à nous appeler au combat.
Ce livre raconte son histoire hors norme, faite de luttes et de persécutions, d'emprisonnements et de fraternité, d'amour et de liberté.
Son destin, à la fois héroïque et méconnu, est celui d'une femme qui s'est révoltée.
Melanie Berger a douze ans lorsqu'elle rejoint les combattants des barricades lors de l'insurrection de février 1934 à Vienne. Treize quand elle parcourt la ville la nuit pour y placarder des affiches contre les nazis.
À seize ans, lorsque Hitler annonce l'annexion de son pays au Troisième Reich, elle n'a d'autre choix que de fuir. De l'Autriche à la France en passant par la Belgique, son périple sera celui d'une combattante de l'ombre.


Pessoa, L'oeuvre-Vie
Richard Zenith
Spécialiste mondialement reconnu de l’oeuvre de Fernando Pessoa, Richard Zenith a consacré plus de douze ans à enquêter sur la vie du mystérieux poète, il a reconstitué le contexte politique, social, familial, dans le souci permanent de mieux éclairer les textes et d’en déployer tout l’enjeu.
Naissance à Lisbonne, mort du père et du frère quand Fernando a cinq ans, remariage de la mère, long voyage vers Durban en Afrique du Sud où il passe une partie de son enfance, puis une adolescence et jeunesse esseulées dans Lisbonne, loin de sa mère et de ses demi-frères ou soeurs, études guère poussées, goût de l’anglais (langue de ses premières publications), puissante ambition pour son pays, nation culturelle à la conquête du monde menée par l’arrivée imminente d’un Super-Camões qui n’est sans doute autre que lui-même, jeu avec les croyances du sébastianisme (le roi mort lors d’une croisade désastreuse au Maroc mais dont on attend sans cesse le retour), vive attention à la succession des gouvernements et à la valse des régimes autoritaires, sa vision ambivalente de la dictature, sa relation non moins ambivalente à l’idée et à l’orientation sexuelles dans une existence pourtant très chaste. Et surtout, dès le plus jeune âge, l’éclosion de plusieurs personnages à l’intérieur de lui-même, qui vont croître au fil des ans pour devenir d’innombrables hétéronymes dont quelques-uns, en particulier, seront dotés d’une biographie, et d’une oeuvre consistante.
Richard Zenith nous montre dans le détail l’apparition d’Alberto Caeiro, le maître, puis de Ricardo Reis et du tonitruant Álvaro de Campos, et l’écriture progressive du chef-d’oeuvre infini, Le Livre de l’intranquillité, assemblage de fragments sous le nom de Bernardo Soares, un modeste employé comptable de la vieille ville de Lisbonne.

Écrire le réel - Quand le monde redevient lisible
Aurélie Barjonet et Ivan Jablonka
La littérature du réel répond à un désir vital : rendre compte du monde et le changer.
Confrontés à l’injustice, animés par la colère de la vérité, de nombreux auteurs et autrices font le choix de la littérature non fictionnelle. Pour dire le monde et le changer.
Ces écrits du réel constituent un front pionnier de la littérature contemporaine. Nés dans le creuset du journalisme au XIXe siècle, aiguillonnés par les violences du XXe siècle, ils se sont encore amplifiés avec #MeToo.
De ce recueil d’entretiens croisés, une évidence se dégage : faire oeuvre au sein du réel n’est pas un choix anodin. C’est une profession de foi, doublée d’un engagement politique.
Avec la participation de Christophe Bataille, Christine Détrez, Hélène Devynck, Claire Dutrait, Annie Ernaux, Alice Géraud, Raphaëlle Guidée, Maud Lecacheur, Virginie Linhart, Anthony Passeron, Judith Perrignon, Charlotte Pudlowski, Claire Richard, Vanessa Springora, Lucie Taïeb, Patricia Tourancheau.
Écrire le réel :
le manifeste qui déclare la guerre aux fictions du mensonge
Un article de ACTUALLITE.com
- Lire ICI

Israël - Une course vers l'abîme
Omer Bartov
Comment un État né comme refuge au lendemain de la Shoah peut-il exercer un régime d’oppression ? Comment le sionisme a-t-il pu évoluer d’un mouvement de libération et d’auto–détermination vers une idéologie ethno-nationaliste ? Par quels renversements tragiques de l’histoire a-t-on pu en arriver là ? Omer Bartov répond à ces questions vertigineuses en mêlant son analyse politique à un récit plus intime. Il raconte l’histoire des violences extrêmes à l’encontre des Palestiniens, décrypte la persistance de l’antisémitisme et la stigmatisation des critiques d’Israël. Écrit avec la douleur vive du présent, ce livre esquisse surtout un scénario pour l’avenir, rappelant que seule une pression internationale massive peut enrayer la plongée de l’État hébreu dans l’abîme.

La Paix est notre avenir - Un voyage de réconciliation en Terre Sainte
Aziz Abu Sarah et Maoz Inon
Aziz et Maoz ne devraient pas être amis. Le frère d’Aziz a été tué par des militaires israéliens. Les parents de Maoz ont été tués par le Hamas le 7 octobre 2023. Aujourd’hui, ils nous invitent à un voyage de huit jours à travers la Terre sainte, à la découverte de l’histoire mythique, politique et intime qui relie Palestiniens et Israéliens autant qu’elle les divise.
A Jérusalem, à Nazareth, en Cisjordanie, sur les hauteurs de Gaza, nous découvrons deux peuples en train de perdre espoir, mais aussi une nouvelle réalité occultée par l’actualité : des milliers de Palestiniens et d’Israéliens veulent vivre ensemble, comme leurs ancêtres l’ont fait pendant des siècles avant eux. Au fur et à mesure de notre voyage, nous découvrons non seulement qu’une réconciliation est possible, mais qu’elle est inévitable.

Les évadés du convoi 53
Benjamin Fogel
Mars 1943. Le convoi 53 quitte Drancy. À son bord, plus de mille Juifs déportés vers le camp d’extermination de Sobibór, en Pologne. Treize d’entre eux vont tenter le tout pour le tout afin d’échapper à la mort. Ce roman haletant raconte leur incroyable évasion.
Les évadés du convoi 53 retrace une histoire vraie, celle de Paul Fogel, le grand-père de l’auteur, et de ses compagnons d’infortune. Une histoire de survie au cœur de l’Allemagne nazie, où la force du collectif apparaît comme le dernier espoir des condamnés.
- La fiche du livre
- Une note de LIBERATION (29/05/2026)

Robin des bois & autres contes
Louise Michel
Institutrice et oratrice hors pair, Louise Michel sut aussi se faire conteuse : lorsqu’elle retranscrivit des légendes kanaks au cours de sa déportation en Nouvelle-Calédonie ou, comme dans ce recueil, en mettant en scène des personnages du quotidien, loin des récits de princesses et de crapauds. Tressant ensemble faits historiques, légendes et traditions populaires, elle imagine des histoires où triomphent souvent la concorde et l’entraide. Mais gare à ceux qui croient s’élever au-dessus des autres, car ils se verront bien vite tournés en dérision, tandis que l’usure et les profits indus maudiront des familles sur plusieurs générations. En creux, ce sont les nervures de sa pensée sociale que Louise Michel dessine, avec subtilité et facétie.

Yvonne Jean-Haffen - De l'ombre à la lumière
Geneviève Haroche-Bouzinac
Peintre, céramiste, graveuse, décoratrice, Yvonne Jean-Haffen (1895-1993) s’impose au début du XXᵉ siècle dans un monde qui laisse peu de place aux femmes artistes. Loin des écoles, avec détermination, elle a franchi une à une les étapes de la reconnaissance. Geneviève Haroche-Bouzinac retrace dans une biographie inédite le destin de cette artiste à l’œuvre originale et foisonnante.
Son pinceau exalte le vivant : fleurs, fruits, végétaux, créatures de la terre et de la mer. Attentive à l’essor de la modernité, cette Parisienne accompagne l’élan des Arts décoratifs des années 1930, participe à l’ornementation des paquebots transatlantiques, expose en galerie et dans les grandes manifestations internationales. Ethnographe sensible, elle s’intéresse aux arts populaires et restitue avec justesse la vie quotidienne encore préservée, comme ces scènes de pardons qui la fascinent. La Bretagne l’envoûte ; elle y trouvera son refuge et sa terre d’élection.
Pourtant, cette œuvre aboutie ne se livre pleinement qu’à la lumière de son histoire amoureuse : celle d’une femme qui refuse de choisir entre les deux hommes qu’elle aime. Mariée, elle s’éprend de Mathurin Méheut, célèbre peintre officiel de la Marine, dont les lettres ornées gardent la trace vibrante de leur complicité. Passion, affection, loyauté s’entrelacent dans cette existence où l’art et l’amour vont jusqu’au bout se confondre.

Carnets d'Ukraine
Michel Hazanavicius
Tous les profits de ce livre seront reversés à l’association UNITED 24
« En novembre 2023, j’ai passé quelques jours sur le front en Ukraine.
J’y suis allé parce que des amis ukrainiens m’avaient proposé de rencontrer ceux qui combattent.
La plupart sont comme vous et moi, ils ne sont pas militaires de carrière et n’auraient jamais imaginé se retrouver dans une tranchée, sous les obus.
Je suis parti avec un papier et un crayon, et je suis revenu avec ce carnet.
À l’heure où il est publié, je ne sais pas qui, parmi eux, est encore en vie. Mais je sais ce que nous leur devons.»
(Michel Hazanavicius)







