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Qui a tué Patrice Lumumba ?


Une pièce de théâtre de Claire-Marie Lievens


Qui a tué Patrice Lumumba ? est un procès fictif amené à la scène sous la forme d’un jury d’assises auto-proclamé et chargé de faire le point sur les responsabilités dans l’assassinat de Patrice Lumumba, premier ministre au moment de l’indépendance du Congo. En abordant cette question juridique complexe, les jurés d’un soir nous permettent aussi de traverser l’histoire coloniale de la Belgique au Congo, de comprendre le passé et d’œuvrer par là même pour une société plus juste.


« L’histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera aux Nations Unies, Washington, Paris ou Bruxelles, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et ses fantoches. » (La lettre à Pauline, Patrice Lumumba)





Une présentation

sur le site

Le Carnet

et les Instants

Le blog des Lettres belges francophones




Le barman du Ritz


Philippe Collin  [au format poche]


Juin 1940. Les Allemands entrent dans Paris. Partout, le couvre-feu est de rigueur, sauf au grand hôtel Ritz. Avides de découvrir l’art de vivre à la française, les occupants y côtoient l’élite parisienne, tandis que derrière le bar œuvre le célèbre Frank Meier, barman adulé pour son art du cocktail. Habile diplomate, celui-ci gagne la sympathie des officiers allemands, achète sa tranquillité, mais aussi celle de Luciano, son apprenti, et de l’énigmatique Blanche Auzello. Pendant quatre ans, les hommes de la Gestapo vont trinquer avec Coco Chanel, la terrible veuve Ritz, ou encore Sacha Guitry. Ces hommes et ces femmes, collabos ou résistants, héros ou profiteurs de guerre, vont s’aimer, se trahir, lutter aussi pour une certaine idée de la civilisation. La plupart d’entre eux ignorent que Meier, émigré autrichien, ancien combattant de 1914, chef d’orchestre de cet étrange ballet, cache un lourd secret : il est juif.




"Le Barman du Ritz", la fiction historique de Philippe Collin a passionné Le Masque




Arthur Koestler, la fin des illusions


Stéphane Koechlin


Géant littéraire aux millions de lecteurs, auteur visionnaire au destin de météore, Arthur Koestler fut un écrivain adulé, haï, immense, dont la vie épousa les chaos du siècle dernier. Partisan de toutes les causes, il vit sa quête d'absolu se heurter aux grandes tragédies et son existence basculer. Devenu l'adversaire de toutes les idéologies, son engagement antitotalitaire culmina avec la publication de son maître-livre, Le Zéro et l'Infini. Parce qu'il avait tout vu. Parce qu'il avait tout dit. Voici son histoire.
Tour à tour espion communiste et militant sioniste, passé par les prisons et condamné à mort, Arthur Koestler a eu mille vies. Mille vies que raconte Stéphane Koechlin dans cette biographie qui se lit comme un roman d'aventures et nous entraîne sur les pas d'un homme qui aura cherché toute sa vie une terre d'élection, un idéal politique. Un homme déchiré entre plusieurs langues, son hongrois natal, l'allemand qu'il répudiera, l'anglais, l'hébreu fantasmé. Enfin un homme libre, écrasé entre les blocs totalitaires du xxe siècle, qui s'accrochera à la littérature et déchirera le voile des illusions.
Aujourd'hui, plus que jamais, la vie d'Arthur Koestler doit être racontée, et sa sagesse apprise. Acquise qu'elle fut dans les drames, les malheurs et les guerres dont nous voyons le retour aujourd'hui.
Un livre capital.




Cinq livres réédités récemment




Indocile


Esther Benbassa


Istanbul, Tel Aviv, Paris. Trois villes, trois vies. Et un destin. Celui d'Esther Benbassa qui raconte son parcours de Juive athée, d'universitaire renommée, de femme politique française et de cosmopolite revendiquée. Une épopée simple, un voyage singulier guidé par l'attachement à l'héritage des générations et par le goût de l'avenir. Une histoire d'émancipation, un témoignage libre et vrai. Née en 1950 à Istanbul, dans une famille de la moyenne bourgeoisie juive, Esther Benbassa émigre en Israël avant de faire le choix de la France et d'en prendre la nationalité. Du CNRS à l'École pratique, elle devient spécialiste de ce monde sépharade d'Orient qui fut celui des siens et dont elle a entrepris d'écrire l'histoire. Intellectuelle publique intervenant dans les grands débats de société, elle devient sénatrice du Val-de-Marne, puis de Paris, s'engageant dans le combat pour les libertés publiques et pour les droits des minorités et des exclus. Une identité plurielle, un itinéraire hors norme. Toute une vie de conquête du savoir, d'enrichissement intellectuel et humain, de dévouement à la cause publique. Quand les voyages, les langues, l'imaginaire, les écrits et les rencontres s'unissent pour tisser ensemble une existence exceptionnelle.





Il n'y a pas de place pour la mort


Pascal Quignard


L'écrivain déconstruit l'imaginaire morbide associé à la finitude pour la présenter comme une simple sortie, un passage vers une nouvelle origine. Marqué par le deuil récent et une enfance passée dans les ruines du Havre, il explique comment l'espace et le lieu priment sur la chronologie dans la formation de l'être.

Le récit s'articule autour de figures artistiques et spirituelles majeures. Frédéric Chopin, dont il évoque la capacité à avoir inventé le chagrin musical, et le poète japonais Bashō, symbole de la fuite et du départ, irriguent sa pensée. Pascal Quignard partage sa méfiance envers les souvenirs biographiques classiques, leur préférant le fantasme et la sensation pure. Pour lui, la mémoire est fabulatrice tandis que le détail d'un objet quotidien ou la fébrilité d'un animal sauvage disent une vérité plus profonde.

Son texte, hybride entre prose et poésie, célèbre la vie qui insiste et se multiplie à travers les saisons. En filigrane, c'est un hommage à la lecture et à l'authenticité des fragments de vie qui se dessine, faisant de ce livre un recueil de commencements plutôt qu'un traité sur la fin.





Mourir, partir, revenir - Le jeu des hirondelles


BD de Zeina Abirached


« En avril dernier, sur le site de l’INA, qui venait de mettre ses archives en ligne, je suis tombée sur un reportage sur Beyrouth en 1984. Les journalistes interviewaient les habitants d’une rue située sur laligne de démarcation. Bloquée à cause des bombardements dans l’entrée de son appartement – l’entrée était souvent la pièce la plus sûre car la moins exposée –, une femme au regard angoissé dit une phrase qui m’a donné la chair de poule. Cette femme, c’était ma grand-mère. J’étais à Paris et tout d’un coup, sur l’écran de mon ordinateur, ma grand-mère faisait irruption et m’offrait un bout de notre mémoire. Ça m’a bouleversée, je me suis dit que c’était peut-être le moment d’écrire enfin le récit qui me travaillait depuis un moment déjà.

“Je pense, qu’on est quand même, peut-être, plus ou moins, en sécurité ici.” C’est la phrase qu’a dit ma grand-mère en 1984
C’est une phrase qui s’interroge sur la notion d’espace et de territorialité. C’est une phrase qui résume la raison pour laquelle beaucoup d’habitants sont restés « chez eux » malgré le danger
C’est aussi la première phrase mon futur album
Nous sommes à Beyrouth, dans les années 80, au 38 de la rue Youssef Semaani, et plus précisément, dans l’entrée de l’appartement du premier étage
Comme c’est la pièce la plus sûre de la maison – et donc de l’immeuble, puisque l’appartement est au premier étage – tous les voisins sont là aussi
Dans cette entrée il y a l’histoire de chacun des personnages, l’histoire qu’ils ont en commun, celle du microcosme qu’ils forment et l’histoire de la moitié de ville que Beyrouth était devenue
Dans cette entrée, il y a aussi une tenture
Dans cet intérieur exigu où elle est présente d’abord en toile de fond, elle matérialise petit à petit la guerre qui fait rage à l’extérieur
Cette tenture est le fil conducteur de l’histoire que je raconte. »



 

Journal d'une "indésirable"


Regina Felsen-Torn


Dès 1939, les étrangers de nationalité « suspecte » furent internés dans de nombreux camp de regroupement/ concentration en France. Ironie de la situation : ces étrangers étaient pour la plupart des réfugiés allemands (juifs ou non) opposés au régime hitlérien.

Internée en octobre 1939 comme « étrangère indésirable », Regina Felsen-Torn, une jeune juive polonaise mère d’un petit enfant, passera plus d’un an au camp de Rieucros avant de pouvoir s’en échapper.

Son récit décrit avec une précision saisissante le quotidien des femmes internées, marquées par l’angoisse d’un avenir incertain. Soutenue par l’espoir de revoir son jeune enfant et sa famille, et par la solidarité fragile entre détenues elle nous décrit un univers répressif (camps, police, bureaucratie, xénophobie etc..) qui sera quelques mois plus tard l’antichambre de la Shoah.

Ce journal est un document essentiel pour comprendre l’histoire des persécutions en France et pour se rendre compte de la résistance politique ordinaire de ces femmes (syndicalistes, rebelles, bohèmes) injustement privées de liberté. Il est accompagné d’aquarelles inédites, réalisées par d’autres internées qui illustrent l’expérience de l’enfermement, leur souffrance et une forme de sororité d’internées.




Sur le même sujet



Les années souterraines


Hugo Lindenberg


« L’enfance, ce chemin de ronces, je m’en suis extirpé avec tant de hâte. Elle réside tout entière, images, goûts, sensations, entre les parois de cet immeuble du quinzième arrondissement de Paris, chez mon père, où j’ai croupi dix ans, du jour de la mort de ma mère à mes quinze ans. Je n’y  pense jamais, mais la nuit je le retrouve en rêve, cet appartement. Il me retrouve. Toujours le même scénario dont je me réveille comme un fugitif traqué, rassemblant quelques objets dans le désordre et sous la menace d’une apparition paternelle.
Il n’y a jamais eu aucune photo de moi ici. »

Ouvrir la porte de l’appartement honni. Retracer pièce par pièce les souvenirs de ce qui s’est joué jadis avec le père. Puis partir en ayant pris soin de laisser l’enfance là où elle a eu lieu, encagée elle aussi. C’est le rêve, intime et universel, des enfants grandis, un rêve que Hugo Lindenberg met en scène dans une langue somptueuse.




Rencontre à la

Maison de la Poésie

le 22 janvier 2026



Soirée des Bouillons

le 21 mai 2026

à Angers

  • voir ICI



Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux


Judith Godrèche


« Avant, il y avait l’enfance. Je le sais. » Mais, Judith Godrèche, quelle enfant fut-elle ? Qui pour le dire ? Que lui a-t-on fait ? Et surtout qu’en a-t-elle fait ?
Judith Godrèche est actrice et réalisatrice. Elle a publié un premier roman, Point de côté, chez Flammarion (1995).





"C'était important pour moi de retrouver cette petite fille,

pour la réanimer"




Journal intime du pancréas


Péter Esterházy


Au printemps 2015, l’écrivain hongrois Péter Esterházy apprend qu’il est atteint d’un cancer du pancréas et doit suivre un traitement contre cette maladie parti-culièrement agressive. Il entame alors un journal : entre les nuits passées à l’hôpital, la mise en place de la chimiothérapie et les conversations avec ses proches, il fait surgir un nar-rateur à la fois révolté et amusé. Révolte contre la menace qui pèse sur le corps en l’abîmant déjà, et amusement devant cette farce que joue la vie en accueillant à l’improviste ce per-sonnage de « demoiselle Pancréas », la maîtresse imposée avec qui il faut bien apprendre à cohabiter. Ultime livre d’un écrivain considéré comme l’un des plus talentueux du XXᵉ siècle, Journal intime du pancréas nous offre une chronique pleine de pa-nache sur le sens de l’existence, dans laquelle résonnent une dernière fois l’humour et l’intelligence de Péter Esterházy.




Un article de

EN ATTENDANT NADEAU


Un royaume d'olives et de cendres


Collectif


" Le checkpoint incarne l'occupation, il la symbolise, il la manifeste. Chaque passage rappelle aux Palestiniens de H2 [à Hébron] qu'ils sont soumis au pouvoir des militaires, qu'ils sont occupés ; chaque passage appuie là où ça fait mal. Comme un point de contention sur un corps congestionné, une pression sur un corps douloureux, sur un corps qui déborde. " Maylis de Kerangal.

50 ans après la guerre des Six-Jours et l'occupation de la Cisjordanie par Israël, que signifie, au quotidien, vivre dans les Territoires occupés ?
Ayelet Waldman et Michael Chabon se sont associés à l'ONG israélienne " Breaking the Silence " pour demander à 24 brillants écrivains du monde entier de se rendre dans les Territoires occupés afin de témoigner du quotidien de ceux et de celles qui y vivent, et de réfléchir, de l'intérieur, au conflit israélo-arabe. Au travers de leurs courts récits, poignants, incisifs, tendres ou révoltés, on entre dans les villes occupées, dans les maisons, on partage les inquiétudes des Palestiniens, leurs combats, leurs humiliations, leurs difficultés à se déplacer, à étudier, à avoir une vie sociale. Ce livre est aussi un état des lieux des guerres qui déchirent deux peuples, des tensions historiques, géopolitiques et économiques, et d'une politique gouvernementale israélienne toujours plus invasive.
26 histoires qui racontent le coût humain de l'occupation.



 

Bienvenue à la librairie Hyunam


Bo-reum Hwang


Elle est entrée dans sa librairie. Elle se sentait bien ; son cœur se réjouissait, son corps entier se détendait, elle s’abandonnait au plaisir de retrouver son lieu de travail. La journée commençait.
Quand certains ont imaginé le paradis comme une bibliothèque, d’autres choisiront sans hésiter une librairie.
En garnissant les rayonnages de sa nouvelle librairie, Yeong-ju y met tout son coeur, comme si elle essayait, avec les livres, de renouer avec une amie perdue de vue depuis sa jeunesse. Elle répond aux demandes des lecteurs, même les plus surprenantes, elle cherche un livre pour dégeler le cœur et glisse parfois dans les volumes de petites notes de la taille d’une paume, qu’elle conclut par « ce roman m’a donné ce plaisir ».
Elle découvre aussi le plaisir d’organiser des rencontres avec des écrivains, d’animer un club de lecture, d’accueillir un atelier d’écriture, de conseiller des livres avec la joie d’éteindre souvent des chagrins avec une heure de lecture. La librairie devient rapidement le cœur battant du petit quartier de Hyunam où se nouent des amitiés, des interrogations sincères sur le sens de la vie et le pouvoir des livres.
Il y a à ses côtés le barista Min-jun, qui trie les grains de café comme les mauvaises pensées, Jimi la torréfactrice passionnée, sans compter les habitués qui ont élu domicile parmi les livres, comme Jeong-seo qui tricote des éponges en forme de pain de mie entre les bibliothèques.
Une belle déclaration d’amour à la librairie.





Liberté – Visas pour un monde ouvert


Anthologie (120 poètes et poétesses) établie par Bruno Doucey et Arianne Lefauconnier

(En librairie le 23 Janvier 2026)

Ouvrez grand les fenêtres. Dénouez les barbelés. Offrez votre corps aux vents et aux marées. Aimez, dansez, jouissez. Osez dire non à ce qui vous entrave et à ceux qui veulent vous réduire au silence... C’est ce que nous invitent à faire les 120 poètes et poétesses rassemblés dans cette anthologie. Leurs voix, venues du monde entier, nous exhortent à revendiquer notre droit à la liberté, cette «force vive, déployée» qui met en mouvement nos corps et nos coeurs. Liberté d’être soi-même, liberté d’aimer, de circuler librement à travers le vaste monde, mais aussi liberté des peuples et des individus... sans oublier la quête intime de la liberté intérieure, et bien sûr cette liberté fondamentale qu’est la liberté d’expression !  ...




Présentation du livre

Une conférence en ligne

le mercredi 28 janvier à 14h  sur la plateforme Zoom. Inscrivez-vous dès à présent via ce lien.

Cette conférence est ouverte à tous et sera disponible sur YouTube

en replay.


Géographie de l'oubli


Raphaël Sigal


Comment écrire ce qui a été passé sous silence, comment raconter une mémoire qui se délite ?

" Elle est là, assise dans le livre comme dans son canapé, pleine d'amour et d'oubli. Elle ne voit pas de quoi ça parle. Je me mets à reconstituer son enfance à partir des quelques lambeaux de son histoire dont j'ai hérité. Je me donne pour règle d'écrire strictement à partir de ce qui, de son histoire, a été déposé en moi. Je m'interdis toute forme de recherche ou d'enquête. Pas de questions non plus à mon père sur sa mère. C'est une manière, me dis-je, de respecter son silence. Ce qu'elle ne m'a jamais dit ne sera pas dit dans le livre. 
Comme elle oublie, le livre doit oublier aussi. " 
Enfant, la grand-mère de Raphaël Sigal a traversé la Shoah. À la fin de sa vie, alors qu'elle souffre de la maladie d'Alzheimer, son petit-fils entreprend d'écrire son histoire. 
Mais comment raconter une vie à partir d'indices épars ? Que faire des oublis et des silences qui se transmettent d'une génération à l'autre ?




"Géographie de l'oubli" de Raphaël Sigal, une œuvre bâtie sur les ruines de la mémoire




Le grand complot


Jean Louvet (Réédition - Première édition 1990)


Quelque part en Wallonie, Marie, jeune comédienne d'une troupe de théâtre amateur… "Si on pouvait faire du théâtre dans le noir, il me semble que ce serait plus juste. On n'entendrait que ma voix, rien que ma voix… Mais le public a peur quand la scène n'est pas éclairée." Près de cent ans plus tôt, erre l'Enfant fou sorti, à jamais marqué dans sa chair et dans son âme, de l'incendie du château où travaillaient ses parents. Ses pas croisent ceux du Mort de Roux, victime des événements de 1886 et dont personne n'a voulu reconnaître le cadavre de peur de représailles… 
Etranges rencontres, subtiles connivences… les destins se croisent sous la plume du dramaturge Jean Louvet, qui porte sur l'Histoire un regard à la fois poétique et lucide. Defuisseaux, Conreur, Beernaert, Gautier de Rasse, Léopold II, Janson… grandes grèves et répression sauvage, misère et solidarité, trahison et complot… autant de cicatrices pour la classe ouvrière à la recherche de l'hypothétique équilibre dans son difficile combat pour sa dignité, au moment où le premier parti de gauche tente de s'organiser. C'est cette histoire-là que Marie recueille au fond des yeux de l'Enfant fou. Non pour feuilleter le livre didactique des drames et grandes figures de cette fin du XIXe siècle. Encore moins à des fins militantes. Elle cherche seulement à dénouer le fil ténu qui relie les bribes du passé de toute une région à son propre quotidien et à celui de ses compagnons. 




Autres livres de

Jean Louvet


Cent ans de guerre contre la Palestine - Une histoire de colonisation et de résistance


Rashid Khalidi


Quiconque veut comprendre les origines profondes et les dynamiques actuelles de la question palestinienne devrait lire Cent ans de guerre contre la Palestine. Peu d’ouvrages offrent une vision aussi complète et accessible d’un conflit qui a commencé bien avant le 7 octobre 2023 et dont la fin n’est pas prévisible.
S’appuyant sur des archives jusqu’alors inexploitées et sur les récits de plusieurs générations de membres de sa famille, l’historien Rashid Khalidi bouleverse les interprétations communément admises qui tendent, au mieux, à décrire le conflit israélo-palestinien comme un affrontement tragique entre deux peuples revendiquant la même terre. Il s’emploie plutôt à retracer un siècle de guerre coloniale menée contre une population autochtone, d’abord par le mouvement sioniste, puis par Israël, soutenu par la Grande-Bretagne et les États-Unis. Il met en lumière les épisodes clés de cette campagne coloniale, de la déclaration Balfour de 1917 à la destruction de la Palestine en 1948, de l’invasion du Liban par Israël en 1982 aux échecs des processus de paix contemporains. Loin de tout récit victimaire, l’ouvrage de Rashid Khalidi n’occulte ni les erreurs des responsables palestiniens, ni le rôle des dirigeants arabes, ni celui de l’émergence de mouvements nationaux.
Contribution majeure à l’historiographie du Moyen-Orient, Cent ans de guerre contre la Palestine nous permet de comprendre comment des événements de toutes sortes à l’échelle locale, régionale et surtout internationale se sont conjugués pour déposséder progressivement les Palestiniens de leur pays. Il offre un regard original et passionnant sur le con?it le plus inextricable du Moyen-Orient.




Une note de lecture de

Georgia Makhlouf


Ce que la Palestine apporte au monde


Collectif


... « À l’heure où la Palestine semble abandonnée de tous, à commencer par les États arabes, nous avons choisi d’y retourner, comme une évidence. Pour raconter son peuple dispersé par l’histoire et les frontières. Nous avons voulu arpenter son territoire, divisé entre Gaza et la Cisjordanie avec Jérusalem pour centre introuvable, annexé par la colonisation israélienne et grignoté par le Mur de séparation.
Devenue le symbole de la colonisation dans un monde en train de se décoloniser dans la deuxième moitié du XXe siècle, la Palestine ne s’appartient pas. Elle est une cause, une source d’inspiration pour le monde entier. Le keffieh est le drapeau des révoltés. Palestinien n’est plus seulement une nationalité sans pays, c’est une condition et le refus de s’y plier, c’est une résistance obstinée de chaque instant et de chaque geste.
C’est du monde tel qu’il va mal dont la Palestine nous parle. La Palestine vit déjà à l’heure d’un monde aliéné, surveillé, encagé, ensauvagé, néolibéralisé. Les Palestiniens savent ce que c’est d’être un exilé sur sa propre terre. Apprenons d’eux ! » ...





Folie, fureur et ferveur - Oeuvres poétiques (1972-1975)


Anne Sexton (Avant-propos de Sabine Huynh)


« On croyait Anne Sexton à l’apogée de son art avec ses cinq premiers recueils, or, les trois qui sont inclus dans Folie, fureur et ferveur, bien que sensiblement différents en matière de forme, de contenu et de ton, et bien qu’écrits durant les dernières années de la vie de la poète, n’ont rien à envier aux premiers, car ils sont tout aussi denses, intenses et profondément introspectifs, tout en étant plus amples, car plus tournés vers l’extérieur : ils font véritablement entendre l’Amérique, et avec eux, Anne Sexton s’inscrit pleinement dans la constellation des grands poètes américains. » S. H.






Rencontre

le 23 janvier 2026



Ce que font les femmes à la Poésie


Collectif


Un vers de Liliane Giraudon, extrait de Polyphonie Penthésilée (P.O.L, 2021), sert de fil rouge à Fabrice Thumerel, acteur et connaisseur du champ poétique actuel, pour s'interroger sur les conditions d'écriture des poétesses d'aujourd'hui (ce que l'espace poétique fait aux femmes) et la diversité de leurs pratiques (Ce que les femmes font à la poésie).
 
Il interroge quatorze autrices qui n'ont pas été choisies parce qu'elles incarneraient une soi-disant « écriture féminine » mais pour les apports formels et thématiques qui leur ont valu une certaine reconnaissance dans le champ de la poésie. Il y sera question du féminin, de #MeToo, du corps, les mécanismes de la domination masculine qui y subsistent et, plus généralement, sur les liens qui unissent le genre et l'écriture. Chaque entretien est suivi d'un texte inédit pour nous donner à voir et à entendre ces voix et voies nouvelles.




Rencontre le 17 janvier 2026



Danse avec tes chaînes


Anaëlle Jonah


Ils s’appellent Michel, Patricia, Marie-Thérèse et Joseph. Arrachés brutalement à la douceur de l’enfance, les voici loin de chez eux, désemparés. Ils ont froid. Un adulte plein de sérieux leur avait parlé de Notre-Dame de Paris, mais très vite ils se retrouvent en pleine campagne, dans une ferme. Le même adulte avait aussi parlé d’école, cependant il s’agira surtout de soigner les bêtes, entretenir la maison, faire le ménage. Est-ce une nouvelle forme d’esclavage ? Qui a permis cela dans cette glorieuse République française dont on leur a naguère chanté les vertus ?
Il n’est pas temps pour eux de chercher des réponses à ces questions. Il faut vivre. Tenir bon. Jusqu’à ce qu’un jour l’opportunité se présente de forger leur destin. Plongée au coeur d’un épisode sinistre et méconnu de l’histoire de France, au cours duquel des milliers d’enfants furent enlevés à leurs familles pour repeupler certaines régions en proie à la dénatalité et à l’exode rural, ce premier roman ambitieux et poétique est surtout une ode à la réinvention de soi et à la liberté. Celle-là même dont Nietzsche disait qu’elle consiste à danser avec ses chaînes.




"Enfants de la Creuse" :

une mémoire défaillante sur

un crime impuni



A propos des femmes


Susan Sontag


« Peut-être esquivera-t-elle d'une plaisanterie, ou refusera-t-elle de répondre avec une indignation mutine. "Ce n'est pas le genre de question qu'on pose à une dame !" Ou bien, après un instant d'hésitation, embarrassée mais bravache, il est possible qu'elle dise la vérité. Ou qu'elle mente. De toute façon, ni la vérité, ni l'esquive, ni le mensonge ne la soulageront du caractère désagréable de la question. Pour une femme, se voir contrainte d'avouer le nombre de ses années est, passé un certain âge, toujours une petite épreuve. » 
Ce recueil rassemble pour la première fois les textes les plus importants sur la condition féminine publiés par Susan Sontag dans les années 1970, un moment d'effervescence conceptuelle sur cette question. Elle y écrit sur la beauté, le vieillissement féminin, la sexualité et le pouvoir, se révélant être une pionnière dans la lutte pour une véritable égalité, tout en restant l'écrivaine polémique qu'elle a toujours revendiqué être. Elle y discute de manière vive avec d'autres penseuses féministes, comme Adrienne Rich. Car ces textes sont aussi l'occasion pour Sontag de s'engager, de se livrer sur son parcours singulier et de dévoiler ce que signifie pour elle de vivre en tant que femme.
À propos des femmes s'oppose à toute forme d'apaisement, appelant à une libération des femmes et à un bouleversement de l'ordre établi par ceux qui exercent le pouvoir. Par ses observations et ses revendications, ce recueil est plus actuel que jamais pour tout discours féministe. Une clé indispensable pour comprendre la modernité, par l'une des intellectuelles les plus originales du xxe siècle.





Hors champ


Marie-Hélène Lafon


Gilles est le fils, celui qui devra tenir la ferme. Claire, la soeur qui n'est pas concernée par cette décision, prend la tangente au fil des années grâce aux études.

La ferme est isolée de tous. C'est le royaume du père qui donne libre cours à sa violence.

"Hors champ" traverse cinquante années. Dix tableaux, dix morceaux de temps, détachés, choisis ; le lecteur y pénètre tantôt avec elle, Claire, tantôt avec lui, Gilles. L'auteure fait alterner ces points de vue, toujours à la troisième personne, en flux de conscience.

Les parents, la soeur et le frère, et les autres - au bout du monde où ils se tiennent encordés, impuissants tous les deux.

"Hors champ" est le onzième roman de Marie-Hélène Lafon.




Soirée des Bouillons

le 12 février 2026


Gaza Ô ma joie


Hend Jouda


La poésie portée par des voix féminines dans le monde arabe d’aujourd’hui est bien vivante, elle répond à un urgent besoin d’expression. Sans surprise, l’univers de Hend Jouda est traversé par l’effroyable terreur de la guerre, l’incertitude et la précarité. Ses poèmes sont néanmoins habités par l’espoir d’une renaissance, par l’arrivée d’un cycle nouveau. Les mots découpent un espace dans l’espace, ils fragmentent le quotidien.

Ce recueil est constitué d’éléments à la fois intimes et universels. Anecdotes et sensations se suffisent à elles-mêmes et forment un monde en soi, lui permettent de survivre.


Gaza, ô ma joie est le cri de vie d’une poétesse de Gaza : ses poèmes écrits depuis le 7 octobre 2023 témoignent de la tragédie mais aussi d’une inextinguible soif de vivre, d’une énergie vitale paradoxale qui s’appelle joie.



Rue de Phénicie


Lamia Ziadé


Rue de Phénicie, c’est un livre d’artiste, un livre intime et un livre politique, un roman photo, un roman militant, un tract palestinien, un livre d’images, un livre de mythologie, un catalogue d’exposition, un livre de souvenirs ou de science-fiction.

La rue de Phénicie, c’est la rue où habite l’autrice à Beyrouth. Une rue au coeur de l’intrigue. Parce qu’il y a une intrigue. Le livre débute de nos jours dans un bar de Beyrouth chargé d’âmes brisées. La narratrice y rencontre un étrange inconnu. Il la pousse à partir à la recherche d’un bar légendaire qu’elle ne connait pas, et « d’où viennent tous les maux du Liban et du monde ». Débute une quête dans Beyrouth plongée dans le noir, qui durera une nuit et ne se terminera qu’à la dernière page du livre, de façon surprenante. Cette errance dans Beyrouth est rythmée de longs flash-backs où la narratrice revient sur sa vie à Paris. Depuis son arrivée à 18 ans, à la fin des années 80, jusqu’à son retour à Beyrouth en octobre 2023. On suit la trajectoire de cette Libanaise en France, de la fascination à la désillusion puis la révolte. Trente années de création artistique originale défilent avec passion. La narratrice passe de la découverte joyeuse de la vie parisienne culturelle, noctambule, libertine, dans le milieu de l’art et de la mode, à une prise de conscience face à la difficulté grandissante d’être Arabe en France, et surtout face à l’incompréhension de l’Occident pour la tragédie palestinienne. Les cabarets de Pigalle, à la Cloche d’or, les nuits blanches et soirées frivoles dans une vie d’insouciance et de plaisirs, font place, au fil des ans, à la déception et la colère face à la politique violente de l’Occident vis-à-vis des Arabes. Les événements de ces 30 dernières années sont vus par ce prisme, entre anecdotes intimes et épisodes historiques. Les scènes les plus amusantes côtoient les sujets les plus graves, dans une mise en page fantasque. Des lectures sur l’histoire du Proche-Orient, de la Palestine, ponctuent la narration, et des scènes racontées de films cultes font irruption dans le récit.


200 reproductions en quadrichromie de dessins originaux et de photographies de l’auteure irradient les pages du livre. La très belle déambulation lyrique dans Beyrouth fantomatique et onirique s’achève. La narratrice a trouvé ce que renferme ce fameux bar, qui pourtant n’existe pas.




La fête est finie

Une recension du site

En attendant Nadeau


Officier radio


Marie Richeux


« Comment ne pas oublier ? », dit le père de Marie, évoquant la disparition déjà ancienne de son frère marin. Parce qu’elle révèle l’inverse de ce qu’elle croit dire – la perte inoubliable –, la question éveille le trouble et la curiosité de la narratrice. À propos du naufrage et de la mort de cet oncle Charlot qu’elle n’a pas connu, elle a toujours entendu : « On ne saura jamais. »

C’est que le mystère reste entier sur les circonstances de l’accident de l’Emmanuel Delmas en 1979 au large des côtes italiennes : la brume, une collision avec un autre navire, très peu de survivants, plusieurs versions divergentes. L’énigme et le drame, l’émotion de son cousin Loïc dans la lumière dorée d’un soir d’août, il n’en faut pas davantage à Marie pour partir sur les traces de Charles Richeux, officier radio du navire.

Compilant les articles parus à l’époque, lisant avec avidité les dossiers d’archives, les correspondances, les télégrammes diplomatiques, conversant avec d’anciens capitaines et des veuves de marins, elle nous entraîne dans une passionnante reconstitution de la tragédie. Au fil des conversations et des recherches, c’est un peu de l’histoire bretonne qui affleure, où une modeste exploitation agricole, l’attente des femmes restées à terre et l’importance cruciale d’un petit club de foot tissent un pudique roman familial.

Quand elle interroge les ruses de la mémoire et se rit de sa propre obsession des traces et de l’enregistrement des voix, c’est son autoportrait en femme de radio que nous offre Marie Richeux : l’enregistrement, comme l’écriture, luttant contre l’effacement. Mais, à l’issue de sa quête, ce qui apparaît et donne à ce livre sa vibration toute particulière, c’est la belle évidence d’une littérature comme questionnement.




"C'est une grande liberté de fabriquer du roman avec ma propre vie"

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France Culture