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Ce que j'ai vu à Auschwitz - Les cahiers d'Alter


BD de Jean-David Morvan, Matet & Rafael Ortiz


La publication des cahiers d'Alter Fajnzylberg, détenu à Auschwitz-Birkenau d'avril 1942 à janvier 1945, forcé d'intégrer pendant dix-huit mois un Sonderkommando, constitue une contribution exceptionnelle à l'histoire de la Shoah. Ces écrits inédits, rédigés en polonais à son arrivée en France, entre l'automne 1945 et le printemps 1946, dans l'urgence de dire ce qu'il avait vu dans les camps, furent alors enfouis dans une boîte à chaussures - comme un secret brûlant. Il a fallu des décennies à son fils unique Roger pour les extirper du passé, les faire transcrire, traduire et les contextualiser grâce à l'aide de l'historien Alban Perrin.

Un témoignage d'autant plus important que les rescapés des Sonderkommandos sont très rares, les nazis ayant veillé à éliminer tous les témoins directs de leur abominable entreprise.

Le témoignage bouleversant d'Alter Fajnzylberg, Juif déporté et rescapé d'Auschwitz, est adapté en BD, pour lui rendre hommage, par deux scénaristes spécialistes du sujet, Jean-David Morvan (Madeleine, résistante, Adieu Birkenau) et Victor Matet (Adieu Birkenau), avec la complicité du dessinateur Rafael Ortiz (Sur le front de Corée). Ce témoignage est en outre contextualisé par l'historien Alban Perrin.



Le livre de

Alter Fajnzylberg



Ces ailes qu'on ne brise pas


Ghosoun Qtifan


Dans ce recueil bilingue français-arabe, Ghosoun Qtifan, Gazaouie exilée, porte un message d’espoir et de justice pour la Palestine. Elle met en mots l’extrême de la violence coloniale et génocidaire à l’œuvre, celle de ces deux dernières années mais aussi celle des décennies d’occupation par Israël. Par la puissance et la justesse de sa poésie, elle raconte sa terre et son peuple. Ghosoun Qtifan a dû quitter Gaza et sa famille pour que l’un de ses fils, mutilé par les frappes israéliennes, reçoive des soins essentiels — et c’est aussi depuis cet arrachement qu’elle écrit. La mort, la blessure et la perte apparaissent dans le creux des mots, mais elles s’accompagnent d’une force de vie, d’une résilience et d’une résistance inépuisables et ô combien nécessaires.





Gaza. Voix de la résistance - Journaux d’un génocide


Batool Abu Akleen, Nahil Mohana, Ala'a Obaid et Sondos Sabra


Depuis octobre 2023, le monde assiste, impuissant, à une succession d’images dévastatrices du génocide perpétré par Israël à Gaza : vidéos et photos montrent des bombardements intensifs, des villes en ruine et des familles entières arrachées à leur foyer. Cet ouvrage ouvre une fenêtre rare sur la réalité et le quotidien de quatre femmes, jeunes intellectuelles gazaouies, prises dans la tourmente d’une guerre qui prend le peuple palestinien en otage. Elles livrent des témoignages directs sur le siège imposé par Israël, les frappes meurtrières, les déplacements forcés, le manque de soins, la famine provoquée… Ces récits se présentent sous la forme de journaux intimes qui nous font partager leurs pertes, leurs terreurs, leur désespoir et leur chagrin, leur ingéniosité, leur curiosité et leur humour, mais aussi leur amour pour leur famille, leur communauté et la terre qui leur a été transmise de génération en génération… Ces histoires entremêlées, qui pourtant viennent tout droit de l’enfer, rayonnent d’une vie intacte et d’une dignité exemplaire.




La petite sauvage


Laurence Nobécourt


« Car la haine est partout qui désarticule notre langue, et le diable lui-même se déplace dans le monde en voiture diplomatique. Je n’ai pas retrouvé la parole perdue, et il n’y aura donc rien d’autre pour nous hisser jusqu’à la haute tendresse que la parole présente, peu importe la vérité, désormais… »
Ainsi se livre la « Petite sauvage », l’héroïne, le double d’enfance de Laurence Nobécourt, prise dans une des grandes guerres des familles : la succession.
Après le père, c’est la mère qui est morte, laissant trois sœurs blessées, peut-être aussi soulagées : Stella, l’aînée ; Petra, et puis la Petite sauvage elle-même, celle qui depuis toujours écrit, et vers qui tout converge, l’amour, la jalousie, la dépossession. Car il n’y a pas d’équilibre ou de justice, quand il faut répartir les biens, les séparer à jamais - maisons, tableaux, photos, menus papiers, vaisselles : dans ce combat dérisoire et violent, il n’y a plus d’adultes, seulement des histoires d’enfance passionnelles. Stella était la préférée du père, l’adorée-adorée. Petra fut tant aimée de la Petite sauvage, telle une soeur tchekhovienne, vitale et chérie. Et la Petite sauvage, c’est simple : la mère n’en voulait pas.
Alors, elle nous raconte : son père, dans les dédales de l’argent et de l’extrême-droite, son oncle, qui l'aima comme il ne faut pas, et tout l’arbre familial, de blessure et de répétition, dans les branches duquel se vivent les souffrances, les rôles, et si peu la joie.
Le roman de Laurence Nobécourt nous montre comment la haine des familles, se charriant sur des générations, induit certains paysages politiques. En mêlant histoire intime et sociale, elle clôt, après des années, le cycle familial initié avec La Démangeaison et nous emmène vers la possibilité d’une vie nouvelle.





Une vie, une voix de Wilno à Paris


Asia Turgel et Muriel Chochois (nouvelle édition augmentée)


Un double regard organise cet « ouvrage à deux voix », qui alternent de chapitre en chapitre. • Asia Turgel, survivante du ghetto de Wilno (Vilnius) vivant à Paris depuis 1945, porte témoignage de la vie juive dans la «Jérusalem du Nord» jusqu’à l’invasion nazie, puis son parcours durant et après la destruction. Elle recherche et, dans un sens, fait revivre ses proches disparus, les conditions quotidiennes, l’effroi, et livre en confidence ses réflexions devant l’horreur accomplie, ses doutes angoissants de survivante. • Muriel Chochois, chercheuse, a recueilli son récit au cours de longues rencontres, de 2009 à 2017. Elle transcrit scrupuleusement cette parole avec empathie, ajoutant si nécessaire de brèves notes expliquant les allusions, reconstituant la vie d’Asia Turgel, de sa naissance à sa fuite lors de l’évacuation du camp de Polte-Magdebourg. Elle évoque le contexte social et culturel du ghetto, le parcours de nombre de ses personnalités.



 

Issa


Mirrianne Mahn

 

Une chose est sûre, Issa ne souhaite pas se rendre au Cameroun. La voilà pourtant dans l’avion, poussée par sa mère qui craint pour la santé de sa fille enceinte. Au pays de ses ancêtres, Issa doit suivre la voie salutaire des rituels anciens, sous l’oeil vigilant et superstitieux de ses grands-mères. Mais tout n’est pas si simple quand on est trop noire à Francfort et trop allemande à Buéa. Ce séjour sera l’occasion de se confronter à l’histoire de sa famille et de prendre conscience que les traumatismes, tout comme l’amour inconditionnel et la volonté de vivre, se transmettent de génération en génération.

« Issa » est un premier roman impressionnant sur plusieurs générations de femmes de la famille d'Issa, qui peuvent toutefois donner l'exemple à de nombreuses familles. Alors qu'Issa abandonne les bizarreries auxquelles sa famille adhère toujours et auxquelles elle n'a pas grand-chose à gagner avec sa vision occidentale, l'histoire remonte régulièrement dans le temps et remonte aux générations précédentes de mères, à commencer par l'arrière-arrière-grand-mère d'Issa en 1906, lorsque le Cameroun était sous la domination coloniale allemande. Les effets de ce colonialisme à ce jour peuvent être appris petit à petit à travers l'histoire des mères et des grands-mères.




Une saison à Téhéran


Lucie Azéma


« C’est une histoire qui a commencé il y a exactement dix ans. Un coup de foudre, une collision avec un territoire qui a constitué un véritable événement dans mon existence. Après cette rencontre, je suis retournée plusieurs fois en Iran, puis j’y ai vécu, travaillé, aimé, souffert. L’Iran vit en moi comme une histoire d’amour tardive à laquelle rien ne me prédestinait. »

L’Iran est souvent au cœur de l’actualité. Mais que sait-on vraiment de sa culture, de son histoire, du quotidien de ceux qui l’habitent ? À rebours des clichés occidentaux, Lucie Azema raconte sans l’idéaliser son Iran intérieur, celui où elle a vécu plusieurs années ; celui du pain frais, du thé à toute heure, des sorbets à la rose et du riz au safran ; celui des chauffeurs de taxi, des étudiants, des marchands de fruits, de la jeunesse dorée, des amoureux, des poètes ; celui où se nouent des relations si profondes qu’on dit que deux compagnons « partagent le même souffle ».

Dans les rues de Téhéran, de Shiraz, d’Ispahan, elle nous fait découvrir la langue et la culture de ce pays aujourd’hui isolé, qui fut pourtant l’épicentre de la littérature, des arts et des sciences. Tous les voyageurs passent un jour, même en rêve, par la Perse. Ce récit lumineux, ode au dépaysement et à la rencontre, nous invite à les rejoindre.





Clément


Romain Lemire


" Papa m'a convoqué dans son bureau, il m'a dit que la situation était difficile pour tout le monde, qu'il nous aimait et qu'il pensait que je ne voulais pas qu'il se retrouve seul, éloigné des siens. Il m'a demandé ce que j'en pensais, je lui ai dit que je ne savais pas. C'est vrai, je ne sais pas. Les questions que je me pose concernent moins ce qui pourrait se passer demain que ce qui a déjà eu lieu. "


C'est l'histoire d'une enfance heureuse, celle de Clément.
C'est le portrait de sa famille, aimante et cultivée, entre un père professeur de lettres et une mère éditrice, où tout semble aller pour le mieux.
C'est la chronique vivante et colorée de ses amitiés, de ses amours, de ses désirs et de ses rêves.
C'est la France des années quatre-vingt. 
 
Mais c'est aussi le récit d'un crime ordinaire et d'un silence assourdissant.
De cette déchirure naît un sentiment de solitude au milieu des autres, de doute, d'errance, qui modifie sa perception du monde et son rapport à la vie.
Porté par une écriture impressionnante de justesse et de franchise qui évolue au fil des âges du narrateur, Clément entraîne, surprend, bouleverse et, finalement, illumine. Car en dépit du drame, envers et contre tout, il affirme la possibilité de la joie.




Bouleversant

Romain Lemire

dans son livre "Clément"

par François Morel




Derrière les arbres


Frédéric Pommier


« Combien sommes-nous ? Combien d’enfances bousillées ? De corps meurtris ? De cœurs en loques ? Et combien serons-nous – combien de millions, de milliards – à défiler lors de la procession des abusés que j’organiserai ce soir encore dans mes cauchemars ? »

Petit, il n’a pas raconté ce qui lui était arrivé. Petit, on n’a pas les mots, et on lui avait imposé de se taire. Alors il s’est tu. Et il a enfoui ses souvenirs, sans savoir que, même profondément ensevelis, ils continueraient à le hanter de mille façons. Si bien que c’est toute son enfance, son adolescence, sa jeunesse et sa vie d’adulte qui se sont écrites à l’ombre de ce qu’il avait subi.
Construit comme une tragédie en cinq actes, Derrière les arbres est l’histoire d’un long retentissement, celui que les viols ont eu sur la vie d’un homme. Jusqu’à ce que, peu à peu, la mémoire lui revienne et avec elle la possibilité de comprendre puis, enfin, de raconter. Dans une langue d’une justesse et d’une puissance remarquables, Frédéric Pommier retrace la quarantaine d’années qu’il lui a fallu pour sortir de la nuit. Avec la minutie que la recherche de la vérité impose, il éclaire en chemin le destin de toutes les enfances « bousillées ».




"Les faits ne seront jamais prescrits dans mon livre",

affirme Frédéric Pommier, victime de viols

dans son enfance




Les Enfants Stramer


Mikołaj Łozińsk


Ils sont six frères et sœurs, les enfants de Nathan et Rywka Stramer. Devenus adultes, ils vont être séparés par la guerre, au moment où leur univers familier se change en un piège infernal : Wela tente de survivre en travaillant, sous une fausse identité, dans une usine à Varsovie ; Rudek et Rena, demeurés à Lviv, sont déportés à Stalinsk, dans la lointaine Sibérie ; Hesio, le jeune communiste, devient officier dans l’armée de Berling, tandis que Salek, après avoir combattu en Espagne entrera dans la Résistance française ; Nusek, enfin, le benjamin, est pris dans une rafle, s’évade d’un camp, trouve de l’embauche comme électricien, fabrique de la gnole avec les partisans et fait l’amour pour la première fois.

Juifs et polonais, ils auront tous les six l’insolence de survivre, eux dont la mort avait été décidée par les nazis, à la conférence de Wannsee, avec celle de tous les juifs d’Europe.

Mikołaj Łoziński nous offre un roman poignant sur la rage de vivre.




Sortir de l'enfer

article dans

EN ATTENDANT NADEAU




Et si on arrêtait de penser au masculin ?

Comment voir le monde sous un autre genre


Pascal Gygax, Sandrine Zufferey et Ute Gabriel


Un ouvrage salutaire pour comprendre comment les mots que nous utilisons tous les jours façonnent notre manière de penser et de comprendre le monde. « Un professeur a interdit aux collégiens d’utiliser l’IA pour leurs travaux. » Cette phrase comporte plusieurs ambiguïtés que notre cerveau peine à résoudre. Le professeur est-il une femme ou un homme ? Les collégiens sont-ils un groupe de garçons ou un groupe mixte constitué de filles et de garçons ? Les règles actuelles du français ne permettent pas de le déterminer. De nombreuses pratiques courantes, notamment la « primauté » du masculin sur le féminin, nous amènent ainsi à percevoir le monde à travers un prisme masculin. Très accessible, cet ouvrage met en lumière ce biais en s’appuyant sur les études scientifiques les plus récentes. Il propose de nombreuses solutions et expériences ludiques pour nous aider à en prendre conscience et à retrouver une langue plus inclusive. Une première édition de ce livre a été publiée en 2021 sous le titre Le cerveau pense-t-il au masculin ?




Une note de la revue

Sciences Humaines

N° 387 - avril 2026

Lire ICI



L'écriture inclusive

Des documents




Exils - Oeuvres choisies


Curzio Malaparte


L'oeuvre de Curzio Malaparte (1898-1957), voix majeure de la littérature italienne du XXe siècle, a souffert du caractère politique sulfureux et non conformiste de l'écrivain, dont le parcours sinueux et traversé de contradictions a éclipsé pendant de nombreuses années la force et la lucidité de ses livres. Kaputt (1944) aussi bien que La Peau (1949), ses deux romans emblématiques et récits de première main de la Seconde Guerre mondiale sur le front de l'Est et lors de la libération de Naples, témoignent pourtant de la place centrale donnée, dans son oeuvre, à l'homme et à ses déchirements moraux, plutôt qu'au politique. En retenant des genres variés (romans, essai, nouvelles, reportages, journal), ce volume souhaite rendre compte de la richesse de ses écrits et de la complexité de son parcours, tout en restituant le contexte historique, culturel et social dans lequel ces textes ont été publiés. Grâce aux archives de l'écrivain, dont une large sélection est reproduite dans la chronologie illustrée, le lecteur disposera des clefs nécessaires pour comprendre l'homme-Malaparte derrière les masques dont il s'est paré toute sa vie. «Un drôle de jeu, pour moi, la vie.»




Une note de lecture de

DIACRITIK


 

Dernière année au pays natal


Pedro Kadivar


Un adolescent regarde le visage mutilé de son ami, « mort en martyr », dont la photographie est exposée dans leur lycée de Chiraz, en Iran, à l’automne 1982. Quelques décennies plus tard, de nos jours à Berlin, cette image hante l’homme qu’il est devenu. En revenant sans cesse à ce masque mortuaire, il repense à ce qui sera, de saison en saison, sa dernière année au pays natal, entrecroisant des motifs comme la lumière varie au fil du jour dans les tableaux impressionnistes.
Admirablement composé, à fleur d’émotions et de sensations,
Dernière année au pays natal est un livre sur la résistance d’un adolescent confronté à la violence d’un régime totalitaire. Il répond, par le récit d’une sensibilité naissante, à cette question universelle : comment sauver son âme dans un monde qui se délite ?




Pedro Kadivar

Entretien proposé par le site Grand Continent


Une fois que les femmes ont ouvert les yeux - Ecrits et paroles féministes (1947-1985)

 

Simone de Beauvoir


Publier aujourd’hui les Écrits et paroles féministes (1947-1985), c’est rappeler que Le Deuxième Sexe n’a été qu’un commencement. Pendant près de quarante ans, Simone de Beauvoir n’a cessé de penser, d’écrire, de parler et d’agir pour l’émancipation des femmes, au rythme des luttes françaises et internationales.
Cette édition rassemble des textes, des traductions et des entretiens souvent difficiles d’accès et parfois inédits, et révèle la genèse de son œuvre majeure et les transformations de son engagement féministe, des années 1950 aux « années Roudy », en passant par le Mouvement de libération des femmes.
Au travers d’écrits autobiographiques, d’articles, de préfaces ou d’interventions audiovisuelles, Beauvoir aborde la contraception, l’avortement, le travail domestique et les violences sexuelles avec une lucidité toujours actuelle. Se donne ici à lire une pensée en mouvement, qui refuse l’essentialisme sans renoncer à l’universel et continue d’inspirer les combats féministes d’aujourd’hui.



Réédition,

le 26/03/2026

 

J’avais vingt ans - Un jeune ouvrier anarchiste au début du 20è siècle

 

René Michaud

 

Né avec le XXe siècle, René Michaud évoque l’atmosphère du quartier de la Gare dans le XIIIe arrondissement, alors l’un des plus misérables mais aussi des plus vivants de Paris. On y retrouve la vie de chaque jour. Plus tard les ateliers de province, l’apprentissage des métiers artisanaux de la chaussure. C’est aussi l’éveil à la conscience sociale, les manifestations, les fêtes où l’on côtoyait de valeureux compagnons et d’aimables militantes aux idées larges. Arrivent les démêlés avec l’autorité militaire, la vie errante du déserteur.

Toute une époque revit dans ces pages, telle que l’a vécue l’auteur qui ne joue pas les héros, mais dépeint les hommes et les femmes qu’il a rencontrés sans fioriture ni pudibonderie.


 



Une note sur le site

EN ATTENDANT NADEAU


 

Pour que la honte change de camp


Anna Margueritat

 

Je m'appelle Anna, j'ai 25 ans. Je ne suis pas journaliste police-justice, ceci n'est pas un livre sur Mazan. C'est un livre sur ce que Mazan a remué, déplacé. Ce que j'y raconte n'est pas le procès tel qu'il s'est inscrit dans l'histoire judiciaire, mais tel qu'il a agi en nous, les femmes. Il est écrit depuis ma place - une place de survivante, de militante, de témoin. Il parle de ce que ma génération de militantes est en droit d'espérer.


 



 

Virginia Woolf et ses petites sœurs


Valérie Favre


À la croisée de l’histoire littéraire et culturelle et des études sur le genre, cet ouvrage s’attache à retracer la postérité littéraire, critique et féministe de ce texte fondateur, des années 1960 à nos jours, principalement aux États-Unis et au Royaume-Uni. Il s’agit ici d’examiner le dialogue que ses « petites sœurs » – écrivain·es, critiques et féministes contemporain·es – ont engagé avec Woolf et son essai.En adoptant une perspective féministe intersectionnelle et en se plaçant au cœur des débats féministes contemporains, cette étude explore le contexte d'écriture d'Un lieu à soi et le replace dans l’ensemble de l’œuvre woolfienne. Il parcourt ensuite l'héritage woolfien à travers trois thématiques : les lieux de création des femmes, leur place dans l'histoire et la littérature, enfin la question de l'androgynie soulevée par Woolf.Ce faisant, l’ouvrage donne à voir la constellation littéraire, critique et féministe qui s’est créée autour d’Un lieu à soi, en examinant les textes d’une cinquantaine d’auteurs, d'autrice et de critiques.



 

Le monde après Gaza


Pankaj Mishra


Dans le récit historique occidental, la Shoah est une atrocité sans équivalent, et le régime nazi allemand l’incarnation du mal absolu. Devenue référence morale universelle, l’extermination des Juifs au milieu du XXe siècle a lié la communauté internationale autour d’un impératif moral : « Plus jamais ça. »
La création d’Israël après la guerre, dans un contexte de culpabilité sans fond des puissances occidentales, a permis d’occulter de sombres réalités, depuis la réhabilitation rapide de l’Allemagne face à la menace du bloc soviétique, les connivences entre Israël et l’Afrique du Sud de l’apartheid jusqu’aux tensions croissantes entre Africains-Américains et Juifs américains, ou un antisémitisme toujours présent et croissant.
Aujourd’hui, le pays fondé comme une « contrepartie » au génocide est lui-même accusé de génocide par beaucoup. C’est tout le consensus moral mondial qui se trouve mis à mal, et de façon irrémédiable. L’Occident part à la dérive, stupeur et sidération le tétanisent face à l’invasion de l’Ukraine par Vladimir Poutine et face à la violence de la réaction d’Israël aux attentats du 7 octobre 2023.
C’est que le monde actuel est radicalement différent et ne peut plus être abordé avec les anciennes catégories, basées sur le passé victorieux de l’Occident. Puisque les anciens repères s’effondrent, pour faire face à la perte de la portée universelle de la Shoah, il faut un nouveau regard, un nouveau récit pour se réorienter et démêler la confusion actuelle. Pour le Sud global, un changement historique majeur est survenu : la décolonisation, et avec elle une inarrêtable révolution économique, culturelle, intellectuelle. Il faut unir les récits de l’Occident et du Sud global pour en finir avec la haine de l’autre.
Pankaj Mishra nous invite à construire le monde d’après.





Palimpsestes


Vasyl Stus


L’Ukraine se reconnaît dans deux poètes nationaux : Taras Chevtchenko (1814-1862), père de la poésie ukrainienne, envoyé au bataillon disciplinaire par le tsar Nicolas Ier ; et Vasyl Stus (1938-1985), lui aussi arrêté et envoyé deux fois au Goulag par le régime de Brejnev. Dissident actif, il appelle en 1965 à la protestation publique contre les répressions à l’encontre des écrivains et des artistes. Toute carrière universitaire lui est alors fermée. Ses premiers recueils (Arbres d’hiver, Joyeux cimetières) paraissent au début des années 1970 ; il est arrêté en 1972.

Les cinq puis dix années passées dans l’enfer glacé du Goulag, dans l’Oural puis dans la Kolyma en Sibérie, le transmuent en poète européen, dans la lignée des grands brûlés : Rimbaud, Celan, Mandelstam. En captivité, il traduit Rilke et Goethe en ukrainien, et écrit son chef-d’œuvre, le recueil Palimpsestes.

À la suite d’un choix important de poèmes, ce volume rassemble aussi des lettres à ses proches et quelques textes en prose, notamment le bouleversant Cahier du camp, transmis clandestinement. Depuis la solitude de son cachot, la voix prophétique de Stus devient la voix de l’Ukraine.

Vasyl Stus est la réponse la plus miraculeuse aux entreprises répétées de la Russie de nier l’existence de l’Ukraine, de sa culture, de sa langue, de son art.





Personne ne demandera rien - Nouvelles de Kharkiv


Serhiy Jadan


Kharkiv, en 2022. « Les trams ne circulent plus depuis fin février. » Il y a parfois des moments de calme dans cette ville hantée par la guerre. Les gens se rencontrent dans les lieux encore intacts : le stade de foot, une église, un bureau dans un immeuble. Au fil des nouvelles qui forment ce recueil, le lecteur croise les destins de personnages très différents, qui étaient musiciens, profs ou consultants ; aujourd’hui, leur vie a basculé. Ils sont tous très occupés : ils évacuent les survivants d’un quartier bombardé ; proposent un travail à un soldat blessé de retour du front ; assistent à l’enterrement d’un commandant d’unité…

Chacune de ces nouvelles laisse une impression profonde. Serhiy Jadan parvient à exprimer la vulnérabilité ressentie par les habitants de la ville, ainsi que les changements radicaux imposés à la vie quotidienne dans ce contexte de guerre. La mort est omniprésente, mais l’espoir demeure, et les relations humaines deviennent encore plus précieuses.



 

Le Pain des anges


Patti Smith


Dans Le pain des anges, Patti Smith poursuit son œuvre autobiographique par une méditation intime sur la mémoire, l’absence et ce qui nourrit une vie. Entre fragments de souvenirs et confessions, sa prose épurée et poétique se déploie sur huit décennies de vie en faisant dialoguer enfance et liberté, vivants et morts, art et sacré, dans un livre de fidélité et de gratitude qui célèbre, avant tout, le pouvoir de la littérature.


Les Inrocks : « Avec Le Pain des anges, Patti Smith délaisse la poésie pour nous offrir sa vie. Elle retrace celle qu’elle fut, celle qu’elle est devenue au travers différents moments de son existence : première visite dans une librairie, dialogue avec une tortue, premiers flirts, arrivée à New York, grand amour, mariage, enfants, décès, retour à la scène...»






Atelier 4


Hélène Gestern


Irène Dobrynine, médecin généraliste à Fontainebleau, est la sœur ainée de Natacha, une brillante ingénieure chimiste qui a choisi, par conviction écologiste, d’intégrer une multinationale qui fabrique du papier écocertifié. Un samedi après-midi, deux policiers viennent annoncer à Irène qu’un corps qui pourrait être celui de sa cadette a été retrouvé, méconnaissable, dans l’atelier 4 ultrasécurisé de l’usine d’Étampes. Natacha, qui s’y est aventurée de nuit alors qu’elle n'était pas habilitée à y avoir accès, a fait une chute mortelle.
Décès accidentel ? Suicide ? Mort provoquée ? La responsabilité de l’entreprise est-elle engagée ?
Ces questions obsèdent Irène. Tandis que ses proches et ses amis l’exhortent à faire son deuil, elle cherche sans relâche à comprendre les circonstances de la mort de sa sœur.
Au fil des semaines, la bombe à fragmentation de cette tragédie commence par détruire la famille (Bastien, le mari d’Irène, blessé qu’elle se détourne de leur projet d’enfant ; Stéphane, le mari de Natacha, qui préfère renoncer à une procédure en justice au profit d’un compromis financier avec l’entreprise ; Christian, père des deux sœurs qui porte déjà le deuil récent de son épouse, ne supporte pas la mort de sa cadette et s’enferme dans le mutisme).
Obsédée par les doutes, Irène aiguillonne un ballet judiciaire (police, juge d’instruction, avocat) qui ne suffit pas à ébranler le mur du silence. Elle poursuit son enquête coûte que coûte, au risque de se couper des siens.
Le lecteur doit avec elle recomposer pièce à pièce le puzzle de cette énigme. Reconstituer les derniers mois de la vie de Natacha à partir d’un tissu d’informations contradictoires, entre voix des témoins qui l’ont connue, révélations de collègues et procès-verbaux d’interrogatoires.
Et c’est ainsi que, peu à peu, la petite musique de nuit du roman à suspens compose la symphonie chorale d’un grand roman social sur la souffrance au travail et d’un roman politique sur les puissants qui détruisent en toute impunité les vies et la planète.




« Atelier 4 » d’Hélène Gestern :

un roman enquête

sur la souffrance

au travail

article sur le site BENZINE (le 6 avril 2026)


Vidéo de la masterclass tenue le 08/10/2022

à La Maison de la Poésie

 

Gaza brûle et le monde regarde


Caroline Bouchoms - Caroline Boulord - Xavier Briké - Marie Darah - Christelle Delbrouck - Aurélien Dony - David Giannoni - Lisette Lombé - Julie Lombe - Veronika Mabardi - Manza CNN199- Jacinthe Mazzocchetti - Mel Moya - M'sieur 13 - Isabelle Seret - Laura Schlichter - Asma Soulista - Françoise Steurs - Dominique Van Cotthem - Juliette Van Poétesse - Elya Verdal - Laurence Vielle.


Pour que les mondes tiennent, pour que la terre ne craque pas, ce recueil rassemble des voix qui parlent de Gaza et des peuples qu’on voudrait réduire au silence, en chiffres, en ruines. Face aux bombes, aux frontières barbelées, ces poèmes dressent des corps-monde insurgés et des géographies blessées. Ici, la rage devient soin, l’amitié devient lutte, cri qui refuse la langue morte et l’indifférence.  

Une constellation de poètes, slameureus.es, artistes et militant.es belges y invente un «nous» indocile, pour que la mémoire et la justice repoussent là ou tout semblait mort.





Le corps noir de la République - De l’esclave au député (1789-1946)


Delphine Gardey

 

Cet ouvrage apporte une contribution neuve à une histoire riche et largement méconnue : celle des parlementaires colonisés de France, de la Révolution française à la départementalisation.
Quels droits accorder aux populations et territoires colonisés ? À qui octroyer la citoyenneté ? Et qui est digne d’incarner la souveraineté populaire, de siéger à l’Assemblée nationale ou au Sénat, et de légiférer ?
En retraçant les conditions juridiques et politiques qui autorisent la présence d’anciens esclaves, de « libres de couleurs », de Noirs et de musulmans parmi les élus des assemblées parisiennes, Delphine Gardey questionne les paradoxes et bifurcations de l’universalisme républicain français en contexte colonial.
De Belley à Césaire et Senghor, de la Révolution à la Libération, des Antilles au Sénégal et à l’océan Indien, l’auteure retrace l’histoire des députés noirs et colonisés de France. Il est question dans ce livre de destins hors du commun, de promesses et de désillusions, de fidélité à la République et de luttes contre les violences et injustices coloniales. Le patriotisme républicain cède alors le terrain aux solidarités panafricaines et décoloniales.








Aventurier mythique

du XVIIIe siècle,

escrimeur réputé invincible,

compositeur talentueux qui influença Mozart,

cavalier de la Garde du roi,

agent secret,

puis colonel d'un régiment d'Africains

et d'Antillais de l'an II,

Joseph de Bologne

de Saint-George (1745-1799)

est le fils d'une esclave de la

Guadeloupe et d'un ancien mousquetaire


 

Désir dingue


Aurélien Dony


Dingue de désir. Lorsqu’il la rencontre, son cœur et son corps s’affolent. Mais entre elle et lui, un invisible obstacle : il peut la désirer, mais l’aimer lui est interdit. Entre eux, pas de mots d’amour pour évoquer ce qu’ils vivent. Alors, nous dit-il, « je pose sur ma langue des mots-désir pour approcher mon corps et tutoyer le sien. » Tutoyer le corps de l’autre, embrasser ce désir réciproque qui bouleverse les sens, accepter d’être traversé, emporté, chaviré… et renouer ainsi avec son propre corps. Dans une langue dense et charnelle, Aurélien Dony fait valser nos certitudes, nous invitant à poser des mots sur notre désir, cet espace de tous les possibles. « J’écris des poèmes pour conserver dans l’écriture sa présence à ma peau », nous dit-il enfin. Un manifeste tendre et joyeux pour l’amour libre – celui qui embrase d’un seul mouvement nos cœurs, nos corps et nos mots.




Masterclass et restitution avec

Aurélien Dony

et Laurence Vielle

les 5 et 6 juin 2026



Des rencontres pour présenter le livre




La bonbonnière des Wagowski


Coralie Vankerkhoven


En 1926, Wolf Wagowski, originaire de Łódź en Pologne, émigre en Belgique. En 1929, sa future femme, Johanna Goldberg, quitte Cologne en Allemagne et vient vivre avec lui à Bruxelles. Tous les deux sont Juifs.


Janvier 1943. Un train part de Malines à destination d’Auschwitz. A bord, parmi des centaines de déportés, se trouvent Wolf et Johanna. Ils n’en reviendront pas. A défaut de les avoir aidés, la grand-mère de Coralie Vankerkhoven en portera la culpabilité jusqu’à sa mort.


Dans La bonbonnière des Wagowski, écrit sous la forme épistolaire, Coralie Vankerkhoven imagine, en se référant aux documents d’époque, quelle a été leur vie ainsi que celle de leurs proches restés en Pologne et en Allemagne. Au fil des lettres qui, de 1929 à 1943, s’égrènent jusqu’à la catastrophe finale, la menace se fait plus précise, l’existence devient plus précaire, tandis que l’impensable s’installe inexorablement.




Deux familles juives dans la tourmente

Un article sur le blog

des Lettres belges francophones

Les Carnets et les Instants


 

Edgar Hilsenrath, la voie de l'impertinence


Agathe Pin-Chomette


Écrivain inclassable et iconoclaste qui a traversé le XXᵉ siècle, Edgar Hilsenrath (1926-2018), né en Allemagne dans une famille juive, doit fuir le nazisme en 1938 et s’exiler. Son errance durera quarante ans, au cours desquels il parcourra le globe, du ghetto ukrainien à New York, où il vivra plus de vingt ans, en passant par la Roumanie, la Palestine, la France et l’Arménie. Il ne retrouve l’Allemagne et Berlin qu’en 1975. Il est l’auteur de nombreux textes, dont huit romans, qui nous mènent de la nuit interminable de la Shoah des ghettos de Transnistrie à une expédition déjantée de mafieux douteux sur fond de guerre froide. 


Avec ce récit biographique, Agathe Pin-Chomette signe un véritable plaidoyer à la (re)découverte de l’œuvre d’un auteur à l’impertinence et à l’humour contagieux. Elle raconte sa vie de rescapé et d’écrivain – un autre roman, au fond –, une vie guidée par l’amour de sa langue, l’allemand, et par l’envie d’en découdre avec la mémoire, les conventions, et les intellos.




L'intégralité de l'oeuvre d'

Edgar Hilsenrath

chez son éditeur Tripode



Edgar Hilsenrath,

rire tragique

sur France Culture

(4 juin 2022)


 

Retour au pays de Jossel Wassermann


Edgar Hilsenrath


La guerre. Un froid glacial s’est abattu sur le village de Pohodna. Les habitants juifs de ce shtetl ont reçu l’ordre de rejoindre le wagon qui les attend à la gare. À l’intérieur, oubliant l’obscurité et la crainte, le rabbin confie à l’esprit du vent : « Ils ne savent pas que nous avons emporté le meilleur. » « Et c’est quoi, le meilleur ? » demande le vent. Et le rabbin de répondre : « Notre histoire. Elle, nous l’avons emportée avec nous.»


Dans Le Retour au pays de Jossel Wassermann, Hilsenrath réincarne avec force l’univers des shtetls, ces petites communautés juives éparpillées dans l’est de l’Europe avant que la Seconde Guerre mondiale et la Shoah ne les réduisent à néant.