Littérature d'Ukraine

Solidarité avec les peuples d'Ukraine


- De décembre 2025 à mars 2026, embarquez pour « Le Voyage en Ukraine » -

Des Livres

Amadoca : L'histoire de Romana et d'Ouliana


Sofia Andrukhovych


Roman-fleuve à l'écriture puissante et poétique, Amadoca retrace l'histoire de l'Ukraine au XXe siècle, de la répression stalinienne à la guerre du Donbass, en passant par l'Holodomor et l'Holocauste. Une oeuvre essentielle, par l'une des plus grandes autrices ukrainiennes actuelles.


Amadoca. Les cartographes médiévaux faisaient mention d'un lac immense qui couvrait ce qui deviendrait plus tard l'Ukraine. Et puis le lac a disparu des cartes et des récits.
 
Dans un hôpital de Kyiv, un soldat est alité, défiguré et amnésique. Une femme le veille. Au personnel soignant, elle dit que le soldat est Bodhan, l'homme qu'elle a cherché pendant des mois, et qu'elle est Romana, son épouse.
Mais le soldat ne se souvient de rien, comme s'il était mort une première fois. Alors Romana va lui raconter qu'ils ont vécu heureux ensemble, que leur amour était fort, que leur maison était remplie de livres, que la campagne était belle. Et avant ça, que sa grand-mère a connu un amour immense qui a précipité son destin.
Et puis il y a eu la guerre.



Un entretien avec l'auteure

sur le site

EN ATTENDANT NADEAU



Ecrivains combattants


Poèmes de la brèche


Maksym Kryvtsov


Ces poèmes, écrits depuis les tranchées, frappent comme des éclats d’obus : ils blessent, éclairent, réveillent. Ils disent les terribles souffrances et les modestes rêves des soldats. Ils capturent l’humanité des gens, révélant la beauté fragile de la vie même au cœur de la destruction.

Ils laissent une empreinte indélébile. Ils sont un testament littéraire. Maksym Kryvtsov, l’un des plus talentueux poètes ukrainiens de sa génération, est tombé pour sa patrie en janvier 2024, à l’âge de 33 ans.

Enrichi de ses photographies, de fac-similés de ses poèmes et de QR Codes permettant d’entendre la voix de l’auteur, ce recueil est un témoignage rare, à la fois intime et universel.

Un livre comme une brèche ouverte : sur la guerre, sur le monde, sur nous-mêmes — si nous osons regarder.



Nous étions là


Artur Dron


Tandis que les bombes pleuvent, que les soldats enterrent chaque jour de nouveaux camarades, que plus rien ne semble sacré si ce n’est les engins de mort… À quoi bon la poésie ?

C’est la question que soulève – et résout – chaque poème de ce recueil écrit au front, mais qui ne parle pas – directement – de la guerre.

Ces mots, glissés dans les interstices de la canonnade, témoignent de la dignité de ceux qui, dans leurs pires moments de déréliction, aiment plus qu’ils n’ont peur. De ceux qui étaient là, en Ukraine, et qui ne partiraient nulle part ailleurs.

Salué par le PEN Club ukrainien comme l’un des meilleurs livres de 2023, Nous étions là révèle une voix puissante et singulière : celle d’un poète, devenu soldat à 22 ans à peine.




Ecrivains combattants

Un article sur ces deux livres, paru dans "Solidarité à l'Ukraine résistante" n°46-01/03/2026


 

La vie à la lisière - Être ukrainien aujourd'hui


Tetyana Ogarkova et Volodymyr Yermolenko


« Pour des millions d’Ukrainiens, l’après-24 février 2022 est une rupture totale du temps. Nous avons été recrachés sur la rive d’une nouvelle réalité et nous réapprenons à respirer. »

La guerre affecte les catégories les plus fondamentales de l’existence : le rapport au temps et à l’espace, à la beauté et à l’amour, au foyer ou à la mort. Elle fait tout autant émerger de nouvelles notions, comme « l’après-vie », cette existence d’une personne qui a déjà tout perdu. Pourquoi cette période de destruction, d’extrême précarité individuelle et collective, remet-elle aussi en lumière la force de la confiance en son prochain ou le besoin de poésie ?
À partir de leurs allers-retours dans les zones de combat dévastées, des histoires qu’on s’y raconte, de leurs observations et de leurs rencontres, Tetyana Ogarkova et Volodymyr Yermolenko ont composé ce saisissant témoignage philosophique. Fenêtre sur le réel, ode à la littérature, il s’attache à comprendre et à transmettre les enseignements de la vie à la lisière, « cet endroit où la vie se bat avec acharnement pour se défendre et défendre chaque millimètre lui appartenant ».



Volia - Engagée volontaire dans la résistance ukrainienne


Anastasia Fomitchova


« Volia », un mot ukrainien qui n’a pas d’équivalent en français mais qu’on pourrait traduire par “volonté» et “liberté”. Un mot qui incarne à lui seul la détermination de tout un peuple, et qui sert de fil rouge au récit qu’Anastasia Fomitchova nous livre ici.
En décidant de raconter son singulier parcours, celui d’une jeune femme prise dans la guerre, de témoigner de son engagement, de l’horreur qu’elle a vécue sur le champ de bataille, de redonner chair et corps aux disparus, de percer le blindage du silence et de l'innommable, Anastasia poursuit par les mots le courageux combat qu’elle a commencé aux premières heures de l'invasion russe.
Tout commence pour elle en 2016, deux ans après l’annexion de la Crimée, alors qu’elle est étudiante à Paris. Après la mort de ses amis, auprès desquels elle milite dans la diaspora, elle commence à accompagner des groupes de volontaires qui approvisionnent les unités militaires sur la ligne de front, à l'Est du pays. L’année suivante elle devient infirmière de combat bénévole. La guerre ne la quittera plus. En février 2022, deux jours après le début de l’invasion à grande échelle, elle retourne en Ukraine et participe à la défense de Kyiv, du front Est, et à la contre-offensive sur Kherson.
Plus qu’un récit sur la résistance ukrainienne, Volia est aussi une plongée historique dans les racines d’un conflit qui dure depuis plus d’un siècle. A travers son histoire personnelle et familiale, c’est l’héritage violent de l’URSS qui rémane : celui de l’Holodomor – la grande famine orchestrée par Staline qui a tué des millions d’Ukrainiens, en passant par les rouages de la nomenklatura soviétique à laquelle le grand-père d’Anastasia appartenait, sans oublier la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, qui a poussé sa mère à partir en France dans les années 1990.
Un récit poignant et terrible qui résonne comme une dette envers ceux qui se sont sacrifiés pour que l’Europe reste libre.





En Première ligne


Mykhaïle Semenko  [Recueil bilingue ukrainien/français]


Un soldat qui fume des clopes, un aviateur qui virevolte dans les airs, une centrale hydroélectrique, le métro, la vitesse… Les premiers écrits de Mykhaïle Semenko, d’inspiration futuriste, accordent une place majeure aux thèmes urbains et aux expérimentations formelles. Avec cet écrivain inventif et visionnaire, souvent provocateur, la poésie entre de plain-pied dans la modernité. Mais l’histoire qui est à l’œuvre dans le monde soviétique modifie la trajectoire de son existence. Confronté à la guerre, à la terreur stalinienne puis au goulag, il devient le chantre d’une génération sacrifiée, le hérault de la Renaissance fusillée. Pour nous, lectrices et lecteurs qui découvrons des pans entiers d’une mémoire occultée, le passé chante aux portes de l’avenir. Il y avait Maïakovski, il y avait Apollinaire, il y avait Lorca. Il y aura désormais Semenko.





Une lettre de l'Est - Voix plurielle des femmes ukrainiennes


Inna Shevchenko  (Ce livre a reçu le Prix Des Femmes de Lettres 2025)


Cet ouvrage est une plongée bouleversante au cœur de la guerre en Ukraine, racontée à travers un monologue fictif façonné par des dizaines de voix réelles de femmes ukrainiennes. Inna Shevchenko compose le portrait universel d’une protagoniste qui incarne des millions de femmes, témoignant de l’arrivée brutale de la guerre, de l’occupation et de son engagement dans la défense de son pays, tout en partageant ses émotions à vif.
Véritable cri collectif des femmes face à la guerre, cette Lettre de l’Est mêle récits de survie et de résilience, révélant l’indomptable esprit de celles qui luttent pour leur liberté, leur avenir et l’âme de leur patrie.

Originaire de Kherson, une région dévastée par le conflit, l’autrice nous offre un témoignage à la fois intime et universel, éclairant la guerre à travers les yeux des femmes, souvent oubliées, mais essentielles.





Les bains de Kiev


Andreï Kourkov


Vingt-huit soldats de l’Armée rouge ont mystérieusement disparu aux bains municipaux, en plein cœur de Kiev. N’ont été retrouvés que leurs vêtements laissés au vestiaire. Ont-ils déserté? Ont-ils été assassinés? Si oui, par qui? Des brigands, des agents de la contre-révolution? Mais en cette fin d’avril 1919, Kiev est le théâtre de tant de meurtres et de complots que Samson, jeune enquêteur de la milice, aura bien du mal à démêler cet écheveau d’indices contradictoires. Le maître ukrainien de l’absurde nous promène, au gré de l’enquête, dans la capitale d’une Ukraine en proie aux turbulences politiques, pas si éloignées de l’époque actuelle…

Le grand feuilleton historique de Kourkov.





Révolutions ukrainiennes - 1917-1919 & 2014


Zbigniew Marcin Kowalewski (historien polonais)


En 1917, l’effondrement de l’empire tsariste n’a pas été l’œuvre d’une seule révolution, mais de plusieurs révolutions convergeant et divergeant, formant des alliances et s’affrontant. La révolution russe était l’une d’entre elles. Au centre de l’empire, elle était ouvrière et paysanne ; dans la périphérie coloniale, elle reposait sur les minorités urbaines russes et russifiés et les colonies de peuplement.
Mais parmi les peuples opprimés, la révolution russe a également déclenché des révolutions nationales. La plus territorialement étendue, la plus dynamique et la plus imprévisible d’entre elles a été la révolution ukrainienne. C’était la première fois depuis l’anéantissement du pays des Cosaques libres en 1775 que la question de l’indépendance de l’Ukraine était posée.
À Kyiv, le Parlement, composé principalement des partis ukrainiens de gauche et de délégués de soldats et de paysans ukrainiens, devenait le pouvoir de facto. La révolution nationale ukrainienne commençait.
Les bolcheviks allaient s’y opposer avant de se retirer d’Ukraine en 1918, l’abandonnant aux troupes d’occupation allemandes. Les bolcheviks ukrainiens étaient quant à eux favorables à une Ukraine soviétique, comme la Russie, mais indépendante et fédérée ou confédérée avec elle. Ce n’était pas la conception de Lénine, qui pensait que s’il devait y avoir une fédération entre la Russie et l’Ukraine soviétiques, elle devait être de courte durée, car l’objectif était pour pour Lénine « la fusion la plus complète », réduisant l’Ukraine à une région autonome au sein d’un État russe unitaire.
C’est la bataille perdue de 1917-1919 entre une gauche ukrainienne indépendantiste et le bolchevisme russe que nous raconte ce livre.
Des décennies plus tard, l’effondrement de l’URSS et l’indépendance de l’Ukraine en 1991 allaient déboucher en 2014 sur le soulèvement massif des Ukrainiens sur le Maïdan de Kyiv qui, en renversant le régime de Ianoukovytch, constituait une tentative de l’Ukraine de rompre définitivement le rapport colonial l’attachant historiquement à la Russie. La Russie impériale en voie de reconstitution ne pouvait le tolérer : annexion de la Crimée, rébellion séparatiste dans le Donbass et, enfin, invasion à grande échelle de l’Ukraine llaient en constituer des moments.

Le livre nous convie à revisiter la question théorique de l’impérialisme au travers des mutations de l’impérialisme russe des origines à nos jours.




C'est ainsi que nous demeurons libres


Yaryna Chornohuz


La création de l’Ukraine n’est due ni à un roi, ni à un chef militaire, mais à un poète : Taras Chevtchenko. La plus haute distinction pour un écrivain ukrainien porte son nom.

Yaryna Chornohuz l’a reçue en 2024 pour C’est ainsi que nous demeurons libres.
La guerre est partout présente dans ce recueil, éclairant la nuit des prénoms des camarades morts.
Sa poésie, Yaryna Chornohuz l’écrit dans les tranchées, durant les courts moments de repos. Elle dit la perte des amis, le souvenir de son premier amour tué par un sniper russe… mais aussi les espoirs de paix, les projets d’après-guerre, l’amour de sa fille et de cette terre pour laquelle elle s’est engagée, enfin le désir d’hommes et de femmes qui veulent choisir librement l’avenir de leur pays...




Yaryna Chornohuz

Née le 18 mai 1995 à Kiev (Ukraine),l'auteure est une poétesse, médecin militaire et caporal-chef des Forces armées de l'Ukraine.




Presque jamais autrement


Maria Matios


PRESQUE JAMAIS AUTREMENT est une saga familiale qui se déroule dans les Carpates ukrainiennes au début du XXe siècle. Elle met en exergue les grandes passions des gens ordinaires, avec en arrière-plan le destin d’un territoire martyrisé par les guerres et les dominations successives.

Dans un style remarquable, entretissant magistralement les fils narratifs, Maria Matios livre un récit, souvent cruel, où les frères s’entretuent pour de maigres parcelles de terre, où des femmes téméraires défient, sans toujours la contester, la loi d’hommes parfois vertueux et courageux, parfois lâches et impuissants, et où la sorcellerie semble exercer un pouvoir réel.




Entretien avec

Maria Matios

sur le site NONFICTION.fr


 

Dans leur dos


Haska Shyyan


2014, Lviv. Quand Marta découvre que Max a été appelé à rejoindre l'armée pour défendre le pays suite à l'offensive lancée par la Russie dans l'est de l'Ukraine, leur quotidien s'effondre. Il part à des kilomètres du nid confortable qu'ils s'étaient construit, coupés de la guerre. Angoissée, frustrée, perdue, Marta ne sait pas comment réagir : doit-elle embrasser son devoir citoyen, ou suivre son désir d'indépendance ? 
Au début, elle s'efforce de correspondre au modèle de la petite amie d'un héros de guerre et se porte volontaire dans un groupe de soutien à l'armée, avec de nombreuses autres femmes qui attendent patiemment le retour de leur mari. Mais progressivement, elle se rend compte que son couple est voué à l'échec, et s'interroge sur la pertinence de son engagement.

Pourquoi devrait-elle rester fidèlement à la maison, à patienter et sacrifier sa jeunesse pour endosser le rôle de femme qu'on attend d'elle ? Elle ne le doit pas. 
Un roman courageux qui décrit le parcours d'une jeune femme tentant de se construire, alors que sa vie se trouve bouleversée par les conséquences de la guerre.

 


 

Notre guerre quotidienne


Andreï Kourkov


Notre guerre quotidienne est un texte exceptionnel : c’est la suite du Journal d’une invasion, la chronique de l’invasion russe tenue par l’écrivain ukrainien Andreï Kourkov. Entre août 2022 et février 2024, il raconte de l’intérieur le combat des Ukrainiens pour sauver leur pays.

Dix ans après l’annexion de la Crimée, deux ans après l’invasion de l’Ukraine, Kourkov montre les tentatives de la Russie, depuis plusieurs siècles déjà, pour détruire la culture ukrainienne, c’est-à-dire la culture d’un peuple résolument tourné vers l’Europe.

Qu’il parle du stress extrême des habitants face aux raids aériens, de la déportation des citoyens des régions occupées, de la corruption éhontée de certains membres du gouvernement ukrainien, du rôle de Zelensky, des crowdfundings pour soutenir l’armée ou des festivités de Halloween, Kourkov nous donne à voir le quotidien d’un peuple en guerre. Un quotidien parfois absurde, marqué par la résistance, la solidarité et une détermination sans faille.

Écrit sur un ton tour à tour mordant, tragique ou humoristique, toujours sincère, Notre guerre quotidienne nous permet de mieux comprendre les enjeux du conflit – mais aussi la manière dont il est vécu, au jour le jour, par la population.



 

Mes femmes


Yuliia Iliukha   


40 fictions vibrantes sur des femmes ukrainiennes, au cœur de la guerre.
Mes femmes sont celles, anonymes, que l’autrice rassemble dans des instantanés aussi poétiques que douloureux pour évoquer, dans un kaléidoscope saisissant, multiforme et intime, l’expérience de l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine qui ravage leur quotidien.
Leurs drames singuliers prennent alors une dimension universelle et déchirante tandis que sont explorés les thèmes qui rythment leur existence : la préservation de leur féminité, la haine de l’ennemi russe, la trahison de proches, le soutien aux soldats blessés, le sauvetage des animaux.
Alternant entre tragédie, cynisme et humour, Yuliia Iliukha, autrice ukrainienne reconnue et primée, nous donne à entendre la complexité de l’âme humaine en temps de guerre. Une lecture aussi percutante que nécessaire.




Une note de lecture dans

ENTRELESLIGNESENTRELESMOTS


 

Ukraine - Petite histoire d'une longue guerre avec la Russie


BD de Mariam Naiem, Yulia Vus et Ivan Kypibida 


Trois ans après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, ce roman graphique retrace l'histoire complexe et profondément enracinée du conflit russo-ukrainien, en explorant ses origines depuis le Moyen Âge jusqu'à la guerre actuelle. À travers des illustrations poignantes de Yulia Vus et Ivan Kypibida, et un scénario méticuleusement documenté par Mariam Naiem, militant et voix incontournable du débat médiatique sur la guerre, le récit mêle habilement événements historiques et témoignages personnels. L'ouvrage met en lumière la continuité de ce conflit, bien antérieur à l'annexion de la Crimée en 2014 ou à l'invasion russe de 2022. Plus qu'un simple livre, il s'agit d'un véritable outil pédagogique, qui permet de mieux comprendre les origines profondes de cette guerre et ses répercussions sur la vie quotidienne des Ukrainiens. En retraçant les horreurs que les civils endurent, l'œuvre soulève une question universelle et urgente : comment survivre au cœur de la guerre ? À la fois éducatif et émouvant, Ukraine : Petite histoire d'une longue guerre avec la Russie s'impose comme une lecture essentielle pour
quiconque souhaite saisir la complexité historique du conflit russo-ukrainien, porté par des auteurs dont la légitimité repose non seulement sur leur maîtrise du sujet, mais aussi sur leur propre expérience tragique de la guerre.

Le style graphique se distingue par une approche brute, presque dépouillée de tout superflu, qui traduit immédiatement la violence et l’urgence de la situation. L’image crée une tension palpable, évoquant le chaos qui s’abat sans préavis sur les villes ukrainiennes. Un dessin qui fonctionne comme une alarme visuelle, un cri qui traverse les frontières des mots et qui nous saisit à la gorge. Ce travail rappelle l’esthétique de la propagande visuelle, mais il la détourne pour dénoncer la violence, offrant une réflexion poignante sur la manière dont les images et les mots peuvent devenir des armes en temps de guerre.




Dans MEDIAPART

Ce roman graphique ukrainien traduit en français propose un rapide aperçu du conflit multiséculaire entre l'empire russe et le territoire de la population ukrainienne, violemment marqué par le génocide par la famine imposée et organisée entre 1932-33 également connu par l'Holodomor ...

Lettres d'Ukraine - Récits intimes d'un pays en guerre

 

Collectif - Préface Oleksandra ROMANTSOVA - Postface Eugène CZOLIJ


Lettres d'Ukraine est un recueil de neuf lettres de citoyens ukrainiens qui nous témoignent de leur histoire, leur réalité depuis l'invasion russe. Magdaline Boutros était en reportage en Ukraine quelques semaines avant le déclenchement de la guerre. Elle offre, dans cet ouvrage, un espace de parole pour comprendre à quel point l'invasion militaire russe a ravagé le quotidien. Dans ces lettres, le lecteur vivra la peur, la haine, l'injustice, mais aussi l'amour, une ouverture vers l'avenir. La préface est signée de la co-lauréate du Prix Nobel de la Paix 2022, Oleksandra Romantsova, directrice exécutive du Centre pour les libertés civiles, à Kyïv.




Dessins de Katya Gritseva


Traductions

Patrick Le Tréhondat

Echappée à la mort : l’histoire de Leah Dicker


Avant la Seconde Guerre mondiale, plus de 40% de la population de la ville de Turka, dans l’oblast de Lviv, était juive. L’héroïne de cette nouvelle histoire graphique, créée en collaboration avec After Silence, est Leah Dicker, l’une des rares survivantes de ces événements tragiques.  

En 2021, l’équipe d’After Silence a découvert l’existence de Leah, l’a contactée et a enregistré ses souvenirs de l’Holocauste : la perte de ses parents, deux ans de clandestinité dans la maison d’une femme de la région, Stefania Tuzhanska, en vivant dans une armoire et une grange, et le départ pour la Pologne.  

Aujourd’hui âgée de 86 ans, Leah et sa famille vivent en Israël. Il y a quelques années, elle est venue à Turka. La maison qui a été son lieu d’évasion n’a pas été préservée.  

Nous avons essayé d’évoquer ses souvenirs d’enfance d’une manière différente et avons créé une bande dessinée à partir de l’interview.


 


Une « Ostarbeiter » de trois ans, l’histoire de Maria Tymoshuk 


À l’âge de trois ans, Maria Tymoshuk a été emmenée avec sa famille en Allemagne pour y être soumise au travail forcé. Aujourd’hui, elle est contrainte de vivre sa deuxième grande guerre dans le village de Kulchyn, près de Kovel (à 420 km à l’ouest de Kyiv).


 




Journal de Maïdan


Andreï Kourkov


Le 21 novembre 2013, sous la pression de Moscou, le président ukrainien Viktor Ianoukovitch refuse de signer un accord d’association avec l’Union européenne. Des Ukrainiens investissent alors la place Maïdan à Kiev et l’occuperont pendant trois mois, malgré la répression brutale du gouvernement. Dans ce journal, établi à partir de notes prises sur le vif, Andreï Kourkov raconte un quotidien en temps de révolution et livre un regard à la fois politique et intime sur les événements qui secouent son pays. Dix ans plus tard, ce témoignage conserve toute sa force et nous éclaire sur la guerre déclarée en 2022.


« J'habite à cinq cents mètres du Maïdan. Depuis mon balcon, on aperçoit les bulbes du clocher de la cathédrale Sainte-Sophie. Quand des amis viennent chez moi, je leur montre ces bulbes dorés - presque un emblème de l'antique cité de Kiev. Mais ces derniers mois, mes amis d'autres villes et d'autres pays ne viennent plus ici. Et du haut de mon balcon, je regarde souvent la fumée qui s'élève au-dessus du centre de la ville. Cette fumée noire, épaisse, celle des barricades en feu, est devenue le nouvel emblème non seulement de Kiev, mais de l'Ukraine tout entière. »  A. K.