
Tous les livres - septembre 2026

Kiev - 24 février 2022
François Luciani
Le 24 février 2022, la Russie attaque l’Ukraine.
À 4 heures du matin, parmi tant d’autres, les vies d’Anton, Gabriel, Natalia, Daniil, Dimitri et Anna basculent.
Anton a tout juste 20 ans lorsqu’il quitte son petit village d’Osinovo, en Russie, et Nastia, sa fiancée, pour rallier les forces armées russes.
Gabriel conseiller culturel français à Kiev, se rend à l’ambassade dans la nuit pour suivre le fil des évènements et en rendre compte à Paris. Les diplomates parviendront-ils à se maintenir dans une capitale assiégée ?
Natalia compagne de Gabriel est traductrice, fille d’un père d’origine russe et d’une mère ukrainienne. Quel drapeau va-t-elle servir ?
Daniil le père de Natalia , d’origine russe, est un ancien capitaine de l’armée ukrainienne. Il habite sur les bords du Dniepr. C’est un personnage stratégique pour les services secrets de Poutine.
Dimitri quitte Kiev avant l’aube pour retrouver en urgence la brigade des volontaires ukrainiens qui se battent pour la liberté. Il rejoint le front, laissant sa femme Anna et son fils derrière lui.
Anna est musicienne. Elle entame avec son fils Igor, 9 ans, un long périple vers la Pologne, avec l’espoir, un jour, de rejouer une sonate de Mozart en famille.
Le récit intense de ces journées décisives de l’histoire contemporaine qui ont changé le cours du monde, comme des points de bascule racontés, au fil des heures, à travers des personnages, acteurs de l’histoire, témoins ou victimes, tous inspirés du réel.

Demain c'est hier - Vie, mort et quête de la Paix Israël/Palestine
Hussein Agha & Robert Malley
Préface de Pascal Boniface
Pourquoi le processus de paix israélo-palestinien a-t-il conduit à la guerre la plus tragique et déterminante de notre temps ? Pour la première fois, deux hommes qui ont vécu de l’intérieur les négociations entre Israël, la Palestine et les États-Unis racontent l’histoire cachée du conflit. Pendant plus de trois décennies, Hussein Agha et Robert Malley ont conseillé les dirigeants palestiniens et américains, participé aux discussions les plus sensibles et pris part aux efforts diplomatiques les plus ambitieux. Témoins privilégiés des échanges entre Yasser Arafat, Yitzhak Rabin, Ehud Barak, Mahmoud Abbas, Bill Clinton, Barack Obama et Joe Biden, ils lèvent le voile sur ce qui s’est réellement joué derrière les portes closes des négociations.
Loin de n’être qu’un énième essai sur le conflit israélo-palestinien, ce livre révèle les coulisses d’un des plus grands échecs diplomatiques de notre époque.

Iraniennes – 155 poétesses de notre temps
Anthologie établie et traduite par Farideh Rava - Préface par Rima Abdul-Malak
Elles viennent de Shiraz, d'Ispahan ou de Téhéran, de la montagne ou du désert, du Kurdistan iranien, des plaines côtières de la Caspienne ou des régions qui bordent le golfe Persique. Elles sont nées sous le règne du Shah ou n'ont connu que les années sombres de la dictature, la guerre contre l'Irak et les mouvements de contestation violemment réprimés. Elles, ce sont les 155 voix de femmes que rassemble ce livre, qui couvre une période allant de 1979, date de la révolution islamique, au début de l'année 2026. Qu'elles se soumettent habilement à la censure officielle ou écrivent au secret, elles forment l'armée victorieuse des mots, celle des femmes libres, insoumises, souvent d'une audace folle, qui refusent de céder devant la domination patriarcale et la mainmise du régime. Leurs mots sont des gifles au visage de l'Histoire. Leurs poèmes, des oiseaux de grand vent. Elles sont l'Iran des libertés conquises.

Redevenir juif
La fin d'un pacte de blanchiment réciproque
Michel Feher
Les antisémites seront nos amis les plus fiables ", écrivait Theodor Herzl en 1895. Si le fondateur du mouvement sioniste espérait que leur désir de se débarrasser des juifs les inciterait à seconder son projet, il faisait aussi le pari qu'une fois installés en Palestine, les citoyens du nouvel État gagneraient l'estime de leurs contempteurs en devenant les " sentinelles " de la civilisation européenne.
La prophétie de Herzl semble s'être réalisée : aujourd'hui, en effet, les gouvernements occidentaux font bloc derrière Israël et tiennent les juifs qui leur en savent gré pour des Blancs exemplaires. Est-ce à dire, comme le pensait Winston Churchill, que le sionisme serait " bon pour les juifs " ? Rien n'est moins sûr.
Outre-Atlantique, une nouvelle génération de militants d'extrême droite nous font déjà l'" amitié " d'être aussi antisémites que racistes, misogynes ou transphobes. Or, connaissant le poids des États-Unis au sein de l'internationale réactionnaire, il y a fort à parier que leurs émules seront bientôt parmi nous. Aussi, plutôt que de miser sur la conduite de l'armée israélienne pour convaincre la nouvelle fachosphère que nous sommes dans le même camp, ne serait-il pas temps de redevenir les juifs diasporiques qui peuplaient naguère les cauchemars de ses prédécesseurs ?

Une éclaircie
Jean-Baptiste Del Amo
« Il y a le corps physique de la maladie, celui dont tu parviens à définir les contours. Il se situe à l’intérieur du tien, se meut au gré des symptômes, des douleurs. C’est tantôt une surface plane, une lame qui te traverse de part en part au niveau de l’estomac, tantôt un vide circulaire ou un orbe pulsant. Il y a la fatigue physique, cet insupportable brouillard mental qui te met à distance de tout. Et puis il y a l’aura de la maladie, la façon dont elle s’étend au-delà de toi, modifie le monde tel que tu le perçois. »
En 2023, Jean-Baptiste Del Amo se rend au musée du Prado, à Madrid, pour revoir les Peintures noires de Francisco de Goya. Il passe ensuite une nuit à l’ermitage San Antonio de la Florida dont la coupole a été décorée par le peintre et où se trouve sa sépulture.
À travers le récit d’une journée et d’une nuit, en miroir de l’oeuvre de Goya, il revisite l’expérience de la maladie et explore la manière dont elle a bouleversé son rapport au corps, au temps, à l’écriture et à la réalité.

Un destin au Levant - De la guerre civile à la paix incertaine
Walid Joumblatt
« Peu de Joumblatt ont terminé leur vie de mort naturelle. Mon père et mon grand-père ont été assassinés. Je suis un survivant. Cette histoire est la mienne, celle du Liban et de mon combat. »
À la mort de son père Kamal Joumblatt en 1977, Walid Joumblatt
devient le chef politique des Druzes au Liban, communauté de langue et de culture pratiquant une religion issue de l’Islam chiite. Depuis son fief de Moukhtara, au Sud-Est de Beyrouth, il assiste et participe aux crises majeures qu’a connues le Proche-Orient au cours de la deuxième moitié du xxe siècle, et qui le soulèvent à nouveau aujourd’hui.
Figure prééminente de la gauche dans son pays, soutien historique du peuple palestinien, il s’est toujours opposé à la partition confessionnelle du Liban et a plaidé sa cause auprès des plus grands dirigeants internationaux.
Ses mémoires sont un document pour l’Histoire, un témoignage à vif que les récents événements ont rendu nécessaire, et plus que tout un hommage vibrant à la liberté au Proche-Orient.

Infortunes de mulâtres - Quatre récits du XIXe siècle
Barbara T. Cooper
Ce volume regroupe quatre œuvres du XIXe siècle mettant en scène des personnages qualifiés de « mulâtres », terme racialiste et dépréciateur courant à l’époque. Si chaque auteur – Édouard Corbière, « S. », Victor Charlier et Pauline Drouard – porte un éclairage particulier sur la condition des métis dans les colonies et sur la complexité des enjeux identitaires, sociaux et juridiques dans son récit, aucun de ces textes ne se dénoue heureusement. En filigrane, ces histoires invitent à réfléchir sur les classifications et hiérarchies racialistes, les mécanismes de domination, les contradictions internes des sociétés d’outre-mer et métropolitaines et la lente évolution des mentalités face à l’altérité.
« Pour un Européen qui n’est jamais allé dans un pays où il y a des esclaves, il est difficile de se faire une idée du mépris que les blancs ressentent, non seulement pour les noirs, mais encore pour tous ceux qui en descendent. »
César le mulâtre

Palestine, face au génocide - L’antisémitisme et ses doubles
Etienne Balibar
Dans ce livre, Etienne Balibar propose une réflexion engagée sur la justice de la cause palestinienne et sur ses implications pour toute l’humanité, en particulier depuis que l’attaque du 7 octobre 2023 a conduit au déclenchement d’un véritable génocide à Gaza. Il tente aussi d’analyser les développements actuels de l’antisémitisme et l’instrumentalisation dont ils font l’objet, en les situant à la fois dans l’histoire de ses formes antérieures et dans le cadre de la «guerre de civilisation» qui s’étend à partir du foyer israélo-palestinien. Ces réflexions, marquées du sceau de la tragédie, voudraient nous aider à affronter la catastrophe qu’a engendrée la transformation des victimes de la persécution en impérialistes sans pitié. Malgré les obstacles et les intimidations, elles s’efforcent de ne céder ni à la complaisance ni à la haine.

Demandez à Mietchka
Ievhenia Kouznetsova
Lilitchka et Mietchka reviennent là où tout a commencé : une vieille maison à l’écart du monde, envahie par la végétation, les souvenirs et les silences. Les deux sœurs y cherchent un répit, ou peut-être un point de bascule. L’une hésite à partir, l’autre à aimer.
Autour d’elles, les générations se croisent : une grand-mère à la fin de sa vie, une mère qui redoute de devenir à son tour la gardienne de ce qui reste, une petite fille, un chat, quelques hommes, tous venus avec leurs doutes, leurs histoires, leurs choix en suspens.
Dans un premier roman très remarqué, Ievguenia Kouznetsova explore les liens invisibles qui nous relient aux autres, et la manière dont nos vies se construisent dans le sillage de celles qui nous ont précédés. Demandez à Mietchka est un roman lumineux et profondément humain, où les choses simples rappellent avec douceur l’essentiel.

La Grande Evasion
Ouvrage coordonné par Anne Berest, Virginie Despentes, Laure Limongi, Tania de Montaigne, Colombe Schneck, Vanessa Springora.
Depuis plusieurs années, une vague réactionnaire s’attaque à la culture. Ses victimes ? La presse, la radio, la télévision, les livres, le cinéma…
Un collectif d’autrices et d’auteurs, issus pour la plupart des éditions Grasset, décide de ne pas se résigner face à la décapitation de cette maison. Pour raconter trois mois de rébellion inédite dans le monde de l’édition, ils ont écrit ce livre à 80 voix comme un acte de joie, un acte de résistance.
Dans la lettre des Inrocks (10/09/2026) :
La Grande Évasion est un recueil de textes courts mais, plus encore que son contenu, c’est son histoire qui est singulière.
Pour mémoire, tout commence le 14 avril dernier quand Vincent Bolloré limoge Olivier Nora, PDG de Grasset, au prétexte qu’il fait un peu trop scrupuleusement son travail d’éditeur. On connaît la suite : plusieurs centaines d’auteur·ices français·es et étranger·ères annoncent quitter la maison, échangent sur WhatsApp, se rencontrent.
En quelques semaines, leur collectif “États généreux” publie une tribune, organise un meeting, contacte des avocat·es, envoie une délégation au Sénat. L’objectif n’est pas seulement de récupérer les droits sur les livres publiés chez Grasset, c’est aussi d’instaurer à l’avenir l’introduction d’une clause de conscience dans les contrats d’édition, à l’image de celle dont peuvent bénéficier les journalistes lorsque leur média change d’orientation politique.
Né de cette mobilisation, La Grande Évasion rassemble les textes de 80 auteur·ices pour la plupart ex-Grasset, de Claude Arnaud à Carole Zalberg en passant par Laurent Binet, Ève Guerra, Bernard-Henri Lévy. D’autres, qui n’ont jamais publié sous la célèbre couverture jaune, ont décidé de se joindre au groupe, telles Marie Darrieussecq ou Lola Lafon. Dans cet attelage hétéroclite, chacun·e raconte la façon dont il·elle a vécu l’éviction de Nora et partage des réflexions sur ce que doit être une maison d’édition. Mais il y a surtout une scène initiale : une poignée de femmes – Anne Berest, Virginie Despentes, Tania de Montaigne, Colombe Schneck, Vanessa Springora – qui se retrouvent autour d’une omelette et se disent qu’elles doivent agir. Durant des semaines, elles se sont mobilisées et aujourd’hui encore elles sont toujours sur le pont. Aussi, outre les textes des un·es et des autres, le plus frappant dans ce livre est peut-être une série de récits courts, sobres et factuels. Ils ponctuent le recueil, rappelant les étapes de cette épopée inattendue qui semble avoir pris de court les instigatrices elles-mêmes.
Ainsi, l’ensemble reflète une action collective atypique qu’on ne peut définir comme militante ou syndicale. Elle constitue un événement jamais vu dans un secteur qui aujourd’hui croule sous mille difficultés : fermetures de librairies, menaces sur l’édition indépendante, chute des ventes, arrêts de festivals et incertitudes de toutes sortes. Et, à quelques mois de l’élection présidentielle, ce livre permet par sa seule existence de mettre en lumière un fait d’une violence rare, la tentative de mise au pas du monde éditorial et médiatique par un milliardaire catholique d’extrême droite.

Chronique d'un royaume perdu
Ananda Devi
Au Bouchon, petit village isolé de l’île Maurice, quatre générations se succèdent depuis le temps de l’esclavage. La violence se mêle à l’amour, la tendresse à la haine, les plus nobles passions aux vices les plus vils, les sangs des unes aux sangs des autres…
Les cinq fondateurs viennent d’une plantation lointaine : trois sont nés dans la puissante et blanche famille Dumontais ; deux d’une esclave noire. Mais les trois blancs sont en vérité le fruit d’une passion entre Madame et le Vieux Bouc, un esclave magnétique qui revendique aussi la paternité des deux derniers. Bannis pour s’être liés d’amour et d’amitié, les cinq enfants devenus grands trouvent refuge dans ce lieu perdu dont ils font leur royaume, autarcique et magique, qu’ils défendent d’un seul corps, puisqu’ici sont abolies les frontières entre passé, présent et avenir ; vie et mort ; réel et fantastique.
Tel homme entend sans le vouloir tous les péchés humains ; telle femme meurt et renait en déesse protectrice ; un enfant vit parmi les oiseaux quand son cousin viole et tue sans frein ; le moulin est hanté par les voix des fantômes, la nature donne les plus beaux fruits mais décapite la chapelle ; les guerres du monde contemporain rencontrent les combats intérieurs de chaque individu et l’histoire de l’humanité se reproduit dans l’infiniment petit de leurs existences débridées. Parmi eux, un enfant timide sera le chroniqueur de ce royaume hors-norme dont il livre les jours de paix, de luttes, et les nuits de folie pour empêcher l’oubli.
Épopée fabuleuse, mythologie vibrante, fable majestueuse, cette
Chronique d’un Royaume perdu est le chef d’œuvre d’Ananda Devi.

Le livre de la disparition
Ibtisam Azem
À Tel-Aviv, Ariel et Alaa sont voisins et amis. L'un est un journaliste israélien, l'autre, un cameraman palestinien, hanté par le souvenir de sa grand-mère récemment décédée. Un matin, Israël se réveille abasourdi : tous les Palestiniens ont disparu. Plus d'ouvriers, de serveurs, de chauffeurs... Le pays est à l'arrêt. Alors que le gouvernement tente de déterminer si cette disparition représente un danger pour l'État, Ariel pénètre dans l'appartement d'Alaa pour enquêter et découvre son journal. En le lisant, il va peu à peu prendre conscience de la douleur et de la colère que son ami a toujours contenues. Empreint de réalisme magique, Le Livre de la disparition renverse habilement les perspectives sur la question israélo-palestinienne et met en lumière l'invisibilisation d'un peuple et d'une histoire. Sobre et évocateur, le roman fait résonner le drame de l'exode palestinien de 1948 et explore la persistance des souvenirs, qui blessent autant qu'ils consolent.
« Les histoires normales ne nous ressemblent pas »
Une note de lecture de
EN ATTENDANT NADEAU
- Lire ICI

Plis et replis
Correspondances entre générations dans une famille alsacienne (1870-2024)
Serge Tadier
Certaines vérités doivent attendre des générations avant de pouvoir être révélées !
Que connaissons-nous vraiment de ceux qui nous ont précédés ? Derrière les souvenirs transmis au fil des générations se cachent parfois des silences, des choix incompris et des secrets qui continuent de modeler le présent.
Dans Plis et replis, une série de lettres, imaginées pour le récit, ouvre peu à peu les portes d'une histoire familiale authentique où rien n'est tout à fait ce qu'il paraît. Chaque correspondance apporte un nouvel indice, éclaire un événement sous un autre aspect et révèle une part de vérité. Peu à peu, les certitudes s'effacent, les destinées se croisent et le passé reprend vie.
Construit sous la forme d'un roman épistolaire, le récit ne livre jamais toutes les réponses d'emblée. Il invite le lecteur à devenir lui-même enquêteur, à rapprocher les témoignages, à interpréter les silences et à assembler, lettre après lettre, les pièces d'un puzzle humain. Cette liberté de découverte fait de chaque révélation un moment fort de la lecture.
De l'Alsace à Paris, au cœur du XXᵉ siècle, plusieurs générations se succèdent avec leurs espoirs, leurs blessures, leurs amours et leurs renoncements. À travers leurs voix se dessine une histoire où les liens familiaux, la filiation, la mémoire et la transmission prennent une résonance universelle.
Plis et replis est un roman qui fait confiance à l'intelligence et à la sensibilité de son lecteur. Plus qu'une histoire à lire, c'est une histoire à reconstituer, où chaque lettre rapproche un peu plus d'une vérité longtemps demeurée dans l'ombre.
Présentation, vente et dédicace du livre
Plis et Replis
lors de la rencontre
le jeudi 24 septembre
de 18h30 à 20h00
Gratuit sur réservation auprès de Cécile Miolanne via mail à :
aucoeurdesmots63@gmail.com
Espaces 46
46 rue de la Berbiziale
63500 Issoire

Ecrire contre le fascisme
Bertolt Brecht [Textes traduits et présentés par Irène Bonnaud]
Auteur d'un poème anti-militariste au temps de la Première Guerre mondiale, Brecht (1898-1956) est très tôt une bête noire du Parti nazi. Au tournant des années 1930, devenu marxiste et célèbre, marié à une comédienne juive, il incarne "le bolchévisme culturel" et "l'art dégénéré" honnis par Goebbels.
En 1933, il quitte l'Allemagne. Suivent quinze ans d'exil où, depuis sa table de travail, il mène sa propre guerre contre le nazisme, écrivant non seulement pièces de théâtre et poèmes, mais aussi des essais politiques : sur le rôle des écrivains dans la lutte antifasciste, la langue allemande désormais contaminée par la phraséologie nazie, ou le théâtre, perverti en grand spectacle.
Cette édition a été réalisée avec l'accord de L'ARCHE Éditeur.

Voix Vives - Anthologie 2026
90 poètes, 24 pays, 14 langues au festival de poésie de Sète - juillet 2026
Quelle place pour la poésie dans un monde déchiré par les guerres, les injustices, la haine que l’on sent monter de toutes parts ? Celle de l’écoute et de la rencontre, tout simplement. Comment répondre aux « bombes qui ne parlent pas » et « tuent des enfants, des parents de chaque côté des frontières », ainsi que l’écrit Sapho ? Par le poème, qui est le lieu de la parole qui résiste et rassemble.
À Sète, depuis plus de quinze ans, le festival Voix Vives de Méditerranée en Méditerranée donne corps à cette parole. Des poètes venus d’Afrique du Nord, d’Europe, des Balkans et du Moyen-Orient créent un espace de fraternité, un lieu « d’insurrection douce » selon les mots de Laura Lutard. En français, en arabe, en occitan, en croate ou encore en langue des signes, les poèmes rassemblés dans cette anthologie repoussent les frontières, pour un monde aux contours plus vastes.

La nuit ravagée
Jean-Baptiste Del Amo
« — J’aimerais parfois que nos vies soient un film, continua-t-elle, et qu’on puisse appuyer sur avance rapide pour savoir ce qui nous attend.
— Ce qu’on y verrait ne nous réjouirait peut-être pas.
— Tant pis, il serait au moins encore temps de tout changer. »
Début des années 1990. Mehdi, Tom, Max, Alex et Lena vivent dans une banlieue résidentielle de Toulouse. Le quotidien ordinaire des adolescents bascule le jour où l’un de leurs camarades décède brusquement. Persuadés que la mort de celui-ci a un lien avec la maison abandonnée de l’impasse des Ormes, ils décident d’y entrer, sans se douter des périls auxquels ils s’exposent…

La solitude des professeurs est infinie
Yannick Haenel
Jean Deichel, jeune professeur de français, fait son stage dans un collège de la banlieue parisienne. La nuit, il loge dans un club de tennis à Deuil-la-Barre ; le jour, il découvre les difficultés du métier en même temps que ses joies profondes, la violence de l’École en même temps que sa beauté.
Jean est aussi un poète ivre d’aventure, attentif à trouver la lumière de la « vraie vie » au cœur du quotidien le plus gris : dans des jardins réels ou rêvés, au bord d’un lac, lors d’évasions à Pompéi et à Tarquinia, mais surtout dans la grâce fragile d’un cours réussi.
Entre réalité politique et mystère existentiel, la vie des profs est un roman.

Olivier Rolin, le voyage de l'écriture
Elizabeth Legros Chapuis
En 1993 Olivier Rolin a déjà publié plusieurs romans et livres de voyage, quand il fait paraître cet ovni intitulé "L’Invention du monde", qui va être qualifié de tous les superlatifs possibles et imaginables. Au-delà de ce livre exceptionnel, mon essai propose une présentation globale de l’œuvre d’Olivier Rolin, afin d'en discerner les thèmes essentiels, d'examiner les parentés avec d’autres auteurs contemporains (ou pas), de voir comment les techniques de narration y étaient utilisées pour parvenir à ses objectifs. Afin de mieux faire connaître le travail de l'un des écrivains majeurs du paysage francophone.

C'était ça ou mourir
Thélyson Orélien
Le premier roman de Thélyson Orélien est déjà le phénomène littéraire de l’année 2026. En cours de traduction dans plus d’une vingtaine de langues,
C’était ça ou mourir a conquis le Québec et bientôt le monde entier, en racontant l’Odyssée de Jonas Dorléon.
Après l’embrasement de son quartier de Port-au-Prince, Jonas n’emporte presque rien avec lui en quittant Haïti : un diplôme, un cahier de poèmes, la photo de sa mère. Toute une vie dans un sac plastique. Se réfugiant d’abord en République dominicaine, puis au Brésil et au Mexique, ce professeur d’histoire franchit les frontières tantôt à bord d’un autobus surchauffé, tantôt en affrontant les profondeurs de la jungle. À chaque étape des visages surgissent, des corps tombent, des solidarités se nouent puis se brisent. Dans l’espoir d’atteindre le Canada et le peu de famille qu’il lui reste, Jonas se retrouve aux portes des États-Unis, seul face aux agents de l’ICE et d’une administration prête à tout pour mener sa chasse aux migrants.
Avec la trajectoire de Jonas, c’est une cartographie intime de la survie qui se dévoile. Aussi contemporain qu’universel, ce roman raconte les migrations au présent — non comme un concept, mais comme une expérience physique : marcher, avoir faim, se blesser, rire devant l’horreur pour ne pas abandonner. Thélyson Orélien y déploie une écriture foisonnante, traversée d’humour et de poésie, une langue d’exil qui s’apprend « sans grammaire, sans dictionnaire, juste avec les os et la peau ».
Porté par un souffle narratif irrésistible,
C’était ça ou mourir est un premier roman bouleversant qui révèle un écrivain majeur de notre temps.

Viser Juste
Adèle Haenel
Dans son premier livre, Adèle Haenel nous fait suivre les métamorphoses d’un enfant fantôme lancé sur les traces de sa propre disparition, au travers de la vie et de l’art. Ce texte lumineux et plein d’espoir prend son énergie dans l’humour, la colère et l’amour. Scène après scène, nous suivons les personnages au rythme de l’enquête, pour comprendre comment se remettre à vivre. Forme inédite au croisement du scénario, de l’essai philosophique et du roman, Viser juste est le fruit d’une longue amitié artistique entre Adèle Haenel et Gisèle Vienne.

Hyperkarma
Nicolas Idier
« Ici-bas, il suffit d’un coup de pioche pour tomber sur un mort ou un coffre rempli d’or. Delhi n’est pas une ville, mais un réservoir, une arrière-cuisine, un débarras, une île au trésor. »
Dans les souterrains de Delhi, une enfant disparaît. Son portrait envahit les murs de la ville, accompagné d’un mot peint en lettres gigantesques : HYPERKARMA. Promesse d’une « pure nation » ou crime contre ce que l’humanité a de plus précieux ? Sita, une jeune avocate rebelle, ouvre l’enquête.





