
La Rentrée Littéraire - Août-Septembre 2026
En légère baisse avec 461 romans
Après la hausse de 2025, le nombre de romans publiés à la rentrée repart à la baisse, mais reste, avec 461 titres entre août et octobre, très légèrement supérieur à son niveau de 2024.
Une lecture renouvelée du réel
Face aux incertitudes du monde, la rentrée 2026 fait le pari du romanesque et de l'évasion. Romans d'aventures, fictions historiques, intrigues sociales et dystopies panachent les programmes aux côtés de récits intimes et d'enquêtes familiales. Tour d'horizon de cette saison qui invite au dépaysement et une lecture renouvelée du réel.
68 primo-romanciers pour la rentrée littéraire 2026
Parmi les 68 premiers romans publiés à la rentrée littéraire 2026, les auteurs et autrices explorent majoritairement deux territoires narratifs : la quête des origines et l'expérience de l'exil. Ces récits interrogent la transmission sous toutes ses formes.
Le roman historique s'invite dans la rentrée littéraire
La rentrée littéraire est marquée par la parution de romans historiques ambitieux. Tiffany Tavernier, Aurélien Bellanger, mais aussi Lilia Hassaine ou Jean-Noël Orengo s'emparent d'un genre qui s'est traduit par de nombreux succès de librairie ces dernières années.

Deux guides de la Rentrée littéraire – Août-Septembre 2026
Mis en ligne et régulièrement mis à jour
- Par ordre chronologique des éditeurs, les livres de cette rentrée d’août-septembre 2026). Ils sont accompagnés des dates de parution fournies par les éditeurs.
- Seuls les ouvrages de littérature française, de poésie, de littérature étrangère, les essais littéraires ainsi que les polars et thrillers figurent dans ces guides.
- En cliquant sur le titre du livre, vous avez accès à la présentation de l’ouvrage proposée par l’éditeur. Ces liens sont actualisés en fonction de la mise en ligne des présentations.
Points de vue généraux

La Rentrée vue par Les éditions du Petit Pavé
La Lettre n°97 - septembre 2026 des éditions PETIT PAVE
Chères amies et chers amis du Petit Pavé,
La rentrée littéraire de ce septembre 2026, c’est 461 nouveaux romans qu’accueilleront les libraires en tête de gondole pour certains et sur les étagères basses ou hautes pour les autres.
Une légère baisse, c’était 484 en 2025. Il faut dire, comme nous l’annoncions dans notre précédente « infolettre », que le monde de l’édition traverse une période difficile, affecté par le recul de la lecture concurrencée par les écrans et la baisse du pouvoir d’achat. Au cours du printemps, de grandes enseignes de librairies, dont Gibert, Le Furet du Nord, Sauramps, Decitre… ont été placées en redressement judiciaire et des petites ont fermé en nombre ou sont maintenues artificiellement par leur municipalité et collectivité. Dans ce contexte, normal que les nouveautés soient moins imposantes.
Comment, dans un paysage de plus en plus concentré, dominé par des grands groupes qui cumulent les fonctions d’édition, de diffusion, de distribution et de médiatisation en disposant souvent de leurs propres réseaux de vente (comme les points H appartenant au groupe Bolloré). Comment des éditeurs indépendants, comme le Petit Pavé, pourraient ne pas être de plus en plus vulnérables ? Editer de manière indépendante n’est pas seulement une posture pour faire bien, c’est la mise en œuvre de choix éditoriaux, culturels. C’est la volonté de défendre un catalogue en dehors de la facilité, mais c’est aussi un modèle économique et humain qui ne repose pas sur des critères de rentabilité, ce qui semble incompatible avec notre monde d’aujourd’hui, et je vous passe les contraintes postales, administratives et comptables toujours plus importantes à mettre en place pour les petites et moyennes entreprises ; ce mois de septembre, c’est l’obligation de la facturation électronique…
C’est dans ce contexte aussi que l’association de défense de l’édition indépendante, « l’autre Livre », à laquelle le Petit Pavé a participé à sa création il y a plus de vingt ans, se retrouve en difficulté, nous dit-on, les intérêts personnels des uns et des autres devenant apparemment incompatibles avec la défense d’un intérêt collectif. La fermeture annoncée « en catimini » de l’espace de l’autre Livre dans le 5e arrondissement de Paris, où nous pouvions organiser régulièrement nos évènements, mais qui était devenu pour des intérêts de vente individuels une librairie comme une autre, nous rajoute une difficulté supplémentaire de promotion de nos ouvrages.
C’est devant ce constat, et pour sauver ce qui pourra être sauvé, que nous sommes contraints au Petit Pavé de réduire le nombre de nos nouveautés pour 2027. Beaucoup de nos promesses d’édition ne pourront donc être tenues et beaucoup nous en voudront. Il faut donc là aussi être prêts à recevoir une fois encore des coups (référence à l’affaire dite par nous « la douleur angevine », voir nos précédentes info-lettres et nos Brèves du P’tit Pavé sur le sujet).
Nous comptons plus que jamais sur les amis du Petit Pavé, les vrais, en cette période pour que cette crise ne se transforme pas en un recul brutal de notre possibilité d’éditer, même si on a compris que ce ne sera plus jamais comme avant.

Le retour de la fiction
Dans la Lettre des Inrocks du 3sptembre 2026
L’année dernière, on a beaucoup commenté l’abondance de récits familiaux parus au moment de la rentrée littéraire. Dans les romans publiés à cette période, beaucoup d’écrivain·es abordaient le passé de leurs aïeul·les. Cette profusion de textes personnels avait aussi entraîné des critiques sur le nombrilisme supposé de la littérature française. Pourtant, comme l’expliquait l’historien de la littérature William Marx sur France Culture en août dernier, cette “tendance” à l’autofiction n’est pas nouvelle et elle traverse notre littérature, de Montaigne à Colette en passant par le Nouveau Roman.
Bien qu’elle soit encore riche en récits intimes (Adèle Haenel, Louise Chennevière, Iris Brey…), la rentrée 2026 semble marquée par un retour en force de la fiction. On peut en dresser une liste non exhaustive en citant les romans de Karim Kattan, Phœbe Hadjimarkos Clarke, Kae Tempest, Souvankham Thammavongsa, Eva Baltasar, Laura Kasischke, Diaty Diallo, Antoine Volodine mais aussi les textes de primo-romancièr·es comme Jean-Philippe Louis ou Douce Dibondo.
En 2024, le Guardian consacrait un article à l’essor de la littérature horrifique au cœur d’une année 2023 particulièrement anxiogène. Pourquoi avait-on besoin de se plonger dans des univers fictifs sombres alors que la réalité semblait déjà tellement désespérée ? Ce succès disait quelque chose de notre désir collectif de fiction en ces temps troublés. Pas pour s’échapper du monde ou pour l’oublier le temps de la lecture, mais pour penser notre réalité autrement, pour explorer d’autres vies, comme autant d’expériences de pensée. J’ai vu plusieurs lecteur·ices raconter leur lecture bouleversée du Livre des souterrains de Phœbe Hadjimarkos Clarke au terme d’un été marqué par les canicules et les feux de forêt. L’autrice situe l’action dans un futur proche et décrit la sueur, la sensation d’étouffer. La fiction et la réalité entament un dialogue complexe. Karim Kattan m’a expliqué en interview (lire l’entretien dès le 4 septembre sur le site) que son roman – qui raconte la traversée d’un pays en pleine apocalypse – visait à parler de notre temps tout en restant ouvert à toutes les interprétations. On peut y lire aussi bien une évocation du génocide à Gaza qu’une métaphore du dérèglement climatique. Cette soif de fiction est peut-être le signe d’une brèche qui s’ouvre, dans laquelle peuvent se nicher notre imagination et nos angoisses contemporaines et collectives. Ou d’une trappe qui nous donne l’illusion que nous pouvons encore nous échapper.

La Rentrée des filles
Dans la Lettre des INROCKS du 27/08/2026
Elle est vraiment bizarre, cette rentrée littéraire, démarrée sur les chapeaux de roues dès le 3 août avec l’annonce dans la presse de la création d’une nouvelle maison d’édition, ONE - pour Olivier Nora éditions. L’info a été confirmée par l’intéressé le 16 août sans que l’on en sache beaucoup plus, hormis que la structure accueillera les prochains livres de BHL et Delphine Horvilleur. Quel·les ex-auteur·ices Grasset ont signé ou signeront chez ONE ? Mystère. Et, à part Olivier Nora himself, qui – éditeur·rices, attaché·es de presse – fera partie de l’équipe ? Un secret pour l’heure bien gardé.
Mais au fait, que devient Grasset ? C’est désormais une sorte de coquille vide qui a perdu la quasi-totalité de ses signatures, et surtout les plus intéressantes. Peut-être va-t-on assister à la naissance d’une nouvelle génération de romancier·ères heureux·ses de publier dans la prestigieuse maison de la rue des Saints-Pères, pas spécialement gêné·es à l’idée de se retrouver sous la coupe du milliardaire d’extrême droite Vincent Bolloré et de l’un de ses fidèles, Jean-Christophe Thiery de Bercegol du Moulin – passé par le corps préfectoral et le ministère des Finances avant d’atterrir là, pour l’instant, en remplacement d’Olivier Nora. Et peut-être verra-t-on fleurir une nouvelle littérature catholique, portée à travers le Quartier latin par des dandys antimodernes mais néanmoins branchés, et de jeunes autrices qui se pâmeront devant des rééditions de René Bazin.
Mais trêve de visions cauchemardesques. Alors que s’ouvre une année électorale qui promet d’être éprouvante, attrapons plutôt la rentrée d’aujourd’hui et réjouissons-nous, parce qu’elle compte plusieurs textes très politiques, novateurs, dérangeants, féministes, écrits avec une évidente exigence formelle. Force est de constater que nombre d’entre eux, et parmi les plus remarquables, sont l’œuvre de filles : Phoebe Hadjimarkos-Clarke, Anne Godard, Adèle Haenel, Diaty Diallo, Daria Marx.
Elles ont trouvé des formes littéraires pour dénoncer, chacune à leur manière, l’ordre patriarcal, et leurs enthousiasmants travaux nous rassurent sur l’avenir de la littérature dans ce pays. Espérons toutefois que ces textes rencontreront leurs lecteur·rices, dans un moment économiquement critique pour le secteur. Car entre phénomènes de concentrations, effondrement des ventes, fermeture de librairies, menace sur les petits éditeurs indépendants et explosion des plateformes de livres d’occasion, le monde de l’édition tel qu’on le connaît depuis Balzac risque en effet de vivre des mois compliqués.

La famille en héritage : psychopathologie de la rentrée littéraire
Un article de DIACRITIK, le 23/08/2026, à propos de la Rentrée Littéraire - automne 2026
"Pourquoi, cette année encore, la rentrée littéraire reconduit-elle avec une telle insistance la scène familiale comme lieu privilégié de la fiction : figures parentales disparues ou défaillantes, enfances marquées par la blessure, silences transgénérationnels, secrets de filiation, héritages énigmatiques, archives exhumées et photographies à partir desquelles l’écriture entreprend moins de restituer les morts que d’interroger ce qui, d’eux, continue d’agir dans le présent ? La question pourrait sembler relever de la sociologie éditoriale. Elle mérite pourtant d’être déplacée vers la psychopathologie sociétale. Car finalement la répétition elle-même fait symptôme ...

La Rentrée vue par LE MONDE
Un article du 19/08/2026
D’ici à la mi-octobre, plus de 450 nouveaux romans paraîtront. Parmi les têtes d’affiche à retrouver, outre l’incontournable Amélie Nothomb : Nina Bouraoui, François-Henri Désérable, Ananda Devi... Et 68 primo-romanciers.
Si l’on pouvait, en 2025, prédire sans prendre trop de risques le succès de certains titres présentés à la rentrée (rappelons que figuraient à l’affiche, entre autres, Nathacha Appanah, Emmanuel Carrère et Laurent Mauvignier), il semble plus difficile cette année d’augurer ceux qui sortiront leur épingle du jeu. En cette rentrée littéraire ouverte aux paris, donc, 461 romans paraissent, contre 484 en 2025, selon le magazine professionnel Livres Hebdo ...

Automne précoce
Un article de Pierre Ahnne à propos de la rentrée littéraire de septembre 2026
Adieu séries estivales, écrivains méconnus, éclipses … Comme dans un film d’Ozu, l’automne, en tout cas littéraire, est précoce. Dès la fin de la semaine les premiers livres de la rentrée commenceront d’apparaître sur les étals des libraires.
Une rentrée qui, si j’en crois mes premières lectures, devrait être assez riche et passablement diversifiée dans le domaine privilégié de ce blog : le roman.
Plusieurs titres viennent démontrer avec bonheur que l’histoire familiale avec enquête et recherches ne tombe pas nécessairement dans l’accablante creative nonfiction. Ainsi du deuxième livre de Polina Panassenko, À voix haute (L’Olivier), dont l’autrice a bien voulu m’accorder un entretien, qui paraîtra dans les pages de ce blog. Et on pourrait citer aussi, dans le même esprit, le beau récit d’Anne Percin, Eugénie sous les bombes (Buchet-Chastel).
Mais le roman biographique n’a pas dit son dernier mot ...
Rentrée littéraire 2026 : l’audace et les crises
Un article de EN ATTENDANT NADEAU, le 11/08/2026
Dans un contexte morose (les ventes de livres ont baissé de 1,5 % en 2025, de 6,8 % au premier trimestre 2026), les éditeurs semblent de plus en plus concentrer leurs sorties sur les rentrées littéraires de janvier et surtout d’août et septembre. Cette année encore, 461 romans sont annoncés, selon Livres Hebdo, en légère baisse par rapport aux 484 de 2025. Pourtant, et il faut s’en réjouir, certaines maisons d’édition n’hésitent pas à prendre des risques en privilégiant des choix littéraires forts, sans certitude quant au retour sur investissement. En outre, dans cette rentrée, de nombreux autrices et auteurs ont décidé de se saisir de nos crises contemporaines en liant ce qui nous concerne individuellement et en tant que société. Ceci grâce à la recherche de formes capables de rendre compte de ces bouleversements, au-delà d’une simple approche thématique ...

La Rentrée littéraire en vidéo
Vidéo de LIVRESHEBDO
Quels sont les romans incontournables de la rentrée littéraire 2026 ? Quels thèmes émergent cette année ? Comment les libraires, éditeurs, journalistes et prescripteurs littéraires analysent-ils cette nouvelle saison du livre ? À l'occasion de ce webinaire exceptionnel, Livres Hebdo réunit des professionnels du livre et de la littérature pour décrypter les grandes tendances de la rentrée littéraire 2026. Au programme : premiers romans, voix émergentes, littérature française et étrangère, secrets de famille, destins hors du commun, pouvoir, jeunesse, mémoire, transmission et nouvelles formes de narration. Découvrez les analyses et recommandations de libraires, éditeurs, journalistes, critiques littéraires et personnalités du monde des lettres autour des ouvrages qui marqueront l'automne 2026
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La Lettre LES INROCKS (16/07/2026)
Comme chaque année, la fin du mois d’août prochain marquera l’ouverture de la rentrée littéraire. Selon les chiffres de Livres hebdo, 461 romans seront déversés sur les étalages des librairies – un chiffre en très légère baisse par rapport à 2025 – dont 111 étrangers et 68 premiers romans. À partir de là, les éditeur·ices se lanceront dans la traditionnelle et impitoyable course aux prix. Comme d’habitude aussi, cette rentrée nous apportera son lot de pépites. Grands noms de la littérature française et étrangère, nouvelles plumes surprenantes, vous pourrez les découvrir dans le prochain numéro des Inrocks, en kiosque le 19 août. La routine donc. Mais en apparence seulement.
Parce que rien ne ressemble à rien en ce moment : un milliardaire vire un grand éditeur parce qu’il a fait son métier d’éditeur, des centaines d’auteur·ices décident de s’enfuir de leur maison d’édition, la population a quasiment arrêté d’acheter des livres, les librairies déposent leur bilan les unes après les autres, de petites maisons d’édition indépendantes risquent carrément la disparition à cause de la chute de leur diffuseur et voilà qu’un romancier, Julien Blanc-Gras, a eu la surprise de découvrir sur Amazon un livre signé de son nom qu’il n’a pourtant jamais écrit – une IA s’en était chargée. Bienvenue dans la rentrée 2026.
Pendant ce temps-là, un auteur discret s’il en est, Antoine Volodine, nous préparait une surprise. Le malicieux inventeur du post-exotisme ose en effet dans cette rentrée un geste littéraire totalement inédit : en août prochain, il publie simultanément 11 livres dans 11 maisons différentes. Aussi Retour au goudron n’est pas seulement un projet d’écriture hors normes, c’est aussi 11 éditeur·ices enthousiasmé·es par l’aventure qui défient, à leur manière, les habitudes et la logique du marché.

La rentrée littéraire d’automne 2026, sur tous les fronts
La rentrée littéraire vue de Belgique (dans la revue "Le Carnet et les Instants")
La rentrée d’automne est toujours un temps fort de l’année éditoriale. Certes, les maisons d’édition belges sont moins concernées par les « grands prix d’automne » — lesquels ne visent que les romans – que leurs consœurs hexagonales. Pour les éditeurs de Wallonie et de Bruxelles, l’événement majeur de l’année reste la Foire du livre de Bruxelles, et l’effervescence éditoriale est grande lors de la rentrée d'hiver. D’aout à décembre, les auteurs et autrices belges seront néanmoins nombreux à « faire leur rentrée », qu’ils soient publiés en Belgique ou en France. Tour d’horizon du programme éditorial d’automne, qui misera surtout sur les auteurs et autrices reconnus, malgré quelques découvertes...
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Critiques de livres
Les mains dans les poches : Jean-Baptiste Del Amo, La Nuit ravagée
Un entretien dans DIACRITIK, le 3 septembre 2026 à propos du livre de Jean-Baptiste Del Amo "La nuit ravagée"
Une maison abandonnée, au cœur d’une vie de lotissements ; les élans d’une bande d’adolescents, confrontés à leurs désirs et leurs cauchemars, dans la nébuleuse de ces années 90, ces « uncanny nineties ». Le Fils de l’homme, le précédent roman de Jean-Baptiste Del Amo, s’aventurait déjà discrètement vers les lisières du genre, et La Nuit ravagée passe ce point de non-retour où le réel se métamorphose pour laisser place à l’hypertrophie de l’horreur – dans un hommage au genre et une revitalisation vivifiante de la forme romanesque. Retour sur une rencontre avec son auteur pour explorer les arcanes de ses fantasmes, alors que le livre paraît en poche, aux éditions Folio.
Les livres naissent toujours d’un élan, d’un projet, d’une idée, d’un fil qu’il s’agit de dérouler et de suivre. Quelle est l’origine de La Nuit ravagée, à quel désir vient-il répondre ?
Je crois qu’il y a deux origines au projet. La première se trouve dans mon adolescence, avec la présence d’une maison abandonnée dans le lotissement dans lequel j’ai grandi. C’était, comme celui du roman, un pavillon tout à fait ordinaire, mais que nous avions toujours connu abandonné et dont nous avons un jour décidé de forcer l’entrée. Cet événement, a priori anecdotique, m’a laissé une forte impression car j’ai longtemps rêvé, de loin en loin, et jusqu’à l’écriture de La nuit ravagée, que je revenais dans cette maison. L’autre élément est plus récent ...
Yannick Haenel : Un chant de solitude (La solitude des professeurs est infinie)
Un article de DIACRITIK, le 3 septembre 2026 à propos du livre de Yannick Haenel "La solitude des professeurs est infinie"
Devenir enseignant est moins une vocation qu’une folie. Du moins, c’est une source d’éternelle inquiétude. Il n’y a qu’à lire La solitude des professeurs est infinie pour en avoir un aperçu.
Yannick Haenel signe un roman à la fois réaliste et hautement poétique inspiré de sa propre expérience dans l’enseignement. Dès l’incipit, lorsqu’on somme le narrateur d’avancer, on se croirait chez Flaubert tant semble reparaître ce pauvre Charles Bovary avec sa casquette. Rien d’étonnant à ce que très vite cette pensée survienne, une pensée que du reste chaque enseignant un tant soit peu censé a forcément eue : « J’ai eu l’envie folle de déserter ».
Dans ce nouveau roman, qui est une sorte de préquel de Cercle (2007), on retrouve Jean Deichel, l’alter ego de l’auteur, fraîchement diplômé : « J’avais vingt-deux ans et n’étais pas sûr d’exister ». Ce désir d’exister et de se cogner enfin à la réalité reviendra tout au long du livre ...

C’était ça ou mourir – Thélyson Orélien
Une note de lecure sur le site Les Plaisirs de Marc Page, le 2 septembre 2026
Avec son premier roman, Thélyson Orélien nous offre un récit poignant, drôle et profondément humain sur l’exil, la survie et la quête désespérée d’une terre d’accueil.
À travers le parcours de Jonas Dorléon, professeur d’histoire-géographie haïtien, l’auteur nous entraîne dans une odyssée moderne, où chaque frontière franchie est une épreuve à la fois physique et existentielle.
Tout commence à Carrefour-Feuilles, un quartier de Port-au-Prince ravagé par la violence des gangs. Jonas, témoin de la destruction de sa maison et de son monde, décide de fuir avec pour tout bagage un sac plastique contenant un diplôme, une photo de sa mère et un carnet de poèmes. Son voyage est jalonné d’épreuves absurdes et cruelles : il doit faire rire un chef de gang pour échapper à la mort, affronter des douaniers corrompus, et survivre dans des conditions inhumaines. « Parce que vivre, c’est ça parfois : choisir le bourreau le moins cruel ». Cette phrase résume à elle seule l’absurdité et la tragédie de son parcours ...
Sophie G. Lucas : Cette révolte (Odessa des oiseaux)
Un article de DIACRITIK, le 1 septembre 2026 à propos du livre de Sophie G. Lucas "Odessa des oiseaux"
Avez-vous déjà été coincé ?
Littéralement coincé. Malgré la possession d’une carte bleue, la liberté que nous possédons encore dans une démocratie, et la volonté de partir ?L’expérience d’être sur un bateau dans les eaux merveilleuses de la mer Ionienne peut être une expérience digne d’un film d’horreur.
Vous me direz : certes, c’est vrai, mais étant sur Diacritik vous êtes plutôt là pour lire quelque chose en lien avec la culture plutôt qu’un carnet de vacances. Patience, ça arrive.
Car, tout d’abord, la mer Ionienne possède en son sein l’île d’Ithaque. Oui, celle d’Ulysse, d’Homère, de l’Odyssée. Et rencontrer ce lieu juste au moment de la sortie du film de Christopher Nolan me touche particulièrement. Tout semblait donc aligné pour lire, contempler et vivre les strates temporelles de notre histoire occidentale. C’était sans compter sur la présence d’une équation inconnue personnifiée en un homme ...
Déluge et drôles d’oiseaux
Un article de EN ATTENDANT NADEAU, le 18 août 2026, à propos du livre de Sophie G. Lucas "Odessa des oiseaux"
Sophie G. Lucas, voix importante de la poésie française actuelle, continue le récit familial entamé avec Mississippi (La Contre-Allée, 2023) avec un nouvel opus, Odessa des oiseaux, qui retrace l’enfance, l’adolescence et les choix de l’âge adulte. Ce livre, marqué par la question du deuil, familial et environnemental, mais porté par une langue fluide et rythmée à la fois, ne plonge pas dans le désespoir.
Ce récit n’a qu’un rapport lointain avec la ville ukrainienne : Odessa est le nom que s’est choisi l’héroïne, dont on découvre l’enfance dans une cité HLM à Saint-Nazaire (l’époque est au spatial, l’un des bâtiments est surnommé « La Soucoupe »), l’évolution et les voyages, à Odessa mais surtout à La Nouvelle-Orléans ...
Adèle Haenel : Parler l’enfant-fantôme (Viser juste)
Un article de DIACRITIK, le 31 août 2026 à propos du livre de Adèle Haenel "Viser juste"
Livre hybride, Viser juste n’est pas une autobiographie mais, à la fois, un récit de soi, d’émancipation, un essai, une fiction, un manuel, un manifeste.
S’il faut viser juste, il faut acquérir un savoir-faire, s’entrainer, apprendre. C’est le temps long de cet apprentissage qui est retracé : apprendre à dire, à penser, à nommer, à objectiver ce qui est arrivé – un viol, une relation d’emprise reposant sur le viol, au sortir de l’enfance, au début, à peine, de l’adolescence. Il faut apprendre à dire qui et comment – les faits. Il faut apprendre à nommer précisément, pour soi et pour les autres, ces faits. Il faut apprendre à dire ce qui rend ces faits possibles, le système social, politique, affectif qui les soutient et les rend répétables ...
Quand la crise couve
Un article dans EN ATTENDANT NADEAU, le 2 septembre 2026 à propos du livre de Sophie Divry "Rochebrune"
Avec Rochebrune, l’histoire d’une femme qui s’interroge sans complaisance sur son couple, le quotidien de sa famille recomposée et les dérives d’une société contemporaine à bout de souffle, Sophie Divry signe un nouveau roman très réussi.
Isabelle, trente-huit ans, porte un regard lucide sur ce qu’elle a fait de sa vie. Fille d’un garagiste et d’une secrétaire de mairie, elle a très tôt méprisé ses origines modestes et s’est battue pour s’en extraire. C’est en rêvant d’ascension sociale qu’elle est allée à la fac, où elle a connu puis épousé Karl, avec qui elle a eu une fille, Noémie. Quelques années plus tard, elle l’a trompé avec Xavier, dont elle est tombée très amoureuse. Elle a rapidement divorcé pour épouser ce dernier, lui-même divorcé et père d’un petit Léon. Rochebrune débute trois ans ...
Laetitia Faure : Il était une foi à Cannes (Possédés)
Un article de DIACRITIK, le 28/08/2026, à propos du livre de Laetitia Faure, Possédés
Il y a dans l’écriture du premier roman de Laetitia Faure une urgence, une rage, une envie de se réapproprier son existence, un besoin de dire sa vérité. Celle d’une enfant, d’une fille, d’une femme devenue mère à son tour : dire, écrire la réalité telle qu’elle l’a vécue, perçue, ressentie jusqu’au plus profond de son corps. Dans Possédés, Laetitia Faure raconte la violence subie, l’éducation rigoriste, elle parle de l’attitude du père, du mysticisme de la mère, de l’effacement du frère, de la discrétion de la sœur. Critique et entretien avec l’autrice de ce livre qui paraît aujourd’hui dans la collection « La Librairie du XXIe siècle », aux éditions du Seuil ...
Clémentine Mélois : « décor en cours de démontage » (Choses que je croyais perdues)
Un article de DIACRITIK, le 28/08/2026, à propos du livre de Clémentine Mélois, Choses que je croyais perdues
Un couple se brise, comme le verre à moutarde Musclor que Tristan avait acheté au temps du bonheur, parce qu’il lui rappelait son enfance. Émilie, qui déménage après la rupture, ne le recollera pas. Ce n’est que le premier d’une série d’objets quotidiens que la narratrice du dernier livre de Clémentine Mélois emballe dans des journaux avant de les placer, « façon Tétris », dans les cartons. Elle empaquette et se souvient. Chaque « bricole » est « chargée à ras bord de sa propre histoire », et mis bout à bout les objets finissent par « composer un portrait en creux » non seulement de cet amour désormais défunt mais de qui elle fut, est et espère devenir ...
La Rentrée littéraire automne 2026
Plusieurs articles de EN ATTENDANT NADEAU n° 239 - 25/08/2026
« Va savoir » : entretien avec Antoine Volodine
Auteur d’une œuvre sans équivalent, inscrite dans le mouvement du « post-exotisme » et publiée sous différents hétéronymes, Antoine Volodine couronne cet édifice en publiant simultanément onze livres sous la signature d’Infernus Iohannes. Entre « exploration des mondes ténébreux », « humour du désastre apaisé » et « aberrations de la mémoire », il a répondu aux questions d’En attendant Nadeau sur cette « performance éditoriale » et sur son œuvre en général...
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Hendécalogie des confins
Sous le nom d’Infernus Iohannes, Antoine Volodine publie onze titres, chez onze éditeurs, un tour de renard, en plein rituel de rentrée littéraire, et le tour de force d’un auteur qui a le cran de mettre fin à son œuvre, avec cette pièce de maîtrise, intitulée Retour au goudron : un ensemble d’ensembles de récits, à l’image du grand ensemble qu’est cette œuvre ...
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« Retour au goudron » en dix lectures, lecture onze (1/2)
En 1998 paraissait Le post-exotisme en dix leçons, leçon onze, manifeste aussi bien d’un mouvement littéraire fictif que du travail réel d’un grand écrivain, Antoine Volodine. Aujourd’hui, sous l’hétéronyme Infernus Iohannes, il nous offre onze livres tirés de ce qui, en 1998, était déjà annoncé comme le dernier texte post-exotique, Retour au goudron. Voici le premier volet des lectures de cette œuvre au noir hantée par l’idée de la fin comme par le comique de l’absurde ...
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« Retour au goudron » en dix lectures, lecture onze (2/2)
Deuxième volet des lectures des onze livres tirés du projet Retour au goudron et signés Infernus Iohannes. Leur principal point commun tient à des variations très personnelles sur le Bardo du bouddhisme tibétain, ce monde intermédiaire et obscur où errent les morts, en attendant soit la réincarnation, soit l’extinction définitive. La noirceur quasi absolue a des beautés, que sait nous faire voir Antoine Volodine ...
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La veille de Paola Alba : Sylvain Prudhomme, De L’autre côté du lac
Un article dans DIACRITIK, le 27/08/2026, à propos de De l’autre côté du lac
Paola Alba, la nouvelle héroïne du romancier Sylvain Pridhomme, a disparu dans la montagne – de l’autre côté du lac de la réserve.
Il y a deux ans, Sylvain Prudhomme avait publié son roman américain, Coyote, où on le voyait aller en auto-stop
« par les routes » américaines, plus exactement le long de la frontière Etats-Unis/Mexique d’où vient le nom de
« coyote », « passeur » – les passeurs qui conduisent les migrants à travers la zone frontalière, les rançonnent, et parfois les abandonnent. Un roman où le narrateur disait dans ses transcriptions de récits d’automobilistes qu’il était
« seul » et que ces hommes qu’il rencontrait sur la route l’étaient eux aussi. Un roman où il traçait une ligne, où il voyageait ? fuyait ? On ne sait pas bien. Il passait néanmoins la ligne d’horizon, comme Melville qui se retrouvait au milieu du Pacifique, comme Bouvier qui, dans « L’usage du monde », disait que lorsqu’on quitte la Yougoslavie pour la Grèce, « le bleu (la couleur des Balkans) vous suit »…
Eva Bottega : Phénoménologie du corps en fuite (Le ciel ici déborde)
Un article de DIACRITIK, le 26/08/2026, à propos du livre d'Eva Bottega, Le ciel ici déborde
Dans un premier roman à l’écriture nerveuse et rythmée, Eva Bottega, connue comme chanteuse du groupe de Punk Rock Ménades, met en scène les errances américaines d’une humaine qui cherche à fuir son passé brulé et à se fuir elle-même.
La mise au contact de ce corps avec l’immensité du dehors américain est l’occasion d’une réflexion résolument féministe sur ce qui est autorisé du corps et de la parole dans l’espace public et dans une société patriarcale.
Avant même de saisir les tenants et les aboutissants de l’histoire proposée par Eva Bottega, on est frappé de la singularité de l’écriture que ce premier roman révèle. Nerveuse, rythmée, sans fioriture et efficace. Les verbes au présent actifs mettent tout en mouvement, font agir les vivants et les choses : « la musique fait trembler », « le soleil me perce », « Il baisse la tête, il est fatigué, je ne lâcherai pas. Il s’excuse. Une larme entaille sa joue, elle brille sous la lune, je lui lèche le visage, je m’effondre. Nous pleurons ensemble. J’avoue. » La langue de Bottega est une matière qui reflète la brutalité des mouvements des êtres et des choses qu’elle met en scène ...

Demi-Lune au soleil, David Lopez (Julliard)
Une note de lecture de Pierre Ahnne - sur son site, le 25 août 2026
Voilà une bonne rentrée. La preuve : elle nous apporte un livre de David Lopez. Le cadeau est d’autant plus précieux que rare. Nous avons là, et ce n’est pas si fréquent, un écrivain qui sait prendre son temps : neuf ans depuis son apparition, avec Fief ; quatre ans depuis Vivance.
On retrouve dans ce troisième roman l’atmosphère et les éléments du premier. Le groupe de copains aux surnoms improbables, Tac-Tac, Neuf Trois Quarts, Demi-Lune… Ils sont à présents au moins trentenaires, et ne vivent plus chez leurs parents. Mais ils habitent toujours la même petite ville avec son « lotissement de maisons mitoyennes ». Et ils sont toujours en proie à la même inexplicable inertie : « Il manque pas assez, faudrait un tout petit peu moins pour être convaincu de vouloir partir. Il y en a qui le font et on les encense, c’est au moins ça qu’on n’a pas osé » ...
« Jamais elle n’avait permis à qui que ce soit de la posséder »
Un article de DIACRITIK, le 23/08/2026, à propos du livre de Juan Gabriel Vásquez "Les noms de Feliza"
« La sculptrice colombienne Feliza Bursztyn, exilée en France, est morte de tristesse à 22 h 15, le vendredi 8 janvier, dans un restaurant parisien. » Ainsi Gabriel García Márquez annonce-t-il la mort de son amie. Artiste avant-gardiste, elle a été l’élève de Zadkine, Giacometti et César, son histoire personnelle croise celle de son pays et, plus largement, du monde. Le roman de Juan Gabriel Vásquez, né de cette phrase de Gabriel García Márquez, n’est pas une biographie de la femme ou une hagiographie de la sculptrice mais une forme de ronde romanesque autour de ses noms et de ses métamorphoses, comme une fugue infinie sur la passion, l’art et la mort.
« C’est donc à cela, penser à la courte vie de Feliza Bursztyn, que j’occupais mes journées », écrit Juan Gabriel Vásquez à l’entame de son livre : penser, lire, revenir sur ses pas parisiens « un quart de siècle plus tard », ...
La Rentrée littéraire automne 2026
Plusieurs articles de EN ATTENDANT NADEAU n° 238 - 18/08/2026
Tout n’est pas perdu
En revenant sur la période de sa vie où il enseignait dans des collèges de la banlieue parisienne, Yannick Haenel raconte la joie de transmettre la littérature et d’exister par elle. Mais des ombres planent sur son nouveau roman, La solitude des professeurs est infinie : celles de Samuel Paty et de Dominique Bernard, des professeurs assassinés, humiliés et abandonnés. À leur récupération politique, il oppose la ferveur romanesque ...
« Un souvenir vous manque et tout est dépeuplé »
Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ?, se demande le troisième ouvrage de Lucie Rico. En reconstituant la sortie vertigineuse du doute dans lequel une amnésie traumatique a plongé la narratrice, trente ans durant, Lucie Rico signe un des grands romans de la rentrée ...
Frontières fluctuantes
Avec Le livre des souterrains, Phoebe Hadjimarkos Clarke poursuit l’exploration des genres en s’emparant de la tradition du journal intime retrouvé, qu’elle mêle intelligemment à une intrigue policière autour de la disparition inquiétante d’une artiste contemporaine, pour en faire un impressionnant roman mille-feuilles où dialoguent subtilement anti-théories sur l’art, esthétisme gothique, contes et mythologies, et réflexions sur l’effondrement de notre monde ...
Déluge et drôles d’oiseaux
Sophie G. Lucas, voix importante de la poésie française actuelle, continue le récit familial entamé avec Mississippi (La Contre-Allée, 2023) avec un nouvel opus, Odessa des oiseaux, qui retrace l’enfance, l’adolescence et les choix de l’âge adulte. Ce livre, marqué par la question du deuil, familial et environnemental, mais porté par une langue fluide et rythmée à la fois, ne plonge pas dans le désespoir ...

Rentrée littéraire 2026 : « L’adolescence du perroquet » d’Amélie Nothomb (Albin Michel)
Une lecture de Nausicaa Dewez, dans LE CARNET ET LES INSTANTS, le 19/08/2026
La sortie du nouveau roman d’Amélie Nothomb lance traditionnellement la rentrée. Avec L’adolescence du perroquet, la romancière offre à sa fascination pour les oiseaux une nouvelle déclinaison littéraire.
Dans l’autobiographique PSYCHOPOMPE (2023), Amélie Nothomb livrait quelques clés sur sa passion aviaire : l’oiseau, cet être psychopompe qui voyage entre le royaume des morts et celui des vivants, est une figure d’identification pour celle qui s’est extirpée in extremis de l’anorexie et, surtout, l’écriture est une forme de vol (« je sais que quand j’atteins mon écriture, je vole. »). Dans L’adolescence du perroquet, l’autrice dépeint, dans le sillage d’Hitchcock, l’oiseau en animal familier se muant soudain en inquiétant compagnon ...

Des livres à lire, à découvrir, pour cette rentrée littéraire
Liste établie par Guénaël Boutouillet
... Je suis Guénaël Boutouillet — critique, formateur, médiateur littéraire, conseiller littéraire (pour le festival Effractions ! À la BPI-Beaubourg depuis 2020, pour la Fête du livre de Saint-Etienne depuis l’automne 2022). Je travaille sur Internet, anime des ateliers et de nombreux débats littéraires, invite des auteurs pour des propositions originales en médiathèque, librairie, festivals…
Des entretiens

Entretien avec Polina Panassenko [Prix littéraire Le Monde 2026]
Sur le blog de Pierre Ahnne, le 29/08/2026
En 2022, j’avais déjà beaucoup admiré Tenir sa langue, où elle racontait comment une enfant arrivée de Russie avec sa famille partait à la conquête de la langue française sans perdre son russe pour autant. On retrouve cette année dans À voix haute la même héroïne-narratrice à présent étudiante à l’école du Théâtre national de Moscou, puis on la suit à travers l’ancienne Union soviétique sur les traces d’un trisaïeul mort au goulag.
La position particulière de Polina Panassenko entre deux cultures et deux langues explique-t-elle son attention extrême et décalée aux réalités qu’elle dépeint, le mélange de distance et d’empathie, l’art de l’étrangeté qui sont d’ores et déjà ses marques de fabrique ? Autant de qualités en tout cas qui me rendaient très désireux de lui proposer un entretien, qu’elle a bien voulu accepter ...

Adèle Haenel pour son livre "Viser juste" : des mots pour penser le réel
Sur France Inter, le 28/08/2026
Adèle Haenel vient de publier le livre "Viser Juste" (éditions de l'Arche) et elle y revient sur l'agression pédocriminelle dont elle a été victime, mais ce livre est surtout l'histoire de quelqu'un qui réussit à retrouver sa sensibilité ...
- Ecouter ICI
Des revues

Lire Magazine n° 555 – Spécial rentrée littéraire 2026
Découvrez les 50 livres préférés de la rédaction !
Littérature française, littérature étrangère… retrouvez notre sélection des incontournables de la rentrée littéraire.
François-Henri Désérable, Ananda Devi, Philippe Jaenada, Thélyson Orélien, Karen Russell, Lilia Hassaine, Antoine Volodine, Luz, Serge Joncour, Sophie Divry, Caryl Férey…
Au sommaire :
Le dossier : La passion de l’histoire de France
Le grand entretien avec François-Henri Désérable, à l’occasion de la parution du Palais (Gallimard).
L’univers d’un écrivain : Philippe Jaenada et sa « roulotte » parisienne, entre livres, objets insolites et rituels d’écriture.
Le portrait : Ananda Devi, à l’occasion de la sortie de Chronique d’un royaume perdu (Grasset).
La Rentré littéraire
Les Inrockuptibles n°53 - Septembre 2026
La rentrée littéraire est de retour, avec un numéro exceptionnel placé sous le signe de la littérature et de la création contemporaine et avec plus de 50 pages de critiques culturelles, musique, cinéma, séries, jeux vidéo, livres, BD, scènes, arts, photo books et podcasts, ainsi que les rubriques incontournables des Inrockuptibles : Excitation, Les Visages, L’époque, Hors-Champs, la playlist de la rentrée, les Inrocks d’or et l’abécédaire de Salomé Lahoche.
Au cœur du magazine, retrouvez notre grand dossier spécial rentrée littéraire : 40 romans coups de cœur, quatre nouvelles voix à découvrir, Iman Ahmed, Daria Marx, Douce Dibondo et Amandine Agić, une sélection d’essais et de BD, ainsi que des rencontres avec Laura Kasischke, Phœbe Hadjimarkos Clarke, Antoine Volodine, qui publie onze livres simultanément, et Diaty Diallo.

Une rentrée littéraire marquée par les écrivains québécois : « Notre littérature est peut-être moins normée et plus libre »
Un article dans LE MONDE (23/08/2026)
La littérature canadienne francophone suscite depuis quelques années un engouement croissant sur le marché hexagonal, qui se confirme en cette rentrée littéraire. Porté d’abord par le travail de maisons indépendantes qui, outre-Atlantique, ont fait émerger une nouvelle génération d’écrivains, cet élan doit aussi beaucoup au soutien du gouvernement de la province du Québec ...
Prix littéraires - Sélections

Prix Alain Spiess du 2ème roman
Sur le site LE CARNET ET LES INSTANTS, le 08/09/2026
Le prix Alain Spiess du deuxième roman a été créé en septembre 2017 par Françoise Spiess pour honorer la mémoire de son mari, l’écrivain Alain Spiess, décédé en 2008.
Ce prix récompense un deuxième roman francophone dont l’écriture aura été jugée singulière. Il est doté de 2 500 €.
Comme le fait, en Belgique, le prix Horizon du 2e roman organisé par la Ville de Marche-en-Famenne, le prix Alain Spiess vise à soutenir un auteur ou une autrice lors de ce cap délicat qu’est le 2e roman : moment de confirmation, où l’écrivain.e ne bénéficie plus de l’attention et de la curiosité bienveillantes que suscite généralement un premier roman ...
Prix André Malraux
Un article de LIVRESHEBDO, le 4 septembre 2026
Le prix André Malraux a dévoilé ses premières sélections, avec dix œuvres de fiction et six essais sur l’art. Les deux lauréats seront annoncés le 3 novembre, date anniversaire de la naissance de l’écrivain ...
Prix Castel
Un article de LIVRESHEBDO, le 9 septembre 2026
Onze romans français de la rentrée littéraire intègrent la première sélection du prix Castel, avant une deuxième liste attendue le 7 octobre et la proclamation le 10 novembre ...
Prix Décembre
Un article de LIVRESHEBDO, le 4 septembre 2026
Le jury a sélectionné 10 titres pour cette 37e édition. La deuxième sélection sera dévoilée le 6 octobre avant la proclamation le 27 octobre chez Prunier ...
Prix Encre Marine
Un article de LIVRESHEBDO, le 2 septembre 2026
Cinq titres, parus entre décembre 2025 et septembre 2026, composent la sélection du prix Encre Marine 2026. Le lauréat sera annoncé le 20 novembre à Toulon, lors de l’inauguration de la Fête du livre du Var...
Prix Femina
Un article de LIVRESHEBDO, le 8 septembre 2026
Le jury entièrement féminin du prix Femina vient de dévoiler sa première sélection.
Les lauréats, qui succèderont à Nathacha Appanah, Marc Weitzmann et John Boyne, seront proclamés le 4 novembre ...
Prix Gisèle Halimi
un article de LIVRESHEBDO,le 09/09/2026
La première sélection du prix littéraire Gisèle Halimi, créé en 2023 et doté de 3 000 euros, réunit neuf fictions en langue française. Son lauréat sera proclamé le 23 novembre à Sciences Po Paris ...
Prix Goncourt
Un article de LIVRESHEBDO, le 2 septembre 2026
Les jurés de l’Académie Goncourt ont dévoilé leur sélection des 16 romans en lice pour la 124e édition du plus prestigieux des prix littéraires français. L’ouvrage lauréat sera proclamé le 3 novembre au restaurant Drouant, à Paris.
Qui pour succéder à Laurent Mauvignier ? Les dix académiciens Goncourt ont révélé la très attendue première liste des ouvrages concourant à la 124e édition du plus prestigieux prix littéraire français.
Une deuxième sélection resserrée de huit titres sera communiquée le 6 octobre avant le dévoilement de la liste des quatre finalistes le 27 octobre ...
Le Prix Goncourt des lycéens
Le prix Goncourt des Lycéens donne l’opportunité à près de 2 000 lycéens de se plonger dans une lecture passionnée et de faire entendre leur voix pour élire leur lauréat, parmi les 16 auteurs sélectionnés par l’Académie.
Les lectures et les échanges littéraires de septembre à novembre donneront la possibilité aux lycéens de choisir leurs finalistes lors de délibérations régionales qui se dérouleront lundi 23 novembre, à huis clos, dans 6 villes en France.
Les lycéens délégués nationaux se rendront ensuite aux délibérations nationales, qui auront lieu à Rennes le jeudi 26 novembre au matin, et seront suivies de la proclamation du lauréat aux alentours de 13h.
Le Prix Goncourt des détenus
Le prix Goncourt des détenus souhaite rendre les personnes détenues actrices d’un prix littéraire, en valorisant leur capacité critique tout en leur faisant découvrir des œuvres littéraires nouvelles. Ce prix permet à près de 600 détenus de se plonger dans une lecture passionnée et de faire entendre leur voix pour élire leur lauréat, parmi les 16 auteurs sélectionnés par l’Académie.
Les lectures et les échanges littéraires de septembre à novembre donneront la possibilité aux détenus de lire les 16 romans et de sélectionner 3 ouvrages parmi ces derniers.
Le mardi 15 décembre, les détenus délégués nationaux se rendront ensuite aux délibérations nationales. Elles seront suivies de la proclamation du lauréat.
Prix Jean Giono
Un article de LIVRESHEBDO, le 4 septembre 2026
Le prix Jean Giono, parrainé par la fondation Jan Michalski et doté de 10 000 euros, a dévoilé sa première sélection. La proclamation de l'ouvrage lauréat aura lieu le 10 novembre ...
Prix littéraire de la Grande Mosquée de Paris
Un article de LIVRESHEBDO, le 4 septembre 2026
La cinquième édition du prix littéraire de la Grande Mosquée de Paris dévoile ses huit finalistes. Deux lauréats, récompensés dans les catégories roman et essai sur la civilisation musulmane, seront désignés le 13 octobre ...
Prix de la littérature arabe
Un article de LIVRESHEBDO, le 3 septembre 2026
Le prix de la littérature arabe a dévoilé la sélection de son édition 2026. Porté par la Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe, il sera remis en décembre, pendant la Semaine de la langue arabe ...
Prix du Meilleur livre étranger
Un article de LIVRESHEBDO, le 09/09/2026
Pour son édition 2026, le prix du Meilleur livre étranger a dévoilé une première sélection de 12 titres : neuf en fiction et trois en non-fiction.
Prix du Premier roman français et étranger
Un article de LIVRESHEBDO, le 4 septembre 2026
Le jury des prix du Premier Roman et du Premier roman étranger a dévoilé sa sélection 2026. Douze ouvrages figurent dans cette première liste, avant une deuxième sélection attendue le 6 octobre et une remise de prix début novembre ...
Prix Pythéas
Un article de LIVRESHEBDO, le 9 septembre 2026
Pour sa deuxième édition, le prix Pythéas du livre d'aventure et de voyage a retenu sept finalistes. Le lauréat sera dévoilé le 12 novembre au Musée Clemenceau, à Paris ...
Prix Renaudot
Un article de LIVRESHEBDO, le 3 septembre 2026
Le jury du prix Renaudot a dévoilé sa première sélection dans les catégories roman et essai. Une deuxième sélection sera annoncée le 7 octobre avant la liste finale le 28 octobre. Les lauréats seront proclamés juste après celui du prix Goncourt, le 3 novembre, chez Drouant ...
Prix Rive Gauche à Paris
Un article du site LE CARNET ET LES INSTANTS, le 3 septembre 2026
Décerné depuis 2011, le prix Rive Gauche à Paris récompense des oeuvres littéraires imprégnées de l’esprit Rive Gauche. Plusieurs prix sont décernés : pour un roman francophone, pour un roman étranger traduit, pour une revue littéraire, pour une couverture et pour une nouvelle ...
Prix du Roman Fnac
Un article de LIVRESHEBDO, le 28 août 2026
Le jury de la 25ᵉ édition du prix du Roman Fnac a annoncé jeudi 27 août cinq romans finalistes. Le lauréat sera proclamé le 21 septembre prochain.
Prix du Roman Métis
Un article de LIVRESHEBDO, le 4 septembre 2026 [2e sélection]
Après une première sélection de 30 romans, les jurys du Grand prix du Roman Métis et du prix du Roman Métis des Lecteurs de la Ville de Saint-Denis ont retenu chacun 12 titres. Les quatre finalistes de chaque prix seront dévoilés dans les prochaines semaines, avant la remise des prix le 1er décembre ...
Prix Roman News et Roman Graphique News
Un article de LIVRESHEBDO, le 31 août 2026
Douze titres composent la sélection du prix Roman News et sept celle du prix Roman Graphique News, portés par le Publicisdrugstore et Les Échos Week-end. Les lauréats seront dévoilés le 17 septembre à 18h30 au Drugstore Publicis, à Paris ...
Prix Senghor du 1er roman
Un article du site LE CARNET ET LES INSTANTS, le 04/09/2026
Le prix Senghor a été créé en 2006. Il récompense chaque année un auteur ou une autrice pour un premier roman de langue française. Il vise à la fois à encourager la pratique du français dans le monde et à rendre hommage à Léopold Sédar Senghor
Prix Talent Cultura
Un article de LIVRESHEBDO, le 28 août 2026
Le prix Talent Cultura 2026 a dévoilé sa sélection de quatre romans francophones issus de la rentrée littéraire et signés par des auteurs débutants. Le vote du public est ouvert jusqu’au 8 octobre, avant la révélation du lauréat le 14 octobre ...
Prix Vendredi
Un article de LIVRESHEBDO, le 9 septembre 2026
Le jury du prix Vendredi, qui célèbre cette année ses dix ans d’existence, a annoncé mardi 8 septembre une première sélection composée de dix ouvrages. Le nom du lauréat sera connu le 12 novembre chez Babelio, dans le XIe arrondissement, lors d’une cérémonie de remise suivie d’une boum littéraire ...
Prix Wepler-Fondation La Poste
Un article de LIVRESHEBDO, le 9 septembre 2026
Le prix Wepler-Fondation La Poste entre dans la dernière ligne droite de son édition 2026 avec 12 titres retenus avant l'annonce des lauréats, prévue le lundi 9 novembre ...
Prix littéraires attribués

Prix Anthony Rowley
François-Xavier Nérard est distingué pour Les cantines bolcheviques, paru chez CNRS Éditions ...
Prix Hugo Awards
Le palmarès des Hugo Awards 2026 a été dévoilé à l’occasion de la World Science Fiction Convention. Dans la catégorie reine du meilleur roman, Alix E. Harrow l’emporte avec The Everlasting. John Scalzi, Amal El-Mohtar et Ursula K. Le Guin figurent également parmi les lauréats de cette édition ...
Prix Jean Monnet de littérature européenne
Guéorgui Gospodinov est récompensé pour son roman Le jardinier et la mort, paru chez Gallimard. Il recevra son prix le 21 novembre dans le cadre du 39e Festival des Littératures Européennes Cognac ...
Prix des Libraires de Nancy – Le Point
Anne Godard reçoit le prix des Libraires de Nancy – Le Point 2026 pour Nous aussi, publié chez Actes Sud. Déjà retenue dans la première sélection du prix Goncourt, l’autrice voit son roman consacré par les libraires de l'association Lire à Nancy et la rédaction du Point à l’occasion de la 48e édition du Livre sur la Place ...
Prix littéraire Le Monde
Polina Panassenko est récompensée pour son deuxième roman À voix haute, paru aux éditions de l’Olivier.
Elle succède à Laurent Mauvignier.
- Lire ICI
Prix Première Plume
Thélyson Orélien est couronné du prix Première Plume 2026 pour C’était ça ou mourir, publié chez Grasset. L’auteur, qui figure également dans la première sélection du Goncourt 2026, a été distingué à l’unanimité par le jury pour son premier roman ...
Prix Stanislas
Élise Lespade (une primo-romancière) est récompensée pour Paradisi Gloria, paru aux éditions Le Cercle Ouvert ...
Prix « Transfuge »
Le prix Transfuge a dévoilé les lauréats des 10 catégories récompensées pour la rentrée littéraire de septembre. Jean-Noël Orengo remporte le prix du roman français avec La rédemption (Grasset) ...














